Préparation et riposte aux situations d'urgence

Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) – Jordanie

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques
1 octobre 2015

Du 21 au 23 septembre 2015, le point focal national RSI pour la Jordanie a notifié à l’OMS 4 cas supplémentaires d’infection par le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS CoV), avec un décès.

Informations détaillées sur les cas

  • Un homme de 29 ans de la ville d’Amman, agent de santé, a présenté des symptômes le 15 septembre. Après avoir consulté le service d’urgence de l’hôpital où il travaille, il a eu un traitement symptomatique et a été renvoyé chez lui. Le patient, qui a d’autres pathologies, a donné un résultat positif à la recherche du MERS-CoV le 20 septembre et a été hospitalisé. Placé en isolement dans une chambre à pression négative, il est actuellement dans un état stable. Il a dispensé des soins à un cas d’infection par le MERS-CoV confirmé en laboratoire (voir le cas N° 2 du bulletin publié le 18 septembre). Il n’a pas été exposé à d’autres facteurs de risque connus dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes.
  • Un homme de 60 ans de la ville d’Amman a présenté des symptômes le 10 septembre et a été hospitalisé le 15. Le patient, qui a d’autres pathologies, a donné un résultat positif à la recherche du MERS CoV le 20 septembre. Placé en isolement dans une chambre à pression négative, il est actuellement dans un état stable. Il est allé dans un hôpital dans lequel avait été soigné un cas d’infection par le MERS-CoV confirmé en laboratoire. L’enquête est en cours sur les liens épidémiologiques possibles avec le cas d’infection par le MERS CoV admis dans l’hôpital ou avec des agents de santé communs avec ce cas. Il n’a pas été exposé à d’autres facteurs de risque connus dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes.
  • Une femme de 69 ans de la ville d’Amman a été hospitalisée le 7 septembre pour une pathologie cardiovasculaire. La patiente, qui avait d’autres pathologies, est sortie le 16. Le 17 septembre, elle a présenté des symptômes et a été hospitalisée le jour même dans un autre établissement. Elle a donné un résultat positif à la recherche du MERS CoV le 22 septembre et elle est décédée ce jour-là. L’enquête est en cours sur les liens épidémiologiques possibles avec le cas d’infection par le MERS CoV admis dans le premier hôpital ou avec des agents de santé communs avec ce cas. Elle n’avait pas été exposée à d’autres facteurs de risque connus dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes.
  • Une femme de 39 ans de la ville d’Amman, agent de santé et identifiée par la recherche des contacts, a donné un résultat positif à la recherche du MERS-CoV le 23 septembre alors qu’elle était asymptomatique. Placée en isolement à son domicile, elle est actuellement toujours asymptomatique. Cette patiente, qui n’a pas d’autres pathologies, a dispensé des soins à un cas d’infection par le MERS-CoV confirmé en laboratoire (voir le cas N° 2 du bulletin publié le 18 septembre). Elle n’a pas été exposée à d’autres facteurs de risque connus dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes.

La recherche des contacts parmi les membres des familles et parmi les personnels de santé se poursuit.

À l’échelle mondiale, 1593 cas d’infection par le MERS CoV, confirmés en laboratoire, ont été notifiés à l’OMS, dont au moins 568 mortels.

Conseils de l’OMS

Compte tenu de la situation actuelle et des informations disponibles, l’OMS encourage tous les États Membres à poursuivre leur surveillance des infections respiratoires aiguës et à examiner avec soin toute présentation inhabituelle.

L’application des mesures de prévention et de lutte contre l’infection est essentielle pour éviter la propagation éventuelle du MERS-CoV dans les établissements de soins. Il n’est pas toujours possible d’identifier rapidement les patients porteurs de ce virus car, comme pour d’autres infections respiratoires, les premiers symptômes ne sont pas spécifiques.

Les soignants devront donc toujours appliquer systématiquement les précautions standard à tous les patients, quel que soit leur diagnostic. Ils devront compléter les précautions standard par les précautions gouttelettes lorsqu’ils dispensent des soins à des patients présentant des symptômes d’infection respiratoire aiguë.

Il leur faudra aussi adjoindre à ces mesures les précautions contact et le port d’une protection oculaire pour s’occuper de cas probables ou confirmés d’infection par le MERS-CoV; les précautions aériennes devront être mises en œuvre lors de l’exécution d’actes générant des aérosols.

Jusqu’à ce que l’on en sache plus sur le MERS-CoV, les personnes atteintes de diabète, d’insuffisance rénale ou de maladie pulmonaire chronique ou encore les individus immunodéprimés seront considérés comme à haut risque de maladie grave en cas d’infection par le MERS-CoV.

Par conséquent, ces personnes devront éviter les contacts rapprochés avec des animaux, en particulier les chameaux, lorsqu’ils se rendent dans des fermes, sur des marchés ou dans des étables ou des écuries, où l’on sait que le virus circule potentiellement. On appliquera également des mesures générales d’hygiène comme se laver systématiquement les mains avant et après avoir touché un animal et éviter les contacts avec des animaux malades.

On observera également les règles d’hygiène alimentaire. On évitera ainsi de boire du lait de chamelle cru ou de l’urine de chameau, ou encore de consommer de la viande qui n’est pas assez cuite.

L’OMS reste vigilante et surveille la situation. Compte tenu de l’absence de preuve d’une transmission interhumaine soutenue dans la communauté, l’OMS ne recommande pas l’application de restrictions aux déplacements et au commerce en rapport avec cet événement. La sensibilisation au risque du MERS-CoV pour les voyageurs à destination et en provenance des pays affectés est une bonne pratique de santé publique.

Les autorités de santé publique dans les pays hôtes préparant des rassemblements de masse doivent veiller à ce que toutes les recommandations et orientations publiées par l’OMS sur le MERS-CoV aient été dûment prises en considération et diffusées auprès des responsables concernés.

Elles doivent planifier la mobilisation de capacités d’intervention supplémentaires pour s’assurer que les visiteurs participant aux rassemblements de masse puissent être accueillis par les systèmes de santé.