Alerte et action au niveau mondial (GAR)

Poliomyélite au Nigéria et en Afrique de l’Ouest

De 2003 à 2007, des poliovirus de type 1 provenant du nord du Nigéria se sont disséminés et ont provoqué des flambées dans 20 pays jusque-là exempts de cette maladie dans toute l’Afrique de l’Ouest, dans la corne de l’Afrique et jusqu’au Yémen et en Indonésie. Les flambées dans ces 20 pays ont abouti à la survenue de 1 517 cas, pour un coût atteignant les 500 millions de dollars américains pour le financement international des interventions d’urgence.

En 2008, le nord du Nigéria a connu une flambée d’infections à poliovirus sauvage de type 1 qui s’est propagée aux pays voisins en Afrique de l’Ouest. Depuis avril 2008, des cas dus à des poliovirus de type 1 génétiquement apparentés à ceux du nord du Nigéria ont été détectés au Bénin, au Burkina Faso, au Ghana, au Niger, au Mali et au Togo. En 2008, on a recensé au Nigéria 80 % des cas d’infections à poliovirus de type 1 dans le monde. En plus de la propagation internationale de la poliomyélite de type 1, des poliovirus sauvages de type 3 provenant du Nigéria ont aussi été signalés au Tchad et au Niger.

Le risque de nouvelles importations dans ces pays d’Afrique de l’Ouest dépend totalement de la qualité des interventions menées au Nigéria et dans les pays réinfectés.

Au second semestre de 2008, en juillet et en août, le Nigéria a procédé à des campagnes à grande échelle de vaccination d’urgence contre la poliomyélite dans les états du nord, puis de nouveau en novembre, quand le vaccin antipoliomyélitique buccal (VPO) a été associé à une campagne de vaccination intégrée contre la rougeole. De nouvelles campagnes nationales sont prévues fin janvier et en février.

Pour réduire au maximum le risque de nouvelle propagation de la poliomyélite à partir du Ghana, en particulier vers la Côte d’Ivoire, le Ghana a procédé à des campagnes de vaccination antipoliomyélitique à grande échelle en octobre, novembre et décembre. On examine actuellement la possibilité de faire des campagnes préventives en Côte d’Ivoire. Ailleurs en Afrique de l’Ouest, des campagnes de vaccination à grande échelle ont été menées ou sont prévues au Bénin, au Burkina Faso, au Mali, au Niger et au Togo.

Compte tenu des risques, il est important que tous les pays d’Afrique de l’Ouest renforcent la surveillance épidémiologique de la paralysie flasque aiguë (PFA), afin de détecter promptement toute importation de virus et de faciliter une action rapide. Ils doivent également continuer d’améliorer la couverture par la vaccination systématique afin de réduire au maximum les conséquences d’éventuelles introductions du virus.

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