Alerte et action au niveau mondial (GAR)

Foire aux questions sur le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV)


17 juillet 2013

Qu’est-ce qu’un coronavirus?

Les coronavirus constituent une vaste famille de virus pathogènes pour l’homme et l’animal. Chez l’homme, ils peuvent provoquer des maladies de gravité variable, allant du rhume courant au syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS).

Le nouveau coronavirus, détecté pour la première fois en avril 2012, n’avait jamais été observé chez l’homme auparavant. Dans la plupart des cas, il provoque une maladie grave. Environ la moitié des patients en sont morts.

Ce nouveau coronavirus est désormais appelé coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV). Il a été nommé ainsi en mai 2013 par le Groupe d’étude des coronavirus du Comité international de taxonomie des virus.

Où les infections à MERS-CoV surviennent-elles?

Désormais, neuf pays ont notifié des cas d’infection humaine par le MERS-CoV: Arabie saoudite, Allemagne, Émirats arabes unis, France, Italie, Jordanie, Qatar, Royaume-Uni et Tunisie. Tous les cas ont eu un lien (direct ou indirect) avec le Moyen-Orient. En France, en Italie, au Royaume-Uni et en Tunisie, une transmission locale limitée a eu lieu à des personnes qui n’étaient pas allées au Moyen-Orient mais qui avaient été en contact étroit avec des cas probables ou confirmés en laboratoire.

Quelle est l’ampleur de la propagation du MERS-CoV?

On ne connaît pas encore l’ampleur exacte de la propagation de ce virus. L’OMS encourage les États Membres à suivre de près les infections respiratoires aiguës sévères (IRAS) et à étudier attentivement toute présentation inhabituelle d’IRAS ou de pneumonie. L’OMS continuera de communiquer au fur et à mesure toutes les informations qui lui parviendront.

Quels sont les symptômes de l’infection à MERS-CoV?

Les symptômes courants sont une maladie respiratoire aiguë et grave, avec de la fièvre, de la toux, un essoufflement et des difficultés à respirer. La plupart des patients ont eu une pneumonie. Beaucoup d’entre eux ont également présenté des symptômes gastro-intestinaux, y compris de la diarrhée. Certains ont eu une insuffisance rénale. Environ la moitié des personnes infectées par le MERS-CoV sont décédées. Chez les sujets immunodéprimés, la maladie peut revêtir une forme atypique. Il est important de noter que les connaissances actuelles de la maladie due à cette infection se fondent sur un nombre limité de cas et qu’elles pourraient évoluer lorsqu’on en saura davantage sur ce virus.

Comment s’infecte-t-on par ce virus?

Nous ne savons pas encore comment on s’infecte par ce virus. Des études sont en cours pour déterminer la source, les types d’exposition conduisant à une infection, le mode de transmission, le tableau clinique et l’évolution de la maladie.

Le virus peut-il se transmettre d’une personne à l’autre?

Oui. On connaît désormais plusieurs groupes de cas dans lesquels une transmission interhumaine est intervenue. Ces groupes ont été observés au sein de services de santé, dans des familles ou entre collègues. Toutefois, on ignore le mécanisme par lequel la transmission s’est faite dans ces différents cas, s’il s’agit d’une transmission respiratoire (par la toux ou les éternuements par exemple) ou d’un contact physique direct avec le patient ou d’une contamination de l’environnement du patient. Jusqu’à présent, on n’a pas observé de transmission durable dans les communautés.

Existe-t-il un vaccin ou un traitement contre le MERS-CoV?

Non. Il n’y a pas de vaccin actuellement. Le traitement est surtout symptomatique et doit se fonder sur l’état clinique du patient.

Comment peut-on se protéger pour ne pas être infecté par le MERS-CoV?

Il est impossible de donner des conseils précis de prévention, vu qu’on ne connaît avec certitude ni la source du virus, ni le mode de transmission. La prudence impose cependant d’éviter, si possible, les contacts étroits avec toute personne manifestant des symptômes de maladie respiratoire et d’avoir toujours une bonne hygiène des mains. D’autres mesures générales efficaces consistent à éviter de manger de la viande crue ou mal cuite, des fruits ou légumes qui n’ont pas été lavés ou épluchés et de consommer des boissons préparées avec de l’eau qui n’est pas propre. Lorsqu’on tombe malade en voyage, il faut éviter les contacts étroits avec autrui tant qu’on a des symptômes et suivre les règles d’une bonne hygiène respiratoire. En cas de symptômes respiratoires, comme de la toux ou des éternuements, il faut tousser ou éternuer dans sa manche ou son coude replié, ou dans un mouchoir en papier et jeter les mouchoirs dans une poubelle fermée immédiatement après usage.

Les risques de contracter l’infection sont faibles. Toutefois, les personnes remplissant les critères suivants devraient consulter un agent de santé dès que possible: voyage récent au Moyen-Orient et apparition de difficultés respiratoires ne s’expliquant pas par une autre maladie ou un autre virus; malades immunodéprimés ayant voyagé récemment au Moyen-Orient.

Combien de personnes ont été infectées par le MERS-CoV?

Le MERS-CoV présente-t-il un risque pour le personnel soignant?

Oui. On a observé des cas de transmission dans les établissements de santé, en particulier à partir de patients vers les dispensateurs de soins. L’OMS recommande aux agents de santé d’appliquer systématiquement des mesures suffisantes de lutte contre l’infection et de prévention.

Comment l’OMS réagit-elle à l’émergence du MERS-CoV?

Depuis l’émergence de ce virus, l’OMS s’est employée, en application du Règlement sanitaire international, à réunir des données scientifiques pour mieux comprendre ce virus et à fournir des informations aux États Membres. À cette fin, l’OMS a organisé la première réunion internationale sur le MERS-CoV au Caire en janvier 2013.

Du 19 au 22 juin, elle a organisé une deuxième réunion au Caire pour discuter des progrès de la recherche scientifique et de la riposte internationale au MERS-CoV. Le 5 juillet, l’OMS a annoncé qu’elle allait convoquer un Comité d’urgence en application du Règlement sanitaire international (2005). Ce Comité devait rendre un avis au Directeur général établissant si cet événement constitue une urgence de santé publique de portée internationale. Il peut aussi donner au Directeur général un avis sur les mesures de santé publique à prendre.

L’OMS collabore également avec les pays affectés et les partenaires internationaux pour coordonner l’action sanitaire mondiale, avec la communication d’informations actualisées sur la situation, des orientations destinées aux autorités sanitaires et aux organismes de santé sur les recommandations provisoires pour la surveillance, les analyses de laboratoire pour les cas, la lutte contre l’infection et la prise en charge clinique.

Quelles sont les recommandations de l’OMS aux pays?

Elle encourage tous les États Membres à renforcer leur surveillance des infections respiratoires aiguës sévères (IRAS) et à examiner attentivement toute présentation inhabituelle d’IRAS ou de pneumonie. Elle invite instamment les États Membres à lui notifier, ou à vérifier auprès d’elle, tous les cas probables ou confirmés d’infection à MERS-CoV.

En rapport avec ce nouveau virus, l’OMS a-t-elle préconisé des restrictions aux voyages ou au commerce?

Non. En rapport avec le MERS-CoV, l’OMS ne préconise aucune restriction aux voyages ou au commerce. Elle continuera à revoir toutes ces recommandations à mesure que de nouvelles informations lui parviendront.

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