Fièvre hémorragique de Marburg en Angola – bulletin No 8
7 avril 2005
Au 6 avril, 200 cas de fièvre hémorragique de Marburg ont été notifiés en Angola, dont 173 mortels. Un premier cas a été signalé dans la province de Kuanza Sul, ce qui porte à six le nombre des provinces touchées – toutes situées au nord-ouest du pays.
Appui international au diagnostic et aux analyses en laboratoire
Le virus de Marburg a été classé comme un agent pathogène extrêmement dangereux à ne manipuler que dans des laboratoires spécialisés de confinement renforcé. L’OMS a mis sur pied un réseau international de laboratoires spécialisés pour le diagnostic de la fièvre hémorragique de Marburg et d’autres fièvres hémorragiques virales. Dans le cadre de ce réseau, des laboratoires en Afrique du Sud, en Allemagne, au Canada et aux Etats-Unis d’Amérique apportent un appui diagnostique concernant la flambée angolaise. Tous ces laboratoires ont déjà travaillé sur le virus de Marburg.
Les chercheurs de ces laboratoires échangent les résultats de tests ainsi que les informations sur les techniques de laboratoire dans le cadre d’un réseau virtuel et à l’occasion de téléconférences hebdomadaires. Pour pouvoir suivre la flambée de près, des membres du réseau sont aussi en train de standardiser les méthodes applicables à la collecte d’échantillons, aux tests et à l'interprétation des résultats. Les différents tests diagnostiques concernant la fièvre hémorragique de Marburg font appel à une interprétation technique délicate, les résultats pouvant varier en fonction de la phase de la maladie, de la façon dont les échantillons ont été prélevés et du type de test utilisé.
En Angola, un laboratoire mobile de terrain est déjà opérationnel à Uige et un deuxième devrait l’être bientôt à Luanda. Les laboratoires de terrain permettent d’obtenir des résultats rapides et suffisamment fiables pouvant être utilisés pendant une flambée, lorsqu’il faut prendre rapidement des décisions sur la prise en charge appropriée des cas et la recherche des contacts. Le réseau de laboratoires apporte pour sa part un appui supplémentaire dans les situations où il est important de disposer de résultats de tests diagnostiques d’une précision exceptionnelle qui conditionnent les mesures de lutte. Ces situations concernent notamment l’exportation possible d’un cas vers un autre pays ainsi qu'un cas suspect touchant un sujet qui aurait pu exposer beaucoup d’autres personnes à un risque inhabituellement élevé.
Des études complexes en laboratoire sur le virus pourraient contribuer à préciser certaines caractéristiques inhabituelles de la flambée, notamment le taux de létalité élevé et la concentration très forte des cas initiaux chez des enfants de moins de cinq ans. A cet égard, il pourrait être utile de comparer le virus aux souches observées lors de précédentes flambées.
Un objectif à plus long terme, qu'on n'a pas réussi à atteindre jusqu'ici, consiste à déterminer où le virus de Marburg se dissimule dans la nature entre deux flambées. Les études portant sur les virus angolais pourront peut-être apporter des indices à cet égard. Avant la présente flambée, l’Angola n’était pas considéré comme appartenant à la zone géographiquement « chaude » exposée aux flambées et cas sporadiques de cette maladie rare que l’on situait plutôt en Afrique centrale et orientale.
Les laboratoires ci-après font partie du réseau virtuel de Marburg :
- Laboratoire national canadien de microbiologie, Winnipeg (Canada) et laboratoire de terrain, Uige (Angola)
- Centers for Disease Control and Prevention: Special Pathogen Branch, Atlanta (Etats-Unis d’Amérique) et laboratoire de terrain, Luanda (Angola)
- Bernhard-Nocht-Institut für Tropenmedizin, Hamburg (Allemagne)
- Institut für Virologie, Marburg (Allemagne)
- National Institute for Communicable Diseases of the National Health Laboratory, Special Pathogens Unit, Sandringham, Afrique du Sud