Alerte et action au niveau mondial (GAR)

Récapitulatif et informations publiées sur le MERS-CoV – au 20 juin 2013

Depuis avril 2012, il y a eu 64 cas confirmés en laboratoire d’infection humaine par le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV), dont 72 % de sexe masculin. Sur l’ensemble des cas confirmés, 38 sont décédés. Les pays affectés au Moyen-Orient comprennent l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis (EAU), la Jordanie et le Qatar. Des cas ont également été notifiés par quatre pays européens, l’Allemagne, la France, l’Italie et le Royaume-Uni et par un pays d’Afrique du Nord, la Tunisie. Tous les cas européens et nord-africains ont eu un lien direct ou indirect avec le Moyen-Orient. Il y a eu cependant en France, au Royaume-Uni, en Tunisie et en Italie une transmission locale limitée à des proches contacts qui n’étaient pas allés au Moyen-Orient.

Parmi les nouveaux cas confirmés en laboratoire d’infection par le MERS-CoV et notifiés depuis la dernière mise à jour du 31 mai 2013, trois ont été signalés par l’Italie. Dans ce groupe, le cas indicateur, un homme de 45 ans résidant en Italie, est allé à la mi-avril en Jordanie. Des symptômes respiratoires bénins sont apparus un jour avant son retour en Italie fin mai. Il a été hospitalisé pour une pneumonie trois jours après son retour chez lui. Les écouvillons prélevés sur le nasopharynx et dans la gorge le lendemain de son admission ont donné un résultat positif pour le MERS-CoV. À part une obésité qui a été notée, il n’avait pas d’affection médicale sous-jacente. Il a guéri et a regagné son domicile après avoir passé une semaine à l’hôpital. Les contacts ont été suivis en Italie et deux d’entre eux ont manifesté des symptômes respiratoires : un collègue de 42 ans et un enfant de 14 mois de la famille proche. Les deux ont donné des tests positifs pour le MERS-CoV. Ces deux contacts ont été exposés à l’homme de 45 ans une seule journée et la maladie est apparue 3 et 4 jours respectivement après l’exposition. Dans les deux cas, la maladie a été bénigne et ils ont guéri sans que rien de notable ne se produise. Un suivi des proches contacts à Amman, en Jordanie, a aussi été fait. Des écouvillons ont été prélevés sur quatre d’entre eux présentant des symptômes et six asymptomatiques ; tous ont été négatifs pour le MERS-CoV.

Le Ministère de la Santé de l’Arabie saoudite a aussi notifié à l’OMS de nouveaux cas d’infection par le MERS-CoV, confirmés en laboratoires et apparus fin mai et début juin. Parmi ces cas, il y en a eu dans le Gouvernorat de Ta’if, à Wadi Al-Dawaser et à Hafar Al-Batin, les premiers notifiés dans ces zones. Les cas les plus récents présentaient les mêmes caractéristiques pour l’âge et le sexe que ceux précédemment notifiés, à l’exception d’un enfant de 2 ans à Djeddah, atteint d’une pneumopathie chronique.

Bien qu’en général on ignore le moment exact et la nature des expositions aboutissant à l’infection, pour les cas où celle-ci est connue ou fortement présumée, la durée d’incubation des cas confirmés en laboratoire est en général de moins d’une semaine. Néanmoins, pour au moins un cas, l’exposition connue s’est produite 9 à 12 jours avant l’apparition de la maladie. D’autres données chez des cas exposés sur un certain laps de temps font penser qu’au moins dans une minorité de cas, la période d’incubation peut dépasser une semaine, tout en restant inférieure à deux semaines.

Par ailleurs, les données s’accumulent pour indiquer que les écouvillons nasopharyngés sont moins sensibles pour détecter l’infection par le MERS-CoV que des échantillons prélevés dans les voies respiratoires inférieures. Actuellement, on ne dispose d’aucune comparaison directe des deux méthodes de diagnostic. Toutefois, chez un certain nombre de patients, les écouvillons prélevés dans le nasopharynx ont été négatifs à un moment de l’évolution de la maladie tandis que les échantillons provenant des voies respiratoires inférieures étaient positifs. De plus, dans plusieurs groupes, des patients pour lesquels il y avait une forte présomption d’infection par le MERS-CoV, à cause d’une exposition directe et d’une maladie respiratoire sévère, ont donné des écouvillons du nasopharynx négatifs, tandis que des cas confirmés du même groupe ont eu des échantillons positifs prélevés à partir des voies respiratoires inférieures.

Articles/lignes directrices publiés récemment depuis le dernier bulletin

Le 5 juin 2013, l’OMS a publié des lignes directrices actualisées sur les recommandations aux voyageurs pour le MERS-CoV. Ce document ne donne pas d’orientations spécifiques pour la prévention de l’infection par le MERS-CoV, l’origine du virus étant toujours inconnue. En revanche, il donne des recommandations générales sur la prévention des infections à l’intention des voyageurs, ainsi que des recommandations pour les cliniciens qui s’occupent de voyageurs revenant d’une zone affectée et qui développent une maladie respiratoire.

Évaluation récapitulative

Les cas notifiés les plus récents indiquent que la source de l’infection, qui n’a pas encore été déterminée, reste active au Moyen-Orient et qu’elle est présente sur une zone étendue, comprenant de nouvelles régions d’Arabie saoudite. Le cas italien qui avait voyagé en Jordanie évoque la persistance du risque infectieux dans ce pays où aucun cas confirmé n’a été identifié depuis plus d’un an malgré une surveillance continuelle. Ce groupe est également la première occurrence d’une transmission à un collègue dans un milieu professionnel non médical.

Deux cas récents sont aussi la première occurrence attestée de l’infection chez des enfants, bien qu’auparavant un cas probable et non confirmé se soit produit chez un adolescent saoudien. Si le virus continue d’infecter en majorité des personnes d’âge moyen ou élevé, cela démontre que les enfants courent également le risque de contracter l’infection à MERS-CoV. Dans les deux cas d’enfants confirmés et chez le cas probable antérieur, la maladie a été relativement bénigne.

L’OMS revoit actuellement ses recommandations pour la surveillance sur la base des observations récentes selon lesquelles la durée d’incubation pourrait dépasser 10 jours chez certains patients. De plus, elle préconise désormais fortement de prélever des échantillons des voies respiratoires inférieures, provenant des expectorations, d’une aspiration endotrachéale ou d’un lavage broncho-alvéolaire pour le diagnostic par PCR (amplification génique) lorsque cela est possible. Si le test initial d’un écouvillon nasopharyngé est négatif chez un patient pour lequel il y a une forte présomption d’infection par le MERS-CoV, un nouveau test doit être fait sur un échantillon provenant des voies respiratoires inférieures, ou bien un second test sur les voies respiratoires supérieures, mais avec un échantillon provenant de l’oropharynx, s’il est impossible d’en obtenir un à partir des voies respiratoires inférieures. On envisagera d’y ajouter la sérologie en phase aiguë et en phase de convalescence lorsque les résultats de la PCR sur les échantillons respiratoires ne sont pas concluants.

Comme nous l’avons déjà indiqué dans les bulletins précédents, on n’a pas observé de transmission interhumaine persistant au-delà de groupes restreints formés par les proches contacts. En revanche, il est probable que davantage de cas sporadiques, entraînant ensuite une transmission limitée, se produisent dans un avenir proche. Le grand nombre de cas pour lesquels on signale des comorbidités semble indiquer que les personnes présentant des affections médicales sous-jacentes soient plus sensibles à l’infection. Les établissements de santé s’occupant de patients pour lesquels on soupçonne une infection par le MERS-CoV devraient prendre les mesures appropriées de lutte contre l’infection. Les cliniciens doivent savoir que, chez les sujets immunodéprimés, il peut y avoir une présentation atypique de cette infection, au départ sans symptômes respiratoires.

L’OMS continue de demander à tous les États Membres de lui notifier tous les cas confirmés et probables, ainsi que de l’informer des sources d’exposition, des tests et de l’évolution clinique pour orienter la préparation et la riposte internationales afin de les rendre le plus efficace possible.

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