Environnement et santé de l’enfant

Eau et assainissement

Sécurité de l'eau potable

La diarrhée de l’enfant est importante du point de vue de la santé publique en partie en raison de la forte mortalité dont elle est responsable et des interactions entre la malnutrition, la diarrhée récurrente et le retard de développement chez l'enfant. Contrairement aux nourrissons allaités au sein, ceux nourris au biberon sont fortement exposés aux effets de l’eau de boisson impropre à la consommation.

On ne répètera jamais assez que les voies de transmission des agents infectieux sont complexes et que, donc, la prévention l’est également. On estime que les interventions en faveur de l’approvisionnement en eau, de l’assainissement et de l’hygiène permettent de réduire d’environ un quart (25%) l’incidence des maladies diarrhéiques et de 65% la mortalité de l’enfant. On a toutefois constaté que, dans certains contextes, certaines interventions étaient encore beaucoup plus efficaces.

De nombreuses substances chimiques dangereuses dans l'eau

Certaines substances chimiques dangereuses, notamment les fluorures et l’arsenic, sont également présentes naturellement dans les eaux souterraines. La consommation d’une eau de boisson riche en fluorures a des effets néfastes sur la santé, qui vont de la fluorose dentaire à la fluorose osseuse invalidante, toutes deux irréversibles. Les enfants dont le développement des dents et des os n’est pas achevé sont plus sensibles aux fortes concentrations de fluorures, d’autant plus qu’ils sont malnutris. Les symptômes commencent à apparaître dans l’enfance et la prévention de l’exposition est la seule mesure efficace. Au moins 25 pays sont touchés.

Le sélénium est un autre élément qui peut avoir des effets sur la santé lorsque sa concentration dans l’eau est insuffisante ou excessive. Comme les fluorures, le sélénium est, à faibles doses, un élément essentiel à la croissance et à la survie mais, au-delà d’un certain seuil, sa consommation devient toxique et peut entraîner de graves problèmes de santé. Les enfants sont particulièrement vulnérables aux carences en oligo-éléments essentiels et aux intoxications.

Au Bangladesh et en Inde (Bengale-Occidental), de fortes concentrations d’arsenic ont été retrouvées dans les puits tubulaires et l’arsenicisme s’est généralisé. L’arsenic peut avoir des conséquences graves et irréversibles sur la santé, même en cas d’exposition chronique à de faibles doses. Les symptômes apparaissent progressivement, dès l’enfance. Douze autres pays au moins sont touchés par de fortes concentrations naturelles d’arsenic dans l’eau.

La disponibilité d’une quantité minimale d’eau pour la boisson et d’autres usages personnels est considérée comme aussi importante que la qualité de l’eau. Un tiers de la population mondiale vit déjà dans des pays confrontés à un stress hydrique modéré à sévère voire à des pénuries d’eau et le niveau des nappes phréatiques baisse sur tous les continents. Si rien n’est fait, on estime que les deux tiers de la population mondiale subiront un stress hydrique d’ici 2025. Aujourd’hui, 1,1 milliard de personnes dans le monde n’ont pas accès à de l’eau propre en quantité suffisante. Et s’il on ne dispose de pas assez d’eau pour satisfaire les besoins fondamentaux, il est pratiquement impossible d’avoir une bonne hygiène personnelle et un logement sain.

Mesures à prendre

L’amélioration de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement est généralement considérée comme une mesure essentielle pour que la population soit en meilleure santé. Si l’on parvenait à un approvisionnement universel en eau courante et réglementée, 7,6 milliards d’épisodes de diarrhée par an seraient évités, ce qui représenterait une baisse de 70%. C’est une intervention cruciale pour la santé des populations en général et des enfants en particulier.

Il faut encore renforcer la base de connaissances dans le domaine de l’accessibilité et de la sécurité de l’eau, en améliorant la couverture géographique et la spécificité pour les enfants de différentes tranches d’âge, dans le but d’élaborer des politiques et de plaider pour des interventions d’un bon rapport coût/efficacité.

L’amélioration de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement est depuis longtemps considérée comme une priorité pour la santé et le développement. Elle était au cœur de la Décennie internationale de l'eau potable et de l'assainissement et elle figure comme cible parmi les objectifs du Millénaire pour le développement fixés par les dirigeants mondiaux lors du Sommet du Millénaire en septembre 2000. Cette cible consiste à “réduire de moitié, d'ici à 2015, le pourcentage de la population qui n'a pas d'accès de façon durable à un approvisionnement en eau potable”, moyennant la promotion de technologies abordables et rationnelles sur le plan environnemental.

Des mesures ont également été prises en urgence pour honorer l’engagement pris lors du Sommet du Millénaire afin de mettre un terme à l’exploitation irrationnelle des ressources hydriques en mettant au point des stratégies de gestion de l’eau aux niveaux régional, national et local pour assurer un approvisionnement suffisant et un accès équitable.

Les efforts de renforcement des capacités doivent viser à améliorer l’application de la réglementation environnementale existante en matière de qualité de l’eau et de protection des ressources. Il convient également de contrôler étroitement la qualité de l’eau de boisson au niveau local en appliquant des méthodes pratiques et d’un bon rapport coût/efficacité.

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