Alerte et action au niveau mondial (GAR)

Grippe aviaire A(H5N1) - bulletin n°15

Confirmation d’un autre cas humain en Thaïlande ; la Chine soupçonne la propagation de l’épizootie ; investigation sur l’éventualité de la transmission interhumaine

2 février 2004

Confirmation d’un autre cas humain en Thaïlande

Les autorités sanitaires thaïlandaises ont annoncé aujourd’hui la confirmation en laboratoire d’un autre cas humain d’infection par le virus H5N1 de la grippe aviaire. La patiente, une femme de 58 ans, est tombée malade le 19 janvier et elle est morte le 27.

Ce dernier cas porte le total des cas humains en Thaïlande à 4, dont 3 mortels.

A ce jour, seuls la Thaïlande et le Viet Nam ont notifié des cas humains d’infection à H5N1. Ces pays connaissent des flambées épidémiques généralisées affectant leurs volailles. Ce nouveau cas en Thaïlande porte le nombre total des cas pour les deux pays à 14, dont 11 mortels.

La Chine annonce qu’elle soupçonne la propagation de l’épizootie à de nouvelles régions

Les autorités chinoises ont informé l’OMS qu’elles soupçonnent des flambées de grippe aviaire H5N1 hautement pathogène chez la volaille dans d’autres régions du pays.

Les nouvelles flambées présumées ont été décelées dans des élevages de la province orientale du Zhejiang (oies), au Sud-Ouest, dans la province du Yunan (poulets), dans la province centrale du Henan (poulets) et dans la Région autonome du Xinjian Uygar (poulets), dans le Nord-Ouest du pays.

Plusieurs autres flambées présumées ont été signalées en outre dans les provinces du Hubei (poulets et canards) et du Guangdong (oies). Des flambées avaient déjà été notifiées dans ces deux provinces.

La présence de la souche H5N1 est actuellement recherchée dans des échantillons prélevés sur des oiseaux malades et analysés en Chine.

Au total, des flambées confirmées ou présumées de grippe aviaire H5N1 hautement pathogène ont été signalées dans des élevages de volailles de 10 des 31 provinces, régions autonomes ou municipalités de Chine.

Les autres régions où l’on a annoncé la semaine dernière des flambées épidémiques dans les élevages de volailles sont les provinces du Guangxi, du Hunan, du Hubei, de Shanghai, du Guangdong et de l’Anhui. La grippe aviaire H5N1 hautement pathogène a été confirmée dans trois d’entre elles : Guangxi, Hunan et Hubei.

A ce jour, aucun cas humain d’infection à H5N1 n’a été signalé en Chine.

Investigation sur l’éventualité de la transmission interhumaine

L’OMS enquête sur un groupe de cas d’affections respiratoires dans une famille de la province de Thai Binh (Viet Nam). Ce groupe se composait d’un homme de 31 ans, de ses deux sœurs de 23 et 30 ans et de son épouse de 28 ans. L’homme et ses deux sœurs sont décédés. L’épouse est complètement guérie. Les essais en laboratoire ont confirmé ce week-end l’infection à H5N1 pour les deux sœurs. Aucun test n’a été pratiqué pour l’homme et son épouse.

Les membres de cette famille se sont réunis fin décembre pour préparer le mariage de l’homme le 3 janvier. On rapporte que l’homme et l’une de ses sœurs ont manipulé des canards pour préparer le repas du 4 janvier. Néanmoins, l’enquête n’a pas pu révéler de contact direct avec des volailles pour l’autre sœur et l’épouse.

En l’absence de preuve d’exposition directe de ces deux cas à des volailles, les épidémiologistes de l’OMS envisagent d’autres explications. On sait que les deux sœurs ont soigné leur frère avant son hospitalisation et ont pu être exposées au virus de manière rapprochée. La transmission directe entre humains après cette exposition est donc l’une des explications possibles.

Toutefois, le contact avec un oiseau infecté ou une autre source de virus dans l’environnement est une autre voie de contamination qui n’a pas été exclue. Les flambées de H5N1 sont généralisées au Viet Nam. Les oiseaux excrètent dans leurs déjections de grandes quantités de virus qui peuvent survivre quelques temps dans l’environnement.

La transmission interhumaine limitée d’un virus grippal aviaire hautement pathogène n’est pas pour autant une surprise : elle a déjà été documentée à deux occasions récentes (à Hong Kong en 1997 et aux Pays-Bas en 2003).

Les autorités locales rapportent qu’aucun autre membre de la famille et aucun invité de la noce n’a été malade. Aucune autre infection n’a été observée dans la communauté ou le mariage a eu lieu, ni parmi les agents de santé qui se sont occupés de ces cas.

L’OMS insiste sur la nécessité de continuer à enquêter sur chaque cas humain d’infection à H5N1 pour déterminer la source de contamination.

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