Fièvre hémorragique de Marburg en Angola - bulletin n°10
11 avril 2005
Au 9 avril, 214 cas de fièvre hémorragique de Marburg, dont 194 mortels, avaient été notifiés en Angola. La province d'Uige, où l'on dénombre près de 90 % des cas et des décès, continue d'être à l'épicentre de la flambée.
A Uige, les équipes de surveillance mobiles ont repris samedi leurs opérations après des campagnes soutenues d'information pour améliorer la compréhension de la maladie par le grand public. Ces campagnes ont reçu le soutien du gouverneur de la province et de responsables du Ministère de la Santé qui se sont rendus en personne dans les communautés touchées. Les autorités religieuses apportent aussi leur concours à cette sensibilisation du public.
On peut déjà observer des progrès. Les habitants donnent davantage l'alerte sur les cas et les décès suspects. Les équipes à Uige suivent plus de 360 contacts, mais il faudra encore progresser pour détecter les cas plus tôt, les isoler, leur fournir un traitement symptomatique, trouver et prendre en charge les contacts.
L'OMS s'inquiète du fait que des décès continuent de se produire dans les communautés. Le risque de transmission augmente en effet beaucoup quand les patients sont soignés par des membres de leur famille ne disposant pas d'un équipement de protection individuel convenable. Le personnel du grand hôpital provincial d'Uige doit également être formé et recevoir du matériel adéquat pour se protéger et mettre les patients à l'abri des risques allant de pair avec les actes chirurgicaux et le travail du laboratoire effectués quotidiennement.
Médecins sans Frontières a installé dans cet établissement un service pour isoler et soigner les patients atteints de fièvre hémorragique de Marburg. Le risque qu'une personne infectée par ce virus puisse être hospitalisée sur la présomption d'une autre maladie et qu'elle fasse alors des analyses et soit traitée sans prendre suffisamment de précautions est source d'inquiétude.
L'expérience qu'a l'OMS des fièvres hémorragiques virales, notamment avec le virus Ebola, étroitement apparenté, souligne l'importance de supprimer rapidement toute possibilité d'amplification de la transmission dans le cadre des services de soins.