Grippe aviaire A(H5N1) affectant l’homme et les volailles au Viet Nam
13 janvier 2004
Les résultats de laboratoire dimanche ont confirmé la présence de la souche A(H5N1) du virus grippal aviaire dans les échantillons prélevés chez l’homme. Ces prélèvements ont été effectués sur deux enfants et un adulte hospitalisés pour une affection respiratoire grave à Hanoi.
Depuis la fin du mois d’octobre, les hôpitaux de Hanoi et des provinces voisines ont admis 14 personnes présentant une affection respiratoire grave. Il s’agissait de 13 enfants et d’un adulte, la mère d’un des enfants décédés. A ce jour, onze des enfants et l’adulte sont morts.
On ne sait pas si tous les cas ont été provoqués par le même agent pathogène et, actuellement, aucun élément n’atteste qu’il y ait eu une transmission interhumaine. Aucun rapport ne fait état d’une contamination des agents de santé.
La présence du virus grippal aviaire A(H5N1) dans les échantillons prélevés sur trois de ces cas a été confirmée par le Centre national de la grippe à Hong Kong, qui fait partie du réseau mondial OMS de surveillance de la grippe. Les échantillons ont aussi été envoyés à l’institut national japonais des maladies infectieuses, qui est également membre du réseau. Les résultats devraient être connus sous peu.
L’OMS apporte son soutien aux autorités sanitaires vietnamiennes pour l’enquête sur les cas et la prévention d’autres propagations à l’homme.
Normalement, les souches responsables de la grippe aviaire n’affectent que les oiseaux.
Le premier cas d’infection humaine par un virus aviaire A(H5N1) a été identifié en 1997 à Hong Kong. Dix-huit personnes ont été infectées et six en sont mortes. Les études génétiques pratiquées par la suite ont permis d’associer la flambée humaine à une épidémie chez le poulet causée par un virus aviaire très pathogène. On pense que l’abattage immédiat d’environ un million et demi de poulets à Hong Kong a permis d’éviter une épidémie de grande ampleur chez l’homme.
On a observé plus récemment chez l’homme des flambées limitées. Une flambée due au virus H5N1 à Hong Kong en février 2003 a été à l’origine de 2 cas, dont un mortel. Une flambée due au virus aviaire H7N7 aux Pays-Bas a entraîné la mort d’un vétérinaire en avril 2003 et des troubles bénins chez 83 personnes. Des cas bénins de grippe aviaire A(H9N2) se sont produits chez des enfants de Hong Kong en 1999 (deux cas) et à la mi-décembre 2003 (un cas).
Un virus aviaire très pathogène pour le poulet
La semaine dernière, on a identifié un virus de la grippe aviaire A(H5N1) fortement pathogène au cours d’une flambée épidémique dans deux provinces méridionales du Viet Nam. A ce jour, le virus, qui se propage rapidement et entraîne un taux de létalité de près de 100 % chez le poulet, a provoqué la mort de 40 000 poulets et l’abattage de 30 000 autres.
Le lien entre l’homme et les flambées de grippe aviaire A(H5N1) au Viet Nam n’est pas encore parfaitement compris. L’OMS et le Ministère vietnamien de la Santé ont entrepris des enquêtes pour déterminer l’origine des cas humains et la possibilité de contamination interhumaine. Le Ministère de l’Agriculture et du Développement rural suit également de près l’évolution de la situation.
Une flambée de grippe aviaire A(H5N1) a eu lieu en Corée du Sud en décembre 2003. Lundi, les autorités japonaises ont annoncé la mort de 6 000 poulets dans une seule ferme contaminé par la même souche virale. Ces flambées marquent l’apparition des premiers cas de grippe aviaire en Corée du Sud et des premiers cas au Japon depuis 1925.
Aucun cas humain d’infection par le virus de la grippe aviaire n’a été signalé en association avec ces deux flambées.
L’OMS considère que chaque cas de transmission d’un virus grippal aviaire à l’homme nécessite de renforcer la vigilance et la surveillance. Elle s’inquiète particulièrement de la circulation de virus aviaires très pathogènes dans de nombreuses volailles et dans un nombre croissant de pays. Les virus grippaux sont très instables. La circulation simultanée de virus animaux très pathogènes et de virus humains pourrait donner lieu à l’échange de matériel génétique entre des virus affectant des espèces différentes et aboutir ainsi à l’apparition d’un nouveau virus grippal contre lequel l’homme n’aurait que peu ou pas d’immunité protectrice.