Alerte et action au niveau mondial (GAR)

Hépatite E au Soudan

10 août 2004

Entre le 22 mai et le 30 juillet 2004, les centres de santé de la région du Grand Darfour ont signalé au total 625 cas d’ictère aigu, dont 22 mortels. Ces cas ont repérés grâce au système d'alerte et d'intervention rapides (EWAR) établi par l’OMS en collaboration avec le Ministère de la Santé et d’autres organismes. Le virus de l’hépatite E (HEV) a été confirmé par des tests ELISA pratiqués sur 23 échantillons au laboratoire NAMRU3 au Caire (Egypte). Des cas suspects d’hépatite ont été signalés dans l’est, l’ouest et le nord du Darfour, mais la plus forte incidence à ce jour a été observée dans le camp de personnes déplacées de Morni, dans l’ouest du Darfour.

Il résulte de l’analyse préliminaire des données épidémiologiques du camp de Morni que 149 cas ont été notifiés, dont 8 mortels. Les femmes représentent 70 % de ces cas et la moyenne d’âge est de 24 ans. Sur les 8 décès signalés, 6 (75 %) ont concerné des femmes enceintes.

Le HEV se transmet en général par de l’eau contaminée par des fèces et il peut être à l’origine de flambées importantes lorsque les conditions sanitaires sont mauvaises. Les réfugiés et les personnes déplacées résidant dans des camps surpeuplés sont les plus exposés au risque. Le taux de létalité varie entre 1 et 4 % mais peut atteindre 20 % chez la femme enceinte, plus sensible aux formes les plus sévères de la maladie.

L’insuffisance et l’insalubrité de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement au Darfour pendant cette crise sont à l’origine de cette flambée. Malgré les efforts importants des organisations internationales, les ressources actuelles ne permettent pas de couvrir les besoins essentiels des personnes déplacées. Sans une amélioration immédiate de l’accès à une eau propre et sûre et de l’assainissement dans ces camps, la maladie pourra se propager rapidement et entraîner une augmentation de la mortalité.

L’UNICEF travaille avec le Ministère fédéral de la Santé, ceux des états et les organisations non gouvernementales pour améliorer l’approvisionnement en eau en qualité et en quantité. En ce qui concerne l’assainissement, les mesures prises couvrent la manipulation des aliments, l’élimination des excréta et la distribution de savon, avec l’appui du Centre logistique des Nations Unies.

Des enquêtes complémentaires sont prévues sur le terrain pour cibler les mesures de lutte prises actuellement, pour mieux comprendre l’épidémiologie et la transmission du HEV dans les camps de réfugiés et de personnes déplacées et pour définir les recommandations spécifiques à préconiser afin d’éviter à l’avenir des épidémies dans des situations similaires.

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