Le Libéria et la Guinée intensifient leur coordination pour endiguer les nouveaux cas d’Ebola
Les équipes de l’OMS et des Ministères de la santé en Guinée et au Libéria ont établi des liens épidémiologiques entre les nouveaux cas d’Ebola au Libéria et une résurgence actuelle du virus en Guinée voisine, suite aux enquêtes renforcées menées sur les nouveaux cas et la recherche des contacts.
Les équipes qui enquêtent en Guinée ont recherché l’épouse et les 3 enfants d’un homme décédé de la maladie à virus Ebola le mois dernier dans la préfecture de Macenta, au sud du pays. On considère les membres de la famille comme des contacts à haut risque.
On pense désormais qu’après le décès de son mari, l’épouse est partie au Libéria avec ses enfants rejoindre des parents qui vivent à Monrovia, la capitale du pays. C’est là que, selon les informations, elle a présenté des symptômes. Elle a d’abord consulté des dispensaires locaux avant de décéder lors du transfert dans un hôpital de Monrovia le 31 mars. Deux de ses fils, âgés de 5 et 2 ans, ont donné depuis lors des tests positifs pour le virus Ebola et sont soignés dans un établissement de traitement d’Ebola à Monrovia.
Riposte rapide au Libéria
Les autorités sanitaires libériennes ont réactivé immédiatement les mécanismes d’intervention d’urgence du pays et, avec l’appui de l’OMS, des Centers for Disease Control and Prevention et d’autres partenaires, ont entrepris d’identifier, d’isoler et de surveiller les contacts des cas confirmés. Les mesures de lutte contre l’infection et les actions de proximité au niveau local ont été renforcées.
Plus d’une centaine de contacts des cas confirmés ont été identifiés au Libéria et mis sous observation médicale volontaire. Les familles affectées ont reçu de la nourriture, de l’eau, du matériel d’hygiène et des conseils. Des préparatifs sont en cours pour administrer aux contacts le vaccin anti-Ebola afin d’éviter la propagation potentielle du virus.
Avec l’appui de l’OMS, les autorités libériennes et guinéennes vont organiser une réunion dans les prochains jours pour échanger les informations et coordonner plus étroitement les efforts pour l’intervention d’urgence et la surveillance transfrontalière.
1400 personnes contact vaccinées
Une riposte de grande envergure, dirigée par les autorités nationales, se poursuit dans les préfectures de Nzérékoré et de Macenta, où 9 cas d’Ebola se sont produits depuis le début de la résurgence fin février. Huit personnes sont mortes et un enfant de 11 ans continue d’être soigné dans un centre de traitement d’Ebola.
À ce jour, le vaccin anti-Ebola a été administré à 1400 personnes susceptibles d’avoir été en contact avec les cas confirmés ou leurs contacts.
Les résurgences du virus Ebola sont anticipées
Les analyses des échantillons de sang provenant des cas confirmés indiquent que l’origine du virus remonte à une seule chaîne de transmission connue, ce qui évoque une exposition à des liquides biologiques infectés d’un survivant, plutôt qu’une réintroduction du virus à partir de la population animale sauvage.
L’OMS a insisté sur le fait que des résurgences du virus Ebola telles que celle-ci allaient probablement se produire pendant un certain temps, à cause de la persistance du virus chez certains survivants.
Elle rappelle que les pays affectés doivent se tenir prêts à intervenir et maintenir de solides programmes de prévention, de surveillance et de soins pour les survivants.