Préparation et riposte aux situations d'urgence

Décès inexpliqués – Libéria

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques
5 mai 2017

Le 25 avril 2017, le Ministère de la santé du Libéria a notifié à l’OMS et aux partenaires un groupe de morts subites d’étiologie inconnue dans le comté de Sinoe. L’événement a débuté le 23 avril 2017 avec l’admission à l’hôpital d’un enfant de 11 ans présentant une diarrhée, des vomissements et un état de confusion mentale après avoir assisté aux funérailles d’un chef religieux le 22 avril 2017. L’enfant est décédé dans l’heure qui a suivi.

Au 4 mai 2017, 28 cas au total avaient été signalés avec 12 décès (taux de létalité de 43 %), dont 26 avec 10 décès dans le comté de Sinoe. Tous ont assisté à la cérémonie funéraire. Les 2 autres cas, qui ont été mortels, ont été notifiés à Monrovia, la capitale, dans le comté de Montserrado. Le premier cas de Monrovia a assisté aux funérailles dans le comté de Sinoe et a présenté une fièvre, des céphalées et des vomissements le 27 avril 2017. Il est décédé dans un hôpital de la capitale. Le 29 avril 2017, sa partenaire, qui n’a pas assisté à l’inhumation, est tombée malade et elle est décédée ce jour-là. Les enquêtes sont en cours.

Jusqu’à présent, 21 échantillons ont donné des résultats négatifs pour la maladie à virus Ebola et la fièvre de Lassa. Les échantillons provenant des sujets touchés (par exemple du sang, de l’urine, des écouvillons rectaux, etc.) et de l’environnement, y compris la nourriture, continuent d’être analysés et testés.

Action de la santé publique

L’équipe de santé du comté de Sinoe coordonne la riposte avec l’appui de l’OMS, de l’UNICEF, des CDC, d’AFENET (Africa Field Epidemiology Network) et d’autres partenaires. L’équipe d’intervention rapide et le système de gestion des incidents ont été activés pour gérer l’événement.

Les cas de Sinoe sont pris en charge à l’hôpital local de Greenville, le centre administratif du comté. L’enquête initiale a été menée par l’équipe d’intervention rapide et une recherche active des cas est en cours dans la communauté affectée et les localités voisines chez les personnes ayant assisté à la cérémonie funéraire. Dans le comté de Montserrado, 42 personnes au total ayant assisté à l’inhumation à Greenville le 22 avril 2017 sont surveillées attentivement, de même que les contacts des deux cas décédés dans le comté de Montserrado.

Le Comité national de préparation aux épidémies et de riposte, dirigé par l’Institut national de la santé publique du Libéria, a également été activé pour appuyer la riposte. Des équipes multidisciplinaires nationales sont déployées dans le comté touché pour apporter une assistance technique.

La surveillance est renforcée au moyen de l’établissement des listes des cas, de l’identification des contacts, du suivi, de la recherche active des cas et du prélèvement d’échantillons d’aliments et de boissons pour des tests toxicologiques. Une liste des personnes ayant assisté aux funérailles et de leurs contacts a été dressée et le suivi assuré.

Les analyses de laboratoire sont renforcées. Des tests de l’eau provenant des sources desservant les zones affectées ont été réalisés et les résultats préliminaires excluent une contamination bactérienne. La recherche de métaux lourds et de produits chimiques est en cours. Les autorités ont demandé à l’OMS, aux CDC et à MSF d’aider au processus d’analyse toxicologique en dehors du pays. Les échantillons sont envoyés à différents laboratoires pour des tests complémentaires.

Avec l’appui de l’UNICEF, l’engagement de la communauté est renforcé au moyen de l’information de masse du grand public, de la mobilisation des chefs locaux et de la sensibilisation des membres de la communauté. Des mesures de lutte contre l’infection sont mises en œuvre, à savoir le renforcement des règles d’hygiène des mains, les tests des points d’eau et les enterrements sans risque.

Évaluation du risque par l’OMS

À ce stade, on considère comme faible le risque général de propagation de cet événement, qui s’est concentré sur les personnes ayant assisté à la cérémonie funéraire. De plus, il y a eu une forte baisse du nombre des cas et des décès depuis le 25 avril 2017. Ces résultats évoquent une exposition à une source ponctuelle. La possibilité d’une contamination de la nourriture, des boissons ou de l’eau est activement recherchée et les tests toxicologiques en laboratoire aideront à étoffer cette hypothèse. Une étude cas-témoins pour déterminer les expositions possibles liées à cette maladie est en cours.

La mise en œuvre efficace et rapide de la riposte à cet événement résulte de l’expertise développée au Libéria à la suite de la grande épidémie de maladie à virus Ebola en 2014. Elle a permis d’identifier rapidement l’événement, de tester et d’exclure le virus Ebola comme agent causal, de trouver les contacts et de les suivre, ainsi que d’instaurer une collaboration continuelle du pays avec les partenaires pour faire les analyses des échantillons humains et environnementaux en laboratoire, afin de déterminer l’étiologie de la maladie.

Conseils de l’OMS

L’OMS recommande un suivi attentif des cas et des personnes ayant assisté à la cérémonie funéraire, ainsi que le renforcement des mesures d’hygiène et de sécurité sanitaire des aliments dans les zones affectées. De plus, l’OMS apporte son soutien aux analyses épidémiologiques et biologiques en cours pour identifier l’agent étiologique de ce groupe de cas, afin de déterminer des mesures de lutte supplémentaires à prendre.

Sur la base des informations disponibles concernant cet événement, l’OMS ne recommande aucune restriction aux voyages ou aux échanges commerciaux avec le Libéria.