Préparation et riposte aux situations d'urgence

La Guinée, le Libéria et la Sierra Leone «gèrent efficacement» les résurgences de la maladie à virus Ebola


22 mars 2016

Les autorités sanitaires de la Guinée, du Libéria et de la Sierra Leone ainsi que les représentants d’organisations partenaires ont indiqué qu’ils étaient confiants quant à la capacité des 3 pays touchés par la maladie à virus Ebola à gérer efficacement les risques résiduels de nouvelles infections.

Le Dr Abou Beckr Gaye, Représentant de l’OMS en Guinée (à gauche) au côté du  Dr Sakoba Keita, Coordonnateur national de la riposte à Ebola, Guinée (au centre),  et du Dr Bruce Aylward, Directeur exécutif par intérim, Flambées épidémiques et urgences sanitaires de l'OMS (à droite).
Le Dr Abou Beckr Gaye, Représentant de l’OMS en Guinée (à gauche) au côté du Dr Sakoba Keita, Coordonnateur national de la riposte à Ebola, Guinée (au centre), et du Dr Bruce Aylward, Directeur exécutif par intérim, Flambées épidémiques et urgences sanitaires de l'OMS (à droite).
OMS/M. Winkler

Réunion à Conakry

Les capacités des 3 pays en matière de prévention, de détection et de riposte ainsi que les progrès accomplis pour étendre les soins cliniques et le dépistage des survivants ont fait l’objet d’un examen lors d’une réunion les 1er et 2 mars à Conakry (Guinée), organisée par l’OMS et à laquelle quelque 80 personnes ont participé. L’OMS, les partenaires et le personnel des ministères de la santé des 3 pays se sont régulièrement réunis tout au long de l’épidémie afin d’évaluer les tactiques, les outils, la recherche et les opérations et d’élaborer des stratégies en conséquence.

Le Dr Sakoba Keita, Coordonnateur national de la riposte à Ebola en Guinée, a ouvert la réunion en exposant les progrès collectifs accomplis dans le cadre de la réalisation des objectifs en matière de riposte de la «phase3». «Nous avons amélioré nos systèmes, nous détectons et endiguons les petites flambées de maladie à virus Ebola en identifiant les maillons faibles et en œuvrant ensemble pour minimiser et gérer les risques d’Ebola», a-t-il déclaré. «Nous avons actuellement zéro cas d’infections mais notre objectif est d’atteindre un risque zéro», a-t-il ajouté.

Pour l’OMS, toutes les chaînes de transmission de la flambée d’origine ont été interrompues; l’Organisation continue cependant à souligner que de petites résurgences sont à prévoir du fait de la persistance du virus dans les liquides corporels et tissus de certains survivants.

Bien que le risque diminue à mesure que le virus disparaît de l’organisme des survivants, il nécessite toujours une forte capacité de surveillance et d’intervention; notamment la capacité à détecter de nouveaux cas suspects, le diagnostic rapide, l’isolation et la prise en charge des cas, la recherche des contacts, la sensibilisation et la participation de la communauté, la sécurité des inhumations ainsi que les soins, les services de conseils et le dépistage pour les survivants.

Lors de la réunion de Conakry, les représentants des 3 pays et les partenaires ont fourni des évaluations détaillées des progrès accomplis, des défis à relever et des besoins en ressources dans ces domaines, ainsi que des efforts visant à adapter et à intégrer les programmes axés sur Ebola aux stratégies nationales de lutte contre d’autres maladies et situations d’urgence.

Évaluation de la riposte aux récentes résurgences

Comme exemple des progrès accomplis, les participants ont évalué l’endiguement rapide des résurgences récentes de la maladie à virus Ebola au Libéria et en Sierra Leone ainsi que la riposte aux cas suspects en Guinée. Ils ont également examiné les essais en temps réel concernant les investissements portant sur le renforcement des laboratoires et des capacités de diagnostic, les simulations et la formation, les équipes d’intervention rapide ainsi que la lutte contre l’infection dans les établissements de santé.

«Les récents événements nous montrent ce dont ces pays sont capables dans un contexte de leadership solide, avec des intervenants expérimentés, un soutien continu des partenaires et une coordination régionale», a déclaré Peter Graaff, Directeur, Riposte de l’OMS à la flambée de maladie à virus Ebola. Il a également noté que la Guinée avait déployé une équipe de vaccination en anneaux en Sierra Leone pour vacciner les contacts, tandis que le Libéria et la Sierra Leone ont chacun envoyé à l’autre pays des épidémiologistes vétérans pour appuyer les investigations sur les cas et le dépistage; «s’appuyant sur les compétences techniques régionales pour juguler la propagation potentielle de la maladie à virus Ebola dans les communautés touchées».

Les3 pays ont mentionné la participation communautaire et la surveillance comme une des plus grandes lacunes et difficultés. «Nous avons encore beaucoup à faire pour dissiper les craintes et améliorer la communication et la confiance au niveau communautaire », a indiqué le Dr Roland Conteh, chef des programmes de surveillance des maladies au sein du ministère de la Santé en Sierra Leone. «Lorsque la communauté est impliquée et lorsque les points focaux et les agents de santé sont formés au niveau communautaire, nous savons que cela améliore la coopération et la surveillance. Un vaste programme de formation est néanmoins nécessaire.»

Formation permanente des personnels, suivi des systèmes de santé et soins aux survivants

Des inquiétudes quant aux ressources humaines et aux sources de financement à long-terme ont été exprimées à plusieurs reprises pour maintenir les capacités de laboratoire; pour constituer et former des équipes d’intervention rapide; mettre en place des systèmes de surveillance et de riposte des maladies infectieuses et pour garantir aux survivants d’Ebola un accès à des services spécialisés pour la prise en charge des complications tels que des soins oculaires et neurologiques, ainsi que des programmes de tests effectués sur le sperme et le lait maternel.

Les participants ont souligné l’importance de la recherche des survivants non enregistrés et du suivi de l’état de santé de l’ensemble des survivants, afin de veiller à ce qu’ils bénéficient des soins cliniques adaptés, de services de santé mentale et d’autres services de conseils, ainsi que la nécessité de recueillir leur appui pour comprendre les incidences pour la santé, à court et à long terme, de la maladie à virus Ebola.

La «phase 3» vise principalement à interrompre toutes les chaînes de transmissions restantes et à identifier, et prendre en charge les conséquences des risques résiduels d’Ebola.