Préparation et riposte aux situations d'urgence

Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) – Jordanie

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques
12 octobre 2015

Le 7 octobre 2015, le point focal national RSI pour la Jordanie a notifié à l’OMS 1 cas supplémentaire d’infection par le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV).

Informations détaillées sur les cas

Un homme de 53 ans de la ville d’Amman a présenté des symptômes le 26 septembre et est allé consulter dans un hôpital où il a reçu un traitement symptomatique avant de retourner chez lui. Le 29 septembre, les symptômes s’aggravant, le patient est retourné à l’hôpital où il a été admis dans une salle en isolement. Il en est sorti le 1er octobre. Ce même jour, comme son état ne s’améliorait pas, il est allé dans un second établissement de santé où il a reçu un traitement symptomatique avant de retourner chez lui.

Le 3 octobre, son état s’aggravant, le patient est allé consulter et a été admis dans un troisième établissement de santé. Il a donné un résultat positif à la recherche du MERS-CoV le 6 octobre. Placé en unité de soins intensifs, il est actuellement dans un état stable. Il n’a pas d’autres pathologies mais il est fumeur. Il est un contact d’un cas d’infection par le MERS-CoV confirmé en laboratoire et notifié à l’OMS le 21 septembre (voir le cas N° 2 du bulletin publié le 1er octobre). Il n’a pas été exposé à d’autres facteurs de risque connus dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes. La recherche des contacts parmi les membres de la famille et parmi les personnels de santé se poursuit.

À l’échelle mondiale, 1594 cas d’infection par le MERS-CoV, confirmés en laboratoire, ont été notifiés à l’OMS, dont au moins 568 mortels.

Conseils de l’OMS

Compte tenu de la situation actuelle et des informations disponibles, l’OMS encourage tous les États Membres à poursuivre leur surveillance des infections respiratoires aiguës et à examiner avec soin toute présentation inhabituelle.

L’application des mesures de prévention et de lutte contre l’infection est essentielle pour éviter la propagation éventuelle du MERS-CoV dans les établissements de soins. Il n’est pas toujours possible d’identifier rapidement les patients porteurs de ce virus car, comme pour d’autres infections respiratoires, les premiers symptômes ne sont pas spécifiques.

Les soignants devront donc toujours appliquer systématiquement les précautions standard à tous les patients, quel que soit leur diagnostic. Ils devront compléter les précautions standard par les précautions gouttelettes lorsqu’ils dispensent des soins à des patients présentant des symptômes d’infection respiratoire aiguë.

Il leur faudra aussi adjoindre à ces mesures les précautions contact et le port d’une protection oculaire pour s’occuper de cas probables ou confirmés d’infection par le MERS-CoV; les précautions aériennes devront être mises en œuvre lors de l’exécution d’actes générant des aérosols.

Jusqu’à ce que l’on en sache plus sur le MERS-CoV, les personnes atteintes de diabète, d’insuffisance rénale ou de maladie pulmonaire chronique ou encore les individus immunodéprimés seront considérés comme à haut risque de maladie grave en cas d’infection par le MERS-CoV.

Par conséquent, ces personnes devront éviter les contacts rapprochés avec des animaux, en particulier les chameaux, lorsqu’ils se rendent dans des fermes, sur des marchés ou dans des étables ou des écuries, où l’on sait que le virus circule potentiellement. On appliquera également des mesures générales d’hygiène comme se laver systématiquement les mains avant et après avoir touché un animal et éviter les contacts avec des animaux malades.

On observera également les règles d’hygiène alimentaire. On évitera ainsi de boire du lait de chamelle cru ou de l’urine de chameau, ou encore de consommer de la viande qui n’est pas assez cuite.

L’OMS reste vigilante et surveille la situation. Compte tenu de l’absence de preuve d’une transmission interhumaine soutenue dans la communauté, l’OMS ne recommande pas l’application de restrictions aux déplacements et au commerce en rapport avec cet événement. La sensibilisation au risque du MERS-CoV pour les voyageurs à destination et en provenance des pays affectés est une bonne pratique de santé publique.

Les autorités de santé publique dans les pays hôtes préparant des rassemblements de masse doivent veiller à ce que toutes les recommandations et orientations publiées par l’OMS sur le MERS-CoV aient été dûment prises en considération et diffusées auprès des responsables concernés.

Elles doivent planifier la mobilisation de capacités d’intervention supplémentaires pour s’assurer que les visiteurs participant aux rassemblements de masse puissent être accueillis par les systèmes de santé.