Préparation et riposte aux situations d'urgence

Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) – Arabie saoudite

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques
17 août 2017

Entre le 4 juillet et le 12 août 2017, le point focal national RSI pour l’Arabie saoudite a notifié 26 cas supplémentaires d’infection par le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS CoV), dont 6 décès, et 2 décès parmi les cas notifiés précédemment.

Informations détaillées sur les cas

Treize des 26 nouveaux cas notifiés sont associés à un groupe de cas dans un hôpital de la région d’Al-Jawf, en Arabie saoudite. Le cas initial, un individu âgé de 51 ans, a été signalé le 2 août 2017. Jusqu’à présent, la recherche des contacts a permis d’identifier 12 cas. Parmi eux figurent 8 agents de santé (tous asymptomatiques) à l’hôpital où le cas initial était traité, un contact hospitalier (un homme de 70 ans) et 3 contacts domestiques. Les agents de santé, le contact hospitalier et les contacts domestiques font actuellement l’objet d’un suivi.

À l’échelle mondiale, 2066 cas confirmés en laboratoire d’infection par le MERS-CoV, dont au moins 720 cas mortels, ont été signalés à l’OMS.

Action de la santé publique

Le Ministère de la santé de l’Arabie saoudite évalue chaque cas et ses contacts et applique des mesures pour limiter la transmission interhumaine et maîtriser les flambées épidémiques du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS). Ces mesures sont notamment les suivantes:

  • Stratifier le risque et rechercher activement les contacts parmi le personnel de santé et dans les communautés. Les contacts à haut risque (par exemple ceux qui ont été exposés sans protection à un cas ou qui réalisent des actes générant des aérosols) sont testés par PCR, qu’ils présentent ou non des symptômes. Les agents de santé sont mis en congé jusqu’à ce que des experts aient attesté qu’ils ne présentent aucune infection.
  • Envoyer des épidémiologistes hospitaliers qualifiés sur les sites dans les 24 heures suivant l’identification d’une flambée épidémique.
  • Veiller au strict respect des mesures de désinfection de l’environnement et de nettoyage des zones affectées au départ du patient.
  • Mettre en application le triage visuel pour les maladies respiratoires dans les services d’urgence et les unités de soins ambulatoires, et veiller à la disponibilité 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 de personnel infirmier qualifié pour la détection précoce des patients présentant des symptômes respiratoires, et à la consignation appropriée des informations dans les formulaires de triage.
  • Former de façon approfondie tous les agents de santé à la définition des cas pour la détection précoce, l’application des précautions d’isolement, la sélection appropriée, la mise en place et le retrait des équipements de protection individuelle (EPI), l’hygiène des mains et le nettoyage et la désinfection environnementaux.
  • Veiller à la disponibilité de fournitures de prévention de l’infection, y compris les désinfectants pour les mains, les équipements de protection individuelle, les désinfectants de surface, les filtres HEPA portables et les appareils de fumigation.
  • Veiller à ce que tous les agents de santé aient passé le test d’utilisation des appareils de protection respiratoire à efficacité élevée.
  • Appliquer la politique consistant à interdire au personnel travaillant dans un établissement touché par une flambée épidémique de voyager ou de se rendre dans des infrastructures du Hadj ou dans tout autre établissement médical tant qu’ils n’ont pas obtenu d’autorisation médicale.

Évaluation du risque par l’OMS

Le MERS-CoV provoque chez l’homme une infection sévère à l’origine d’une forte mortalité, et on a constaté qu’une transmission interhumaine était possible. Jusqu’à présent, les cas de transmission interhumaine sont survenus principalement dans des établissements de soins.

La notification de cas supplémentaires ne modifie pas l’évaluation générale du risque. L’OMS s’attend à ce que de nouveaux cas d’infection à MERS-CoV soient notifiés au Moyen-Orient et à ce que des personnes qui ont pu contracter l’infection après avoir été exposées à des animaux, à des produits d’origine animale (par exemple à la suite de contacts avec des dromadaires), ou à une source humaine (par exemple dans un établissement de soins), continuent à propager l’infection vers d’autres pays. L’OMS continue de surveiller la situation épidémiologique et de procéder à des évaluations du risque sur la base des informations disponibles les plus récentes.

Conseils de l’OMS

Compte tenu de la situation actuelle et des informations disponibles, l’OMS encourage tous les États Membres à poursuivre leur surveillance des infections respiratoires aiguës et à examiner avec soin toute présentation inhabituelle.

L’application des mesures de prévention et de lutte contre l’infection est essentielle pour éviter la propagation éventuelle du MERS-CoV dans les établissements de soins. Il n’est pas toujours possible d’identifier rapidement les patients porteurs de ce virus car, comme pour d’autres infections respiratoires, les premiers symptômes ne sont pas spécifiques. Les soignants devront donc toujours appliquer systématiquement les précautions standard à tous les patients, quel que soit leur diagnostic.

Ils devront compléter les précautions standard par les précautions gouttelettes lorsqu’ils dispensent des soins à des patients présentant des symptômes d’infection respiratoire aiguë. Il leur faudra aussi adjoindre à ces mesures les précautions contact et le port d’une protection oculaire pour s’occuper de cas probables ou confirmés d’infection par le MERS-CoV; les précautions aériennes devront être mises en œuvre lors de l’exécution d’actes générant des aérosols.

Jusqu’à ce que l’on en sache plus sur le MERS-CoV, les personnes atteintes de diabète, d’insuffisance rénale ou de maladie pulmonaire chronique ou encore les individus immunodéprimés seront considérés comme à haut risque de maladie grave en cas d’infection par le MERS-CoV. Par conséquent, ces personnes devront éviter les contacts rapprochés avec des animaux, en particulier les chameaux, lorsqu’elles se rendent dans des fermes, sur des marchés ou dans des étables ou des écuries où l’on sait que le virus circule potentiellement. On appliquera également des mesures générales d’hygiène comme se laver systématiquement les mains avant et après avoir touché un animal et éviter les contacts avec des animaux malades.

On observera également les règles d’hygiène alimentaire. On évitera ainsi de boire du lait cru de chamelle ou de l’urine de chameau, ou encore de consommer de la viande qui n’est pas assez cuite.

En rapport avec cet événement, l’OMS ne conseille pas de dépistage spécial au point d’entrée et ne recommande pas non plus l’application de restrictions aux déplacements et au commerce.