Alerte et action au niveau mondial (GAR)

Qu’est-ce que la période postpandémique ?

10 août 2010

1. Que signifie-t-elle ? Comment savons-nous que la pandémie est terminée ?

La pandémie de grippe A (H1N1) 2009 s’est caractérisée par l’apparition d’un nouveau virus grippal contre lequel de nombreuses personnes n’avaient aucune immunité préexistante. Ce virus a provoqué dans de nombreux pays des flambées de grippe inhabituelles et étendues pendant les mois d’été et une morbidité très importante au cours des mois d’hiver. Cette pandémie a également été marquée par la prédominance presque totale du virus de la grippe pandémique sur les autres virus de la grippe saisonnière et par des aspects cliniques inhabituels, les cas les plus graves survenant très souvent dans des classes d’âge plus jeunes.

Nous nous trouvons désormais dans une situation où le virus s’est propagé partout dans le monde, où dans beaucoup de pays de nombreuses personnes appartenant à toutes les classes d’âge ont acquis une certaine immunité contre ce nouveau virus, où aucune flambée estivale importante et inhabituelle ne s’est produite dans l’hémisphère Nord ni dans l’hémisphère Sud et où les virus de la grippe saisonnière A (H3N2) et B sont signalés dans de nombreux pays. Sur la base de ce tableau général, tout porte à croire que le mode de transmission pandémique récent a été remplacé par le mode saisonnier. Toutefois, il est important de réaliser que le nouveau virus H1N1 devrait persister durant de nombreuses années et que les saisons grippales elles-mêmes peuvent montrer de grandes variations. Certaines années leurs répercussions peuvent être limitées, alors que d’autres elles peuvent être très importantes.

Au cours de la période postpandémique, les cas et les flambées dus au virus H1N1 devraient continuer de se produire. De plus, il est très probable que, pendant un certain temps, les classes d’âge plus jeunes, y compris les femmes enceintes, continueront d’être touchées de manière disproportionnée par la forme grave de la maladie, notamment la pneumonie virale. Il est impossible de prévoir si à long terme les jeunes resteront exposés à un risque plus élevé de maladie grave, ou si cela va évoluer et quand. Étant donné la situation, il reste important que les gens continuent de prendre des mesures pour se protéger. Celles qui permettent en général de réduire les risques d’infection grippale, comme l’utilisation des vaccins, le recours à l’hygiène des mains et à l’hygiène respiratoire, sont également applicables au virus H1N1.

2. Le fait que la pandémie de grippe arrive à sa fin signifie-t-il qu’il y aura moins de gens malades ou qui risquent de mourir à cause du virus H1N1 ?

Les conséquences sanitaires futures de l’infection par le virus H1N1 sont impossibles à prédire. D’une part, on s’attend à ce qu’il continue de circuler en tant que souche saisonnière dans un avenir proche et de ce fait davantage de gens vont développer une immunité vis-à-vis de ce virus. D’autre part, on s’attend également à ce que ce virus évolue au cours du temps par suite de la dérive antigénique, et les modifications qu’il subira peuvent signifier que l’immunité acquise contre cette version du virus pourrait devenir moins protectrice contre ses versions futures. En outre, beaucoup de gens n’ont pas été infectés par le virus H1N1 au cours de la pandémie et il se peut donc très bien qu’il existe dans certains pays des zones qui ont été moins gravement touchées pendant la pandémie, mais qui pourraient l’être plus gravement par la suite.

3. Pourquoi l’OMS a-t-elle mis si longtemps à déclarer que la pandémie touchait à sa fin ?

L’OMS a surveillé les données épidémiologiques et virologiques du monde entier, notamment de l’hémisphère Nord et de l’hémisphère Sud, afin de déterminer à quel moment la pandémie s’achèverait. Elle a en particulier attendu que le tableau s’éclaircisse dans l’hémisphère Sud et les pays tropicaux.

4. Que signifie la fin de la pandémie pour les gens ?

Pour la plupart des gens, cela n’aura pas beaucoup de répercussions sur leur vie quotidienne. Que le monde soit en situation de pandémie ou non, les virus grippaux exposent de nombreuses personnes à un risque de maladie et il convient donc que ces dernières prennent des mesures pour réduire leur risque d’infection. Ces mesures comprennent l’utilisation des vaccins antigrippaux lorsqu’ils sont disponibles et surtout si l’on appartient à un groupe à haut risque de forme grave de la maladie. La plupart des personnes qui tombent malades peuvent être traitées à domicile en toute sécurité, mais les gens qui s’en occupent et les membres de leur famille doivent être conscients du fait que si une personne présente des symptômes laissant à penser qu’il s’agit d’une forme de grippe plus grave, par exemple une fièvre élevée prolongée, des difficultés respiratoires ou une confusion, il faut alors rechercher des soins médicaux professionnels.

5. Le virus grippal H1N1 va-t-il continuer de provoquer des formes graves de la maladie chez les mêmes groupes à haut risque ?

D’après les données disponibles, le virus H1N1 continue actuellement à exposer à un risque plus élevé de forme grave certains groupes, notamment les jeunes enfants, les femmes enceintes et les personnes présentant des infections respiratoires ou chroniques.

6. Que peut-on faire pour se protéger du virus grippal H1N1 ?

On peut continuer à se protéger soi-même et à protéger les autres du virus H1N1 et des autres virus grippaux en appliquant les mesures préventives que sont une bonne hygiène des mains et l’hygiène respiratoire, notamment en se couvrant le nez et la bouche lorsqu’on éternue ou qu’on tousse. L’OMS continue également de recommander la vaccination contre ce virus au moyen du vaccin monovalent antigrippe pandémique ou d’un vaccin trivalent contre la grippe saisonnière (qui comprend la souche virale de la grippe pandémique H1N1, ainsi que d’autres souches H3 et B de virus grippaux saisonniers) selon ce qui est disponible.

7. Quelles sont les principales mesures de santé publique maintenant recommandées aux pays ?

Même si l’on est en train de sortir de la période pandémique, il est important que les pays restent vigilants et attentifs aux infections et aux flambées et continuent de prendre des mesures pour protéger leurs populations contre la grippe.

L’OMS recommande que les pays :

  • maintiennent la surveillance de la grippe, au moyen de la surveillance systématique des maladies respiratoires, de la notification, de la surveillance et de l’étude des aspects inhabituels de la maladie laissant à penser qu’il y a eu des changements de gravité, et la surveillance du virus H1N1 à la recherche de modifications importantes ;
  • poursuivent les efforts de prévention et de lutte visant à réduire les répercussions de la grippe, notamment la vaccination antigrippale. Le vaccin antigrippe pandémique A (H1N1) 2009 monovalent et les vaccins contre la grippe saisonnière couvrent désormais tous les deux le virus H1N1 et on peut utiliser l’un ou l’autre en fonction de leur disponibilité et des lignes directrices nationales.

La pandémie de grippe A (H1N1) 2009 a représenté un défi important pour tous les pays et l’OMS encourage ces derniers à évaluer l’expérience qu’ils en ont eue et à en tirer les enseignements pour renforcer leur préparation et leur riposte à des pandémies futures.

8. L’OMS recommande-t-elle encore l’utilisation de l’oseltamivir maintenant que la pandémie est terminée ?

Les lignes directrices de l’OMS relatives à l’utilisation des antiviraux portent à la fois sur la grippe pandémique et la grippe saisonnière et doivent continuer d’être suivies. Bien que nous soyons désormais dans la période postpandémique, le virus H1N1 circule encore au même titre que les souches de grippe saisonnière. Il est probable que nous rencontrerons encore des cas de forme grave de la maladie chez les sujets à haut risque et chez des personnes par ailleurs en bonne santé. Leur reconnaissance précoce et leur traitement approprié restent importants.

9. Pourquoi les gens doivent-ils continuer à se faire vacciner contre le virus grippal H1N1 ?

L’OMS recommande vivement l’utilisation du vaccin antigrippal lorsqu’il est disponible pour protéger les gens car il s’agit d’une contre-mesure sûre et efficace qui permet de réduire la probabilité de présenter une forme grave. Ce virus grippal H1N1 devrait continuer à circuler dans le monde pendant de nombreuses années et beaucoup de gens y sont encore sensibles. L’OMS recommande particulièrement de vacciner les agents de soins de santé et les groupes à haut risque de forme grave de la maladie.

10. Le vaccin contre la grippe pandémique A (H1N1) 2009 protège-t-il les gens contre la grippe saisonnière ?

Le virus de la grippe pandémique A (H1N1) 2009 devrait continuer de circuler pendant un certain temps et compter au nombre des souches de la grippe saisonnière. Le vaccin trivalent contre la grippe saisonnière actuel comprend la souche H1N1 ainsi que d’autres souches de grippe saisonnière (H3, B) et protégera donc contre tous les virus de la grippe saisonnière attendus. Le vaccin monovalent contre la grippe pandémique ne protégera que contre le virus H1N1.

Le virus de la grippe pandémique A (H1N1) 2009 a surtout provoqué la forme grave ou mortelle de la maladie chez des sujets jeunes, tant chez ceux atteints d’affections chroniques que chez des personnes en bonne santé, et a provoqué beaucoup plus de cas de pneumonie virale que ce que l’on voit normalement avec la grippe saisonnière.

Comme personne ne peut prévoir exactement quel est ou quels sont les virus grippaux circulants qui vont l’infecter, c’est le vaccin trivalent contre la grippe saisonnière qui fournira la protection la plus large. Cependant, dans certains endroits, ce vaccin n’est pas disponible et il reste prudent d’être vacciné contre le virus H1N1 pour prévenir une forme grave de la maladie.

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