Préparation et riposte aux situations d'urgence

Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) – Arabie saoudite

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques
13 juin 2017

Entre le 1er et le 10 juin 2017, le point focal national RSI pour l’Arabie saoudite a notifié 35 cas supplémentaires d’infection par le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV), dont 3 cas mortels et un décès parmi les cas notifiés précédemment (cas N° 5 du bulletin d’information sur les flambées épidémiques du 6 juin 2017).

Informations détaillées sur les cas

Les informations détaillées sur les cas notifiés sont indiquées dans un document distinct (voir lien ci-dessous).

Trente-deux des 35 nouveaux cas notifiés sont associés aux trois groupes simultanés de cas de MERS-CoV, dont deux sont liés. Une description des 3 groupes figure ci-dessous.

Groupe 1

Un groupe de cas de MERS-CoV a été identifié dans un hôpital de Riyad (région de Riyad). Vingt-trois cas sont associés à ce groupe jusqu’à présent, parmi lesquels figurent le premier cas identifié (un homme de 47 ans signalé le 1er juin), 14 contacts asymptomatiques parmi les agents de santé, un contact familial et sept contacts hospitaliers qui sont des patients.

Groupe 2

Ce groupe de cas de MERS-CoV est localisé dans un deuxième hôpital de Riyad (région de Riyad). Ce groupe est lié au groupe 1 ci-dessus. Le premier cas identifié de ce deuxième groupe s’est rendu dans le service des urgences de l’hôpital du groupe 1. Il ne présentait aucun symptôme et à la suite de sa visite dans l’hôpital 1, il a continué à bénéficier de séances de dialyse dans le deuxième hôpital. À ce jour, ce groupe comprend six cas, dont le cas inclus dans le groupe 1, et des contacts secondaires familiaux et parmi les agents de santé.

Groupe 3

Ce groupe de cas de MERS-CoV est localisé actuellement dans un troisième hôpital de Riyad (région de Riyad). À ce jour, ce groupe comprend quatre cas, dont le premier cas identifié qui a fait état de contacts avec des dromadaires, et trois cas asymptomatiques ou bénins qui sont des contacts parmi les agents de santé.

Action de la santé publique

Le Ministère de la santé d’Arabie saoudite évalue chaque cas et ses contacts et met en œuvre des mesures pour limiter toute nouvelle propagation interhumaine et parvenir à juguler ces flambées. Ces mesures sont notamment les suivantes :

  • veiller à l’isolement approprié de tous les cas confirmés;
  • rechercher activement tous les contacts des patients, parmi les agents de santé et dans la communauté;
  • identifier les contacts à haut et faible risque moyennant un suivi quotidien pour tous pendant la période d’incubation de 14 jours et effectuer des analyses en laboratoire pour les contacts à haut risque, quel que soit l’état d’avancement des symptômes;
  • mettre à jour régulièrement la liste des cas et des contacts, et réaliser une analyse épidémiologique des données pour identifier la source de l’infection, les liens entre les patients et les motifs de la transmission interhumaine dans les hôpitaux;
  • rechercher les cas présumés parmi les patients et les agents de santé sur la base de la définition de cas de la maladie;
  • veiller au strict respect des mesures appropriées de nettoyage et de désinfection de l’environnement, de nettoyage et de désinfection au départ du patient en milieu hospitalier, avec un soin particulier dans les unités où les flambées ont lieu actuellement ou ont eu lieu;
  • mettre en application le triage visuel pour les maladies respiratoires dans les services d’urgence et les unités de soins ambulatoires, et veiller à la disponibilité 24 heures sur24 et 7 jours sur 7 de personnel infirmier qualifié pour la détection précoce des patients présentant des symptômes respiratoires, et à la consignation appropriée des informations dans les formulaires de triage;
  • élargir la formation des agents de santé à la définition des cas pour la détection précoce, l’application des précautions d’isolement, la sélection appropriée, la mise en place et le retrait des équipements de protection individuelle (EPI), l’hygiène des mains et le nettoyage et la désinfection environnementales;
  • veiller à ce que tous les agents de santé aient passé le test d’utilisation des appareils de protection respiratoire N95;
  • veiller à la disponibilité de fournitures de prévention de l’infection, y compris les désinfectants pour les mains, les EPI, les désinfectants de surface, les filtres HEPA portables et les appareils de fumigation;
  • veiller à la mise en place d’une politique d’autorisation médicale préalable des voyages des agents de santé pour prévenir la propagation du virus hors des frontières.

Pour les cas qui font état de contacts avec des dromadaires, les enquêtes relatives à l’infection des dromadaires par le MERS-CoV sont menées par les fonctionnaires du Ministère de l’agriculture.

À l’échelle mondiale, 2015 cas confirmés en laboratoire d’infection par le MERS-CoV, dont 703 cas mortels, ont été signalés à l’OMS depuis 2012.

Évaluation du risque par l’OMS

Le MERS-CoV provoque chez l’homme une infection sévère à l’origine d’une forte mortalité, et on a constaté qu’une transmission interhumaine était possible. Jusqu’à présent, les cas de transmission interhumaine sont survenus principalement dans des établissements de soins.

La notification de cas supplémentaires ne modifie pas l’évaluation générale du risque. L’OMS s’attend à ce que de nouveaux cas d’infection à MERS-CoV soient notifiés au Moyen-Orient et à ce que des personnes qui ont pu contracter l’infection après avoir été exposées à des animaux, à des produits d’origine animale (par exemple à la suite de contacts avec des dromadaires), ou à une source humaine (par exemple dans un établissement de soins), continuent à propager l’infection vers d’autres pays.

L’OMS collabore étroitement avec le Ministère de la santé d’Arabie saoudite, continue de surveiller la situation épidémiologique et l’évolution du virus, et de mener des évaluations du risque sur la base des informations les plus récentes. À ce jour, rien n’indique que la transmission interhumaine est soutenue ni que le schéma épidémiologique ou les caractéristiques virales sont différentes de ce qui a été rapporté auparavant.

Conseils de l’OMS

Compte tenu de la situation actuelle et des informations disponibles, l’OMS encourage tous les États Membres à poursuivre leur surveillance des infections respiratoires aiguës et à examiner avec soin toute présentation inhabituelle.

L’application des mesures de prévention et de lutte contre l’infection est essentielle pour éviter la propagation éventuelle du MERS-CoV dans les établissements de soins. Il n’est pas toujours possible d’identifier rapidement les patients porteurs de ce virus car, comme pour d’autres infections respiratoires, les premiers symptômes ne sont pas spécifiques. Les soignants devront donc toujours appliquer systématiquement les précautions standard à tous les patients, quel que soit leur diagnostic.

Ils devront compléter les précautions standard par les précautions gouttelettes lorsqu’ils dispensent des soins à des patients présentant des symptômes d’infection respiratoire aiguë. Il leur faudra aussi adjoindre à ces mesures les précautions contact et le port d’une protection oculaire pour s’occuper de cas probables ou confirmés d’infection par le MERS-CoV; les précautions aériennes devront être mises en œuvre lors de l’exécution d’actes générant des aérosols.

Jusqu’à ce que l’on en sache plus sur le MERS-CoV, les personnes atteintes de diabète, d’insuffisance rénale ou de maladie pulmonaire chronique ou encore les individus immunodéprimés seront considérés comme à haut risque de maladie grave en cas d’infection par le MERS-CoV.

Par conséquent, ces personnes devront éviter les contacts rapprochés avec des animaux, en particulier les chameaux, lorsqu’elles se rendent dans des fermes, sur des marchés ou dans des étables ou des écuries où l’on sait que le virus circule potentiellement. On appliquera également des mesures générales d’hygiène comme se laver systématiquement les mains avant et après avoir touché un animal et éviter les contacts avec des animaux malades.

On observera également les règles d’hygiène alimentaire. On évitera ainsi de boire du lait cru de chamelle ou de l’urine de chameau, ou encore de consommer de la viande qui n’est pas assez cuite.

En rapport avec cet événement, l’OMS ne conseille pas de dépistage spécial au point d’entrée et ne recommande pas non plus l’application de restrictions aux déplacements et au commerce.