Alerte et action au niveau mondial (GAR)

Qu’est-ce que le virus de la grippe pandémique A(H1N1) 2009 ?

24 février 2010

C’est un virus grippal qui n’avait jamais été identifié comme source d’infection chez l’être humain avant la survenue de la pandémie actuelle. Les analyses génétiques ont montré qu’il a pour origine des virus grippaux de l’animal et qu’il n’est pas apparenté aux virus A(H1N1) de la grippe saisonnière en circulation dans les populations humaines depuis 1977.

L’analyse des antigènes a révélé que les anticorps dirigés contre les virus saisonniers A(H1N1) n’offraient pas de protection contre le virus pandémique. D’autres études ont cependant montré qu’une proportion importante des personnes âgées de 65 ans et plus avaient une certaine immunité. Cela semble indiquer qu’un certain nombre de personnes, parmi les plus âgées, pourraient bénéficier d’une protection croisée, résultant de l’exposition à des virus qui ont circulé dans un passé relativement lointain.

Après les premières flambées en Amérique du Nord en avril 2009, le nouveau virus grippal s’est propagé rapidement dans le monde. Au moment où l’OMS a déclaré officiellement la situation de pandémie, en juin 2009, 74 pays et territoires avaient notifié des infections confirmées en laboratoire. À ce jour, il y a eu des infections confirmées en laboratoire dans la plupart des pays du monde.

Contrairement au tableau classique de la grippe saisonnière, le nouveau virus a provoqué un grand nombre d’infections estivales dans l’hémisphère Nord, puis les niveaux d’activité se sont encore accrus pendant les mois plus froids dans cette région du monde.

Le profil de la mortalité et de la morbidité a également différé de celui observé normalement pour les infections grippales. La plupart des décès dus à la grippe pandémique sont survenus chez des personnes jeunes, y compris chez des sujets normalement en bonne santé. Les femmes enceintes, les jeunes enfants et les personnes de n’importe quel âge souffrant de certaines affections pulmonaires ou médicales chroniques semblent également exposées à un risque plus élevé de complications ou de formes graves de la maladie. De nombreux cas graves ont été dus à une pneumonie virale, plus difficile à traiter que les pneumonies bactériennes communément associées à la grippe saisonnière. De nombreux patients ont dû être placés en soins intensifs.

Comment est-on infecté par ce virus ?

Le virus de la grippe pandémique A(H1N1) se transmet d’une personne à l’autre comme les virus de la grippe saisonnière. La transmission est aussi facile que pour la grippe saisonnière normale par inhalation de gouttelettes infectieuses qui sont émises quand un malade tousse ou éternue, ou qui peuvent contaminer les mains et les surfaces.

Pour éviter la propagation, les malades doivent se couvrir la bouche et le nez quand ils toussent ou éternuent, rester chez eux tant qu’ils ne se sentent pas bien, se laver régulièrement les mains et, dans toute la mesure du possible, rester à une certaine distance des personnes en bonne santé.

Quels sont les signes et symptômes de l’infection ?

Les signes de la grippe pandémique sont ceux du syndrome grippal : sensation de malaise, fièvre, toux, céphalées, douleurs musculaires et articulaires, irritation de la gorge, rhinite et, parfois, nausées et vomissements.

Dans leur majorité, les sujets atteints de la grippe pandémique présentent une forme bénigne et guérissent spontanément, sans traitement.

Quand doit-on consulter ?

Un malade doit consulter s’il présente un essoufflement ou des difficultés respiratoires ou si la fièvre, notamment si elle est élevée, dure plus de trois jours. Les parents de jeunes enfants malades doivent consulter si l’enfant respire rapidement ou difficilement, si la fièvre ne baisse pas ou s’il a des convulsions.

Le traitement symptomatique à domicile, repos, absorption de liquides en grandes quantités et prise d’analgésiques pour soulager les douleurs, suffit dans la plupart des cas. Pour les enfants et les adolescents de moins de 18 ans, on utilisera un analgésique autre que l’aspirine ou l’un de ses dérivés.

Pourquoi l’OMS s’est-elle tant inquiétée de cette grippe, alors que les épidémies saisonnières font des centaines de milliers de victimes chaque année ?

Chaque année, il y a des grippes saisonnières et des mutations des virus, mais une grande partie de la population a tout de même une certaine immunité contre les virus en circulation, ce qui contribue à réduire les infections. Certains pays ont également recours à des vaccins contre la grippe saisonnière pour limiter la morbidité et la mortalité.

En revanche, le virus de la grippe pandémique A(H1N1) était nouveau, de sorte que l’immense majorité de la population humaine n’avait que peu ou pas d’immunité. De plus, l’histoire a montré que les pandémies grippales peuvent tuer des millions de personnes. Enfin, au départ, il n’y avait pas de vaccins contre la grippe pandémique.

On n’a pas encore d’estimations sur l’impact mondial de la pandémie actuelle. En général, on estime le nombre des décès dus à la grippe saisonnière ou aux pandémies du passé à l’aide de modèles statistiques.

Par contre, les chiffres actuellement notifiés, plus de 16 000 décès dus à la grippe pandémique A(H1N1) correspondent à autant de cas qui ont été testés et confirmés, principalement dans des pays ayant des ressources suffisantes pour faire des analyses de laboratoire généralisées. Cette méthode n’a jamais encore été utilisée pour dénombrer les décès dus à la grippe saisonnière ou aux pandémies du passé et elle aboutit donc à une sous-estimation importante.

Une évaluation plus précise de la mortalité due à cette pandémie, à l’aide de modèles statistiques, sera probablement possible dans un an ou deux environ.

(Version actualisée du 11 juin 2009)

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