Alerte et action au niveau mondial (GAR)

Grippe aviaire – situation en Thaïlande

28 septembre 2004

Deux nouveaux cas confirmés

Depuis hier, le Ministère thaïlandais de la Santé publique a confirmé deux nouveaux cas humains de grippe aviaire à H5N1. Il s’agit d’une femme de 26 ans, décédée le 20 septembre, et de sa sœur âgée de 32 ans, qui reste hospitalisée dans un état stable. Ces deux nouveaux cas portent à trois le nombre des cas confirmés en Thaïlande depuis le début de septembre. En tout, la Thaïlande a signalé 15 cas, dont 10 mortels, depuis la détection des premiers cas humains en janvier de cette année.

Investigation d’une éventuelle transmission interhumaine au sein d'une même famille

Les derniers cas font partie d’un groupe de quatre cas d’une même famille et l’on s’efforce de déterminer si la transmission a pu être interhumaine. L’investigation immédiate d'une éventuelle transmission interhumaine est toujours nécessaire pour déterminer si la transmission a été efficace et durable. Une telle situation serait inquiétante, car elle pourrait marquer le début d’une pandémie de grippe. Une transmission interhumaine limitée et inefficace peut survenir occasionnellement et elle est compatible avec ce qu’on sait déjà du comportement possible du virus H5N1 d’après des investigations épidémiologiques et au laboratoire.

Le premier cas dans le groupe familial a touché une fillette de 11 ans qui est décédée d’une pneumonie le 8 septembre. Les autorités thaïlandaises considèrent qu’il s’agissait d’un cas probable de grippe à H5N1 ; la confirmation au laboratoire n’est pas possible, car aucun échantillon provenant de ce patient n’a pu être analysé. La fillette vivait dans la province septentrionale de Kamphaeng Phet avec sa tante âgée de 32 ans dont l’infection a été confirmée. Dans ces deux cas, on sait que les intéressées ont été en contact avec des poulets morts.

La mère de la fillette âgée de 26 ans, dont l’infection a également été confirmée depuis, résidait dans la région de Bangkok, mais elle s’est rendue au chevet de sa fille hospitalisée, restant auprès d'elle jusqu’à la mort de celle ci. La mère est tombée malade à son retour à Bangkok; elle est décédée à son tour le 20 septembre. Les responsables thaïlandais ont conclu que la mère aurait pu être infectée soit par un virus provenant d’une source environnementale, soit en s’occupant de sa fille, auquel cas on est en présence d'un cas probable de transmission interhumaine.

Le groupe familial comprend aussi le fils de la tante du cas initial, âgé de 6 ans. Hospitalisé, celui ci est en voie de guérison et des échantillons sont en cours d’analyse.

La surveillance de cas supplémentaires chez les agents de santé et dans l'ensemble de la communauté a été grandement intensifiée dans la province et les hôpitaux sur tout le territoire thaïlandais ont été placés en état d’alerte renforcée devant le risque d’autres cas. Si l’examen de ce groupe familial tend à indiquer qu’une transmission interhumaine est peut-être en cause, les éléments disponibles jusqu’ici indiquent que la transmission interhumaine du virus s’est limitée aux seuls membres de la famille et qu’il n’y a pas eu de transmission à l'extérieur dans la communauté. Il convient de rester vigilant pour déterminer si la situation épidémiologique chez l’homme demeure stable.

Des prélèvements cliniques obtenus du groupe familial ont immédiatement aussi été soumis à un laboratoire du réseau mondial de l'OMS pour la surveillance de la grippe. Le virus isolé dans ces échantillons fera l’objet d’une analyse génétique et antigénique pour déterminer s’il a évolué et, plus précisément, s’il a acquis des gènes de nature à favoriser la transmission interhumaine.

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