Alerte et action au niveau mondial (GAR)

Choléra au Zimbabwe – bulletin n°2

Au 18 février 2009 et depuis août 2008, le Ministère de la Santé et de la Protection de l’Enfance du Zimbabwe avait notifié au total 79 613 cas suspects, dont 3 731 mortels (taux de létalité de 4,7 %). Les 10 provinces du pays sont touchées. Le nombre des cas et des décès notifiés au cours de la semaine dernière témoigne d’une diminution par rapport à la semaine précédente, mais il faut interpréter ces données avec prudence, les chiffres étant révisés à mesure que les informations parviennent.

Le taux hebdomadaire moyen de létalité a baissé régulièrement depuis le début du mois de janvier, mais il était encore de 3,1 % la semaine dernière, bien au-dessus du niveau attendu de 1 %. Environ la moitié des décès continuent d’être recensés dans les communautés, en dehors des établissements de santé.

On signale que quelque 365 centres et unités de traitement du choléra (CTC et UTC) sont actifs dans toutes les provinces et que le taux de létalité qu’ils notifient est passé de 4 % fin décembre à un chiffre situé entre 1 et 2 % les trois dernières semaines.

On signale aussi un grand nombre de cas dans les pays voisins, notamment en Afrique du Sud, où la solidité relative du système de santé a permis de maintenir le taux de létalité en dessous de 1 %. Les autres pays ayant notifié le choléra sont le Malawi, le Mozambique et la Zambie, mais on notera qu’il y est endémique.

En collaboration avec le Ministère de la Santé et des partenaires de la santé, de l’eau et de l’assainissement, l’OMS a mis en place à Harare, la capitale, un Centre de commande et de lutte contre le choléra. Le rôle de ce Centre est d’assurer la coordination technique des partenaires dans les domaines de la surveillance épidémiologique et au laboratoire, de la prise en charge des cas, de la mobilisation sociale, de la logistique, de la lutte anti-infectieuse et de l’eau et de l’assainissement dans les centres de traitement. Un système d’alerte et d’action a été instauré avec les partenaires et le Ministère de la Santé pour assurer la notification quotidienne des cas et des décès. Ce système émet également des alertes immédiates lorsque de nouvelles flambées se produisent. Des séances de formation sur tous les aspects de la lutte anticholérique sont organisées à l’intention des personnels des partenaires et du Ministère de la Santé aux niveaux central et provincial.

Le bureau de l’OMS à Harare, l’équipe d’appui inter-pays dans la sous-région, le Bureau régional OMS de l’Afrique et le Siège ont déployé des experts de l’Organisation en matière de santé publique, d’eau et d’assainissement, de logistique et de mobilisation sociale dans les zones d’épidémies. Des institutions du Réseau mondial OMS d'alerte et d’action en cas d'épidémie (le Burnet Institute en Australie ; la London School of Hygiene and Tropical Medicine et l’Agence de Protection de la Santé au Royaume-Uni ; l’International Centre for Diarrhoeal Disease Research au Bangladesh ; les US Centers for Disease Control and Prevention et le Conseil national de la Santé et des Affaires sociales en Suède) ont déployé eux aussi des experts au Zimbabwe pour soutenir l’OMS dans son action. Celle-ci fournit des kits de soins des maladies diarrhéiques, des kits d’urgence et d’autres médicaments.

Compte tenu de la dynamique de l’épidémie, de la déliquescence des infrastructures d’eau et d’assainissement et de la faiblesse du système de santé, l’application pratique des mesures de lutte reste un défi. Les priorités consistent désormais à décentraliser les interventions vers la périphérie, notamment dans les zones où aucune organisation non gouvernementale n’est active, et à renforcer la mobilisation sociale dans les communautés pour améliorer l’accès aux services de santé et instaurer plus rapidement les traitements. Les activités seront également axées sur la mobilisation des ressources et un plus grand engagement des partenaires sur le terrain.

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