Alerte et action au niveau mondial (GAR)

Choléra en Iraq

Le 20 août 2008, le choléra a été confirmé en laboratoire pour des cas de diarrhée aqueuse aiguë à Bagdad et dans la province de Missan. Ce sont les premiers cas de choléra détectés en Iraq en 2008. Au 28 août, sept cas avaient été confirmés en laboratoire et l’on comptait 174 cas suspects, donnant un total de cas notifiés de 181 (128 à Missan et 53 à Bagdad). Dans la première semaine de septembre, la flambée s’est étendue à la province de Babil, au sud du Bagdad, où l’on a désormais identifié 116 cas suspects. La présence de Vibrio cholerae, le bacille à l’origine de la maladie, a été confirmée pour 21 de ces cas. Il y a eu à ce jour 10 décès, dont trois ont donné un test positif pour Vibrio cholerae.

La réapparition du cholera cette année n’est pas inattendue : en septembre 2007, l’Iraq avait connu une flambée importante (4696 cas, dont 24 mortels). Elle avait touché principalement le nord du pays mais des cas sporadiques avaient été aussi détectés dans d’autres provinces.

Les autorités iraquiennes ont mobilisé une action multisectorielle contre cette flambée. Les mesures spécifiques de lutte ont été renforcées et des mesures préventives ont été mises en place pour empêcher la propagation à des zones encore indemnes. Se basant sur l’expérience de l’année précédente, le Ministère de la Santé a mis en place, avec l’OMS, un système de surveillance efficace capable de repérer les tous premiers cas de choléra et permettant d’agir en temps utile et d’endiguer la flambée.

Toutefois, la qualité de l’eau et de l’assainissement reste en général très mauvaise, ce qui est un facteur bien connu pour faciliter la contamination cholérique. L’expérience a montré que la prévention de cette maladie sur le long terme dépend de l’accès à de l’eau salubre et à un assainissement adéquat pour éviter les expositions et interrompre la transmission. L’amélioration des infrastructures pour l’eau et l’assainissement est donc l’objectif à long terme de l’OMS et de ses partenaires en Iraq mais, au moment des flambées, il est essentiel de prendre des mesures immédiates, comme le traitement de l’eau dans les ménages, l’éducation sanitaire ou la prise en charge correcte des cas. À cette fin, les autorités du pays fournissent des comprimés de chlore aux familles et intensifient les actions de mobilisation sociale. Suite à la demande du Ministère de la Santé, l’OMS fournit une assistance technique, notamment dans le domaine des tests de laboratoire. Une mission conjointe du Ministère et de l’OMS va bientôt se déployer.

L’OMS ne recommande aucune restriction aux voyages ou au commerce à destination on en provenance des zones touchées pour endiguer la flambée. Les pays voisins sont néanmoins invités à renforcer leur surveillance et leur préparation.

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