Alerte et action au niveau mondial (GAR)

Récapitulatif et informations publiées sur le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) – au 13 août 2013

Depuis avril 2012, 94 cas confirmés en laboratoire et 16 cas probables d’infection humaine par le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) ont été notifiés à l’OMS. Les pays affectés au Moyen-Orient sont l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis (EAU), la Jordanie et le Qatar ; en Europe, les pays touchés sont l’Allemagne, la France, l’Italie et le Royaume-Uni ; enfin, en Afrique du Nord, la Tunisie. Les infections, vraisemblablement contractées lors de l’exposition à des sources non humaines, se sont toutes produites au Moyen-Orient ; une transmission limitée est intervenue dans les pays d’Europe et en Afrique du Nord avec les contacts proches de voyageurs revenant récemment du Moyen-Orient. Aucun nouveau pays n’a signalé de cas de MERS-CoV depuis le dernier récapitulatif et le dernier cas exporté vers un pays en dehors du Moyen-Orient s’est produit en juin 2013.

Depuis le dernier récapitulatif, 15 nouveaux cas confirmés en laboratoire ont été notifiés par l’Arabie saoudite et les EAU, portant le total à 94 cas. Quarante-sept (50%) d’entre eux sont morts. Sur les 90 cas confirmés dont on connaît le sexe, 55 (61 %) sont de sexe masculin. L’âge médian des cas confirmés d’âge connu (n = 89) est de 50 ans (âges allant de 14 mois à 94 ans).

Deux petits groupes de cas ont été notifiés depuis le dernier récapitulatif. L’un s’est produit en milieu médical aux EAU. Le cas indicateur a été un résident des EAU âgé de 83 ans sans antécédents de voyage ou de contacts avec d’autres cas confirmés. Il avait une maladie cancéreuse sous-jacente et a été hospitalisé à Abu Dhabi pour des symptômes respiratoires le 6 juillet 2013. On a noté qu’il possédait une ferme avec diverses espèces d’animaux dans laquelle il se rendait souvent. La recherche du MERS-CoV sur des échantillons des voies respiratoires supérieures et inférieures a donné un résultat positif le 10 juillet. Son état s’est aggravé avec le développement d’un syndrome de détresse respiratoire aiguë avant son décès. Bien que, selon les indications, les mesures de lutte contre les infections et de prévention aient été prises et le patient isolé, quatre cas secondaires ont été signalés chez des agents de santé qui ont été exposés à ce malade. Deux d’entre eux ont contracté une maladie bénigne tandis que les deux autres sont restés asymptomatiques.

Deux cas ont été signalés dans la région d’Asir, en Arabie saoudite ; ils avaient été auparavant tous deux en contact avec un cas confirmé. On pense que le cas indicateur pour ce groupe est un homme de 66 ans d’Asir, qui souffrait d’une affection sous-jacente et qui est décédé de l’infection par le MERS-CoV. L’un des cas secondaire est un membre de la famille, un homme de 26 ans et le second est un agent de santé de 42 ans. Les deux ont présenté une forme bénigne, ne nécessitant pas une hospitalisation.

Pour en savoir plus sur ces cas, veuillez consulter:

Activités de l’OMS en lien avec le MERS-CoV et orientations à venir

L’OMS coordonne actuellement la collecte d’une batterie d’échantillons sériques cliniques, comportant à la fois des échantillons positifs et négatifs pour le MERS-CoV, afin de standardiser les essais sérologiques. Elle le fait en collaboration avec un réseau international de laboratoires de santé publique et de recherche.

Lignes directrices récemment publiées par l’OMS

Le 25 juillet 2013, l’OMS a publié des conseils aux pèlerins pour réduire le plus possible le risque d’infection par le MERS-CoV lors des pèlerinages et pour les autres voyageurs. Elle y traite des recommandations pour une communication efficace des informations à propos des risques et donne des conseils sur les mesures à prendre avant, pendant et après les pèlerinages.

Le 30 juillet 2013, l’OMS a publié un questionnaire pour l’interview initiale des cas, en tant qu’outil supplémentaire accompagnant les lignes directrices de l’OMS pour enquêter sur les cas d’infection humaine par le MERS-CoV. Il est conçu pour réunir les données initiales sur les expositions potentielles des cas dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes. Il aidera les personnes chargées des investigations à élaborer des hypothèses sur les sources et expositions possibles au cours d’études ultérieures.

Le 8 août 2013, des recommandations ont été publiées sur la prévention de l’infection pour les patients soignés à domicile. Elles ont été établies d’après des lignes directrices fondées sur des données probantes et s’intéressent tout particulièrement aux patients présentant des symptômes bénins d’une infection par le MERS-CoV et aux contacts asymptomatiques.

Le 9 août 2013, la foire aux questions sur le MERS-CoV a été remise à jour pour y intégrer les conclusions des publications récentes, dont un rapport récent faisant état d’anticorps réagissant au MERS-CoV chez les dromadaires (cité ci-dessous).

Publications récentes avec comité de lecture

Plusieurs enquêtes scientifiques ont été publiées dans des revues avec comité de lecture depuis le dernier récapitulatif.

Des chercheurs français ont examiné le potentiel pandémique du MERS-CoV. Ils ont étudié deux scénarios avec différents taux de reproduction de base (R0) et en ont conclu que le syndrome respiratoire du Moyen-Orient n’avait pas encore de potentiel pandémique.
Référence : Romulus Breban, Julien Riou, Arnaud Fontanet. Interhuman transmissibility of Middle East respiratory syndrome coronavirus: estimation of pandemic risk. The Lancet, 5 juillet 2013. (Article sous presse DOI: 10.1016/S0140-6736(13)61492-0.)

Des sérums de dromadaires des Îles Canaries et d’Oman ont révélé la présence d’anticorps spécifiques dirigés contre la protéine de spicule du MERS-CoV. Les sérums ont été prélevés dans le cadre de la surveillance vétérinaire de routine de mi-2012 à mi-2013. La présence d’anticorps spécifiques contre la protéine de spicule du MERS-CoV a été établie dans 100 % des sérums de 50 dromadaires femelles de course d’Oman et 14,3 % (15/105) des dromadaires espagnols. Cette étude donne à penser que le MERS-CoV ou un virus apparenté a infecté les populations de dromadaires et pourrait largement circuler chez ces animaux à Oman.
Référence : Reusken et al. Middle East respiratory syndrome coronavirus neutralising serum antibodies in dromedary camels: a comparative serological study. The Lancet Infectious Diseases, 9 août 2013. (Article sous presse DOI: 10.1016/S1473-3099(13)70164-6.)

Le Ministère saoudien de la Santé a fourni une analyse portant sur 47 sujets ayant une infection par le MERS-CoV confirmée en laboratoire, notifiés du 1er septembre 2012 au 15 juin 2013, incluant les cas de la flambée à l’hôpital d’Al-Hasa. Le rapport hommes/femmes s’est établi à 3,3 pour 1 et le taux de létalité à 60 %. Sur l’ensemble des cas confirmés, 96 % avaient des comorbidités sous-jacentes. Le taux de mortalité est élevé pour les patients présentant des comorbidités (60 %).
Référence : Assiri et al. Epidemiological, demographic, and clinical characteristics of 47 cases of Middle East respiratory syndrome coronavirus disease from Saudi Arabia: a descriptive study. The Lancet Infectious Diseases, 26 juillet 2013. (Article sous presse DOI: 10.1016/S1473-3099(13)70204-4.)

Les données mondiales sur les itinéraires de vol et celles sur le pèlerinage du Hadj de 2012 ont été analysées pour prévoir les mouvements de populations à partir de l’Arabie saoudite et du Moyen-Orient, ainsi que les risques de propagation mondiale du MERS-CoV. On estime que 65,1 % des pèlerins étrangers étaient originaires de pays à revenu faible ou intermédiaire. Les auteurs soulignent que ces résultats pourraient être utiles pour orienter et centrer les efforts de surveillance et de préparation dans les pays concernés.
Référence : Khan et al. Potential for the international spread of Middle East respiratory syndrome in association with mass gatherings in Saudi Arabia. PLOS Currents Outbreaks, 17 juillet 2013 [dernière modification : 17 juillet 2013]. Édition 1. DOI: 10.1371/currents. outbreaks.a7b70897ac2fa4f79b59f90d24c860b8.

Évaluation récapitulative

Bien que de nouveaux cas continuent de se produire dans la péninsule arabique, aucun nouveau cas exporté n’a été signalé depuis juin, malgré un afflux de pèlerins en Arabie Saoudite pour l’Umrah pendant le ramadan. Le Ministère de la Santé du Royaume d’Arabie saoudite signale qu’aucune infection par le MERS-CoV n’a été découverte chez les pèlerins au cours des activités de surveillance renforcée. Toutefois, comme le ramadan s’est terminé le 8 août et que la période d’incubation du MERS-CoV peut aller jusqu’à 10 jours ou plus, il est préconisé de maintenir la vigilance. On remarquera que seul un cas précédemment signalé est tombé malade après le pèlerinage.

Avec le renforcement de la recherche des cas et des contacts, des cas secondaires en nombre croissant, présentant une maladie bénigne, ont été notifiés, indiquant pour le MERS-CoV un plus large spectre clinique que celui qui était reconnu jusque-là. La transmission continue cependant de se limiter à des regroupements de cas et ne semble pas s’étendre à la communauté plus large. Bien que les caractéristiques puissent changer un peu, les cas indicateurs et sporadiques, c’est à dire ceux pour lesquels on présume une exposition à une source non humaine, continuent d’être plus âgés avec une plus grande proportion d’hommes, que les cas secondaires.

Si le rapport récent de Reusken et al. peut fournir un indice sur la source potentielle de l’infection humaine, il est important de mettre définitivement en évidence la présence du virus du MERS chez les dromadaires pour confirmer que le virus qui génère la réponse des anticorps est le même que celui qu’on observe chez l’homme. Il faut également noter que l’étude ne porte que sur des dromadaires d’Oman ; les essais n’ont pas pu être faits sur d’autres espèces et il est donc prématuré de ne s’intéresser qu’aux dromadaires comme source potentielle de l’infection chez l’homme. La question cruciale à laquelle il faut encore répondre a trait aux expositions et aux activités qui mettent l’homme en contact avec le virus et entraînent une infection. Une réponse doit y être apportée d’urgence pour orienter les mesures qui éviteront la transmission à l’être humain. Cette étude et les différences démographiques observées chez les cas contractant l’infection à partir d’expositions à des sources non humaines pourront aider à orienter les investigations futures.

L’OMS fournit des orientations et des outils pour mener les recherches sur les cas d’infection humaine par le MERS-CoV.

L’OMS continue de demander aux États-Membres de lui notifier tous les cas confirmés et probables, avec des informations sur leur exposition, les essais et leur évolution clinique, afin d’orienter la préparation et la riposte internationales pour qu’elles soient les plus efficaces possible. L’OMS recommande fortement de mener des investigations détaillées pour chaque cas, des études cas-témoins pour les cas indicateurs et un suivi intensif des contacts, avec des analyses sérologiques pour améliorer la connaissance des caractéristiques essentielles de l’infection par le MERS-CoV.

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