Alerte et action au niveau mondial (GAR)

Foire aux questions sur le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV)


19 novembre 2013

Qu’est-ce qu’un coronavirus?

Les coronavirus constituent une vaste famille de virus pathogènes pour l’homme et l’animal. Chez l’homme, ils peuvent provoquer des maladies de gravité variable, allant du rhume courant au syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS).

Le nouveau coronavirus, détecté pour la première fois en avril 2012, n’avait jamais été observé chez l’homme auparavant. Dans la plupart des cas, il provoque une maladie grave. Environ la moitié des patients en sont morts.

Ce nouveau coronavirus est désormais appelé coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV). Il a été nommé ainsi en mai 2013 par le Groupe d’étude des coronavirus du Comité international de taxonomie des virus.

Où les infections à MERS-CoV surviennent-elles?

Désormais, neuf pays ont notifié des cas d’infection humaine par le MERS-CoV: Arabie saoudite, Allemagne, Émirats arabes unis, France, Italie, Jordanie, Qatar, Royaume-Uni et Tunisie. Tous les cas ont eu un lien (direct ou indirect) avec le Moyen-Orient. En France, en Italie, au Royaume-Uni et en Tunisie, une transmission locale limitée a eu lieu à des personnes qui n’étaient pas allées au Moyen-Orient mais qui avaient été en contact étroit avec des cas probables ou confirmés en laboratoire.

Quelle est l’ampleur de la propagation du MERS-CoV?

On ne connaît pas encore l’ampleur exacte de la propagation de ce virus. L’OMS encourage les États Membres à suivre de près les infections respiratoires aiguës sévères (IRAS) et à étudier attentivement toute présentation inhabituelle d’IRAS ou de pneumonie. L’OMS continuera de communiquer au fur et à mesure toutes les informations qui lui parviendront.

Quels sont les symptômes de l’infection à MERS-CoV?

Les symptômes courants sont une maladie respiratoire aiguë et grave, avec de la fièvre, de la toux, un essoufflement et des difficultés respiratoires. La plupart des patients ont eu une pneumonie. Beaucoup d’entre eux ont également présenté des symptômes gastro-intestinaux, y compris de la diarrhée. Certains ont eu une insuffisance rénale. Environ la moitié des personnes infectées par le MERS-CoV sont décédées. Chez les sujets immunodéprimés, la maladie peut revêtir une forme atypique. Il est important de noter que les connaissances actuelles de la maladie due à cette infection se fondent sur un nombre limité de cas et qu’elles pourraient évoluer lorsqu’on en saura davantage sur ce virus.

Quelle est l’importance du résultat récemment obtenu au sujet du MERS-CoV chez un dromadaire?

Le 11 novembre, le Ministère de la santé d’Arabie saoudite a annoncé que le virus MERS-CoV avait été détecté chez un dromadaire en relation avec un cas humain apparu en Arabie saoudite. Ce résultat est cohérent avec les rapports publiés antérieurement au sujet de la présence d’anticorps réactifs dirigés contre le MERS-CoV chez des dromadaires et ajoute un élément important à notre connaissance de l’écologie de ce virus. Néanmoins, ce résultat n’implique pas nécessairement que les dromadaires entrent directement dans la chaîne de transmission de ce virus à l’homme. La question essentielle qui reste sans réponse pour le MERS-CoV est la voie d’infection des êtres humains et la façon dont ils sont exposés. Pour la plupart des patients testés positifs pour ce virus, il n’y avait ni source d’infection humaine, ni exposition directe à des animaux, y compris les dromadaires. On ne sait pas encore clairement si les dromadaires, même infectés par le virus, jouent un rôle dans la transmission aux humains. Un séquençage génétique plus poussé et des données épidémiologiques sont nécessaires pour comprendre le rôle éventuel des dromadaires dans la transmission du MERS-CoV aux êtres humains.

Comment s’infecte-t-on par ce virus?

Nous ne savons pas encore comment on s’infecte par ce virus. Des études sont en cours pour déterminer la source, les types d’exposition conduisant à une infection, le mode de transmission, le tableau clinique et l’évolution de la maladie.

Comment ce virus se transmet-il à l’homme?

Nous ne pouvons pas encore répondre à cette question. Il est peu probable que la transmission du MERs-CoV à l’homme se produise par exposition directe à un dromadaire infecté, car l’exposition à un dromadaire a été signalée dans très peu de cas. Il faut enquêter davantage sur les activités des personnes infectées et sur ce à quoi celles-ci ont été exposées. L’OMS collabore avec des institutions partenaires compétentes dans le domaine de la santé animale et de la sécurité sanitaire des aliments, y compris la FAO et l’OIE, et avec les autorités nationales pour faciliter la réalisation des enquêtes. De nombreuses organisations techniques compétentes proposent leur aide aux ministères chargés de la santé humaine, de la santé animale, de l’alimentation et de l’agriculture. Des protocoles d’enquête et des lignes directrices pour le traitement des nouveaux cas sont disponibles sur le site Web de l’OMS.

Faut-il éviter les contacts avec les animaux ou les produits d’origine animale?

Comme on ne connaît ni la source ni le mode de transmission du virus, il est impossible de donner des conseils spécifiques pour prévenir l’infection. Il faut éviter les contacts avec des animaux manifestement malades (y compris les oiseaux) et prendre des mesures d’hygiène de base, notamment se laver fréquemment les mains et changer ses vêtements, ses chaussures ou ses bottes après avoir manipulé des animaux ou des produits d’origine animale. Les animaux malades ne doivent jamais être abattus pour être consommés. La consommation de produits d’origine animale crus ou mal cuits, notamment le lait et la viande, entraîne un fort risque d’infection par plusieurs organismes potentiellement pathogènes pour l’homme. Les produits d’origine animale cuits ou pasteurisés correctement peuvent être consommés sans danger mais doivent être manipulés avec précaution pour éviter toute contamination croisée avec des aliments crus. Dans un souci d’hygiène, il convient également d’éviter les fruits et légumes non lavés et les boissons préparées avec de l’eau non salubre.

Les chauves-souris sont-elles la source du virus?

On a récemment découvert que le MERS-CoV était génétiquement lié à un virus indentifié chez des chauves-souris d’Afrique australe mais on ne dispose pas de preuve définitive montrant que les chauves-souris sont la source du MERS-CoV.

Le MERS-CoV peut-il persister dans l’environnement?

Nous ne pouvons pas encore répondre à cette question. Certains types d’environnement favorisent la persistance de certains virus mais on ne sait pas encore exactement dans quelle mesure et dans quelles conditions le MERS-CoV peut persister dans l’environnement.

Le virus peut-il se transmettre d’une personne à l’autre?

Oui. On connaît désormais plusieurs groupes de cas dans lesquels une transmission interhumaine est intervenue. Ces groupes ont été observés au sein de services de santé, dans des familles ou entre collègues. Toutefois, on ignore le mécanisme par lequel la transmission s’est faite dans ces différents cas, s’il s’agit d’une transmission respiratoire (par la toux ou les éternuements par exemple) ou d’un contact physique direct avec le patient ou d’une contamination de l’environnement du patient. Jusqu’à présent, on n’a pas observé de transmission durable dans les communautés.

Existe-t-il un vaccin ou un traitement contre le MERS-CoV?

Non. Il n’y a pas de vaccin actuellement. Le traitement est surtout symptomatique et doit se fonder sur l’état clinique du patient.

Combien de personnes ont été infectées par le MERS-CoV?

Le MERS-CoV présente-t-il un risque pour le personnel soignant?

Oui. On a observé des cas de transmission dans les établissements de santé, en particulier à partir de patients vers les dispensateurs de soins. L’OMS recommande aux agents de santé d’appliquer systématiquement des mesures suffisantes de lutte contre l’infection et de prévention.

Comment l’OMS réagit-elle à l’émergence du MERS-CoV?

Depuis l’émergence de ce virus, l’OMS s’est employée, en application du Règlement sanitaire international, à réunir des données scientifiques pour mieux comprendre ce virus et à fournir des informations aux États Membres. À cette fin, l’OMS a organisé la première réunion internationale sur le MERS-CoV au Caire en janvier 2013.

Du 19 au 22 juin, elle a organisé une deuxième réunion au Caire pour discuter des progrès de la recherche scientifique et de la riposte internationale au MERS-CoV. Le 5 juillet, l’OMS a annoncé qu’elle allait convoquer un Comité d’urgence en application du Règlement sanitaire international (2005). Ce Comité devait rendre un avis au Directeur général établissant si cet événement constitue une urgence de santé publique de portée internationale. Il peut aussi donner au Directeur général un avis sur les mesures de santé publique à prendre.

L’OMS collabore également avec les pays affectés et les partenaires internationaux pour coordonner l’action sanitaire mondiale, avec la communication d’informations actualisées sur la situation, des orientations destinées aux autorités sanitaires et aux organismes de santé sur les recommandations provisoires pour la surveillance, les analyses de laboratoire pour les cas, la lutte contre l’infection et la prise en charge clinique.

Quelles sont les recommandations de l’OMS aux pays?

Elle encourage tous les États Membres à renforcer leur surveillance des infections respiratoires aiguës sévères (IRAS) et à examiner attentivement toute présentation inhabituelle d’IRAS ou de pneumonie. Elle invite instamment les États Membres à lui notifier, ou à vérifier auprès d’elle, tous les cas probables ou confirmés d’infection à MERS-CoV.

En rapport avec ce nouveau virus, l’OMS a-t-elle préconisé des restrictions aux voyages ou au commerce?

Non. En rapport avec le MERS-CoV, l’OMS ne préconise aucune restriction aux voyages ou au commerce. Elle continuera à revoir toutes ces recommandations à mesure que de nouvelles informations lui parviendront.

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