Préparation et riposte aux situations d'urgence

Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) – Qatar

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques
4 avril 2017

Le 21 mars 2017, le point focal national RSI pour le Qatar a notifié à l’OMS un cas supplémentaire d’infection par le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV).

Informations détaillées sur le cas

Un homme de 62 ans vivant à Doha (Qatar) a présenté des symptômes le 15 mars 2017. Le patient, qui a d’autres pathologies, a été vu dans un cabinet privé le 15 mars. Il a été hospitalisé le 20 mars et a donné un résultat positif à la recherche du MERS-CoV par PCR en temps réel (upE et ORF1b et N). Placé en isolement dans une chambre à pression négative, il est actuellement dans un état stable.

Le patient n’est pas sorti du Qatar au cours des 7 derniers mois et n’a pas indiqué avoir été en contact avec des chameaux ou des personnes présentant des symptômes. L’enquête est en cours pour déterminer s’il a été exposé à des facteurs de risque dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes mais elle n’a pas encore permis de déterminer l’origine de l’infection.

Jusqu’à présent, le Qatar a notifié 19 cas, confirmés en laboratoire, de syndrome respiratoire du Moyen-Orient, le dernier en date en juin 2016.

À l’échelle mondiale, depuis septembre 2012, 1936 cas d’infection par le MERS-CoV, confirmés en laboratoire, ont été notifiés à l’OMS, avec au moins 690 décès.

Action de la santé publique

Le Département de la protection de la santé et de la lutte contre les maladies transmissibles au Ministère de la Santé publique a immédiatement lancé une enquête sur le cas et des activités de recherche des contacts. Les 23 contacts et agents de santé ont donné un résultat négatif à la recherche du MERS-CoV. Tous les contacts ont été suivis jusqu’à la fin des 14 jours de la période de surveillance.

Des messages d’éducation sanitaire sur les mesures de prévention adaptées ont été transmis à tous les contacts, à qui on a conseillé d’appliquer les mesures recommandées de prévention du MERS CoV et de signaler aux autorités sanitaires toute apparition éventuelle de symptômes respiratoires.

Évaluation du risque par l’OMS

Le MERS-CoV provoque chez l’homme une infection sévère à l’origine d’une forte mortalité, et on a constaté qu’une transmission interhumaine était possible. Jusqu’à présent, les cas de transmission interhumaine sont survenus principalement dans des établissements de soins.

La notification de cas supplémentaires ne modifie pas l’évaluation générale du risque. L’OMS s’attend à ce que de nouveaux cas d’infection à MERS-CoV soient notifiés au Moyen-Orient et à ce que des personnes qui pourraient contracter l’infection après avoir été exposées à des animaux (par exemple à des dromadaires), à des produits d’origine animale ou à une source humaine (par exemple dans un établissement de soins) continuent à propager l’infection vers d’autres pays. L’OMS continue de surveiller la situation épidémiologique et de faire des évaluations du risque sur la base des informations les plus récentes.

Conseils de l’OMS

Compte tenu de la situation actuelle et des informations disponibles, l’OMS encourage tous les États Membres à poursuivre leur surveillance des infections respiratoires aiguës et à examiner avec soin toute présentation inhabituelle.

L’application des mesures de prévention et de lutte contre l’infection est essentielle pour éviter la propagation éventuelle du MERS-CoV dans les établissements de soins. Il n’est pas toujours possible d’identifier rapidement les patients porteurs de ce virus car, comme pour d’autres infections respiratoires, les premiers symptômes ne sont pas spécifiques. Les soignants devront donc toujours appliquer systématiquement les précautions standard à tous les patients, quel que soit leur diagnostic.

Ils devront compléter les précautions standard par les précautions gouttelettes lorsqu’ils dispensent des soins à des patients présentant des symptômes d’infection respiratoire aiguë. Il leur faudra aussi adjoindre à ces mesures les précautions contact et le port d’une protection oculaire pour s’occuper de cas probables ou confirmés d’infection par le MERS-CoV; les précautions aériennes devront être mises en œuvre lors de l’exécution d’actes générant des aérosols.

Jusqu’à ce que l’on en sache plus sur le MERS-CoV, les personnes atteintes de diabète, d’insuffisance rénale ou de maladie pulmonaire chronique ou encore les individus immunodéprimés seront considérés comme à haut risque de maladie grave en cas d’infection par le MERS-CoV.

Par conséquent, ces personnes devront éviter les contacts rapprochés avec des animaux, en particulier les chameaux, lorsqu’elles se rendent dans des fermes, sur des marchés ou dans des étables ou des écuries où l’on sait que le virus circule potentiellement. On appliquera également des mesures générales d’hygiène comme se laver systématiquement les mains avant et après avoir touché un animal et éviter les contacts avec des animaux malades.

On observera également les règles d’hygiène alimentaire. On évitera ainsi de boire du lait cru de chamelle ou de l’urine de chameau, ou encore de consommer de la viande qui n’est pas assez cuite.

En rapport avec cet événement, l’OMS ne conseille pas de dépistage spécial au point d’entrée et ne recommande pas non plus l’application de restrictions aux déplacements et au commerce.