Alerte et action au niveau mondial (GAR)

Saturnisme au Sénégal

Suite à un groupe de décès inexpliqués survenus chez des enfants du quartier NGagne Diaw de Thiaroye sur Mer, Dakar (Sénégal), une enquête effectuée par les autorités sanitaires et environnementales a révélé que cette zone était contaminée par du plomb provenant du recyclage sur le marché parallèle de batteries au plomb. En outre, on s’est aperçu que les mères et les frères et soeurs des enfants décédés avaient des concentrations sanguines de plomb extrêmement élevées, supérieures à 1000 µg/l dans bien des cas (chez l’enfant, une concentration supérieure à 100 µg/l peut altérer le développement neurologique et on estime que 700 µg/l justifient des mesures immédiates).

A la suite d’une demande officielle du Sénégal, l’OMS a déployé une équipe internationale composée de trois spécialistes des disciplines suivantes : toxicologie clinique, hygiène du milieu et chimie analytique. Cette équipe a procédé aux examens cliniques et autres investigations environnementales voulues à NGagne Diaw. Les examens cliniques ont confirmé la persistance d’une plombémie élevée dans le groupe sur lequel l’enquête a porté à l’origine, ainsi que dans un groupe d’adultes et d’enfants choisis au hasard et qui n’étaient pas impliqués dans le recyclage du plomb. De nombreux enfants montrent des signes de lésions neurologiques. Les études environnementales ont révélé des concentrations extrêmement élevées de plomb aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur des habitations. La cartographie de ces dernières délimite une zone habitée par près de 950 personnes, qui sont continuellement exposées du fait de l’ingestion et de l’inhalation de poussières contaminées par du plomb.

L’OMS a avisé les autorités sénégalaises de la nécessité de prendre de toute urgence des mesures pour mettre fin à l’exposition au plomb de la population touchée et administrer des agents chélateurs et autres traitements aux enfants présentant une plombémie élevée. Le traitement par des agents chélateurs chez des enfants qui restent exposés au plomb est inefficace et peut même exacerber la toxicité. Il existe des plans qui prévoient d’hospitaliser les sujets les plus touchés, mais il faut qu’ensuite ils puissent retourner dans un environnement exempt de plomb. L’OMS a fourni des agents chélateurs et le toxicologue clinicien a commencé à former le personnel médical local. Une enquête systématique approfondie dans la population de NGagne Diaw est nécessaire, de même que l’administration d’un traitement approprié. La décontamination soigneuse de toute la zone de NGagne Diaw touchée, y compris à l’intérieur des habitations, figure au premier rang des priorités.

Pour bien gérer cette urgence environnementale et sanitaire publique les autorités sénégalaises vont très rapidement avoir besoin d’une assistance technique et financière de la communauté internationale. L’OMS informe dès à présent ses partenaires des Nations Unies et autres de la situation, de façon à faciliter la fourniture des ressources nécessaires.

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