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Grippe aviaire : découverte du virus H5N1 chez le porc en Chine

20 août 2004

Un chercheur de l’Institut de recherche vétérinaire de Harbin (Chine) a présenté aujourd’hui les premières preuves que des porcs dans des élevages de certaines régions chinoises ont été infectés par la souche H5N1 du virus de la grippe aviaire. Ces constatations, présentées dans un tableau sans données complémentaires, ont été annoncées aujourd’hui lors d’un symposium international sur le SRAS et la grippe aviaire, organisé à Beijing.

L’OMS a demandé la confirmation et des détails complémentaires sur cette étude.

On sait que les porcs sont sensibles à la contamination par des virus grippaux aviaires. Toutefois, on n’avait encore jamais signalé d’infection par la souche H5N1 dans cette espèce animale.

Pour pouvoir évaluer les conséquences pour la santé humaine, il est important de savoir si ces infections porcines sont rares et si elles sont dues à des contacts entre les porcs et des oiseaux sauvages. Les oiseaux aquatiques, le réservoir naturel de tous les virus grippaux A, peuvent transporter la souche H5N1 sans manifester de symptômes et l’on sait qu’ils excrètent de grandes quantités de virus dans leurs excréments.

Il faut comparer la souche H5N1 isolée chez le porc avec celles qui ont circulé récemment dans les populations de volailles en Asie pour pouvoir déterminer si le virus est passé directement d’une espèce à l’autre. La mise en évidence d’une transmission directe du H5N1 des volailles à un grand nombre de porcs serait particulièrement préoccupante, car elle augmenterait les possibilités d’apparition d’un nouveau virus grippal pouvant générer une pandémie.

Les porcs ont été impliqués dans l’apparition des nouvelles souches virales responsables de deux des pandémies de grippe du vingtième siècle. Leur appareil respiratoire est doté de récepteurs qui les rendent sensibles à l’infection à la fois par les virus humains et les virus aviaires. En cas de contamination simultanée, le porc peut servir de « creuset » en facilitant l’échange de matériel génétique entre les deux types de virus, ce que l’on appelle un « réassortiment ». Le nouveau virus qui en résulterait et qui ne serait pas reconnu par le système immunitaire humain, pourrait potentiellement provoquer une pandémie s’il gardait suffisamment de gènes du virus humain pour permettre une transmission interhumaine efficace et s’il entraînait une pathologie grave.

Si elle se confirme, l’infection à H5N1 chez le porc compliquera l’épidémiologie de cette maladie, mais il faudra la mettre en perspective. Au plus fort de l’épidémie de grippe H5N1 dans les volailles du Viet Nam, en début d’année, les nombreux tests effectués n’ont pas mis en évidence de contamination des porcs présents dans les exploitations où les volailles ont été le plus atteintes. En outre, les autorités de Hong Kong font régulièrement des dépistages aléatoires du virus grippal H5 chez les porcs importés de Chine continentale sans avoir découvert à ce jour de contamination.

En collaboration avec la FAO et l’OIE, l’OMS examinera les conséquences de la découverte du virus H5N1 chez le porc, à mesure que de nouvelles informations lui parviendront.

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