Préparation et riposte aux situations d'urgence

Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) – Arabie saoudite

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques
9 octobre 2017

Entre le 31 août et le 26 septembre 2017, le point focal national RSI pour l’Arabie Saoudite a notifié 9 cas supplémentaires de syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS), dont 4 cas mortels. Quatre décès parmi des cas précédemment notifiés ont également été signalés.

Informations détaillées sur les cas

Les informations détaillées concernant les cas notifiés sont présentées dans le document ci-dessous.

L’un des 9nouveaux cas notifiés est associé à un groupe de cas de MERS précédemment signalé dans la ville de Dawmet Aljandal, dans la région d’Al Jawf (Arabie Saoudite).

À l’échelle mondiale, 2090 cas d’infection par le MERS-CoV confirmés en laboratoire, dont au moins 730 cas mortels, ont été signalés à l’OMS.

Action de santé publique

L’enquête du Ministère de la santé et du Ministère de l’agriculture (quand les dromadaires sont impliqués) d’Arabie saoudite sur l’origine de l’infection de ces cas est en cours. Le Ministère de la santé a identifié et suit les contacts des cas de MERS connus parmi les agents de santé et les membres du foyer. Conformément à la politique saoudienne, les contacts recensés ne sont pas autorisés à participer au pèlerinage (hadj).

Évaluation des risques par l’OMS

Le MERS-CoV provoque chez l’homme une infection sévère à l’origine d’une forte mortalité. Les infections humaines ont pour origine des contacts directs ou indirects rapprochés avec des dromadaires infectés. Ce virus a démontré sa capacité à se transmettre d’une personne à l’autre. Jusqu’à présent, les cas de transmission interhumaine sont survenus principalement dans des établissements de soins.

La notification de cas supplémentaires ne modifie pas l’évaluation générale des risques. L’OMS s’attend à ce que de nouveaux cas d’infection à MERS-CoV soient notifiés au Moyen-Orient et à ce que des personnes qui ont pu contracter l’infection après avoir été exposées à des animaux, à des produits d’origine animale (par exemple à la suite de contacts avec des dromadaires) ou à une source humaine (par exemple dans un établissement de soins) continuent à propager l’infection vers d’autres pays.

L’OMS continue de surveiller la situation épidémiologique et de procéder à des évaluations des risques sur la base des informations disponibles les plus récentes.

Conseils de l’OMS

Compte tenu de la situation actuelle et des informations disponibles, l’OMS encourage tous les États Membres à poursuivre leur surveillance des infections respiratoires aiguës et à examiner avec soin toute présentation inhabituelle.

L’application des mesures de prévention et de lutte contre l’infection est essentielle pour éviter la propagation éventuelle du MERS-CoV dans les établissements de santé. Il n’est pas toujours possible d’identifier rapidement les patients porteurs de ce virus car, comme pour d’autres infections respiratoires, les premiers symptômes ne sont pas spécifiques. Les agents de santé devront donc toujours appliquer systématiquement les précautions standard avec tous les patients, quel que soit leur diagnostic. Ils devront compléter ces précautions standard par les précautions contre les gouttelettes lorsqu’ils dispensent des soins à des patients présentant des symptômes d’infection respiratoire aiguë. Il leur faudra aussi adjoindre à ces mesures les précautions pour éviter le contact et le port d’une protection oculaire quand ils s’occupent de cas probables ou confirmés d’infection par le MERS-CoV ; les précautions aériennes devront être mises en œuvre lors de l’exécution d’actes générant des aérosols.

La connaissance parmi la communauté et les membres du foyer du MERS-CoV et des mesures de prévention à prendre chez soi peut réduire la transmission au sein du foyer et éviter les groupes de cas au niveau local.

Jusqu’à ce que l’on en sache plus sur le MERS-CoV, les personnes atteintes de diabète, d’insuffisance rénale ou de maladie pulmonaire chronique ou encore les individus immunodéprimés seront considérés comme particulièrement vulnérables à la forme grave de la maladie en cas d’infection par le MERS-CoV. Par conséquent, en plus d’éviter les contacts rapprochés avec des cas humains suspects ou confirmés, ces personnes devront éviter les contacts rapprochés avec des animaux, en particulier les dromadaires, lorsqu’elles se rendent dans des fermes, sur des marchés ou dans des étables ou des écuries où l’on sait que le virus circule potentiellement. On appliquera également des mesures générales d’hygiène comme se laver systématiquement les mains avant et après avoir touché un animal, et éviter les contacts avec des animaux malades.

On observera également les règles d’hygiène alimentaire. On évitera ainsi de boire du lait cru de chamelle ou de l’urine de chameau, ou encore de consommer de la viande insuffisamment cuite.

En rapport avec cet événement, l’OMS ne conseille pas de dépistage spécial aux points d’entrée et ne recommande pas non plus l’application de restrictions aux voyages et au commerce.