Alerte et action au niveau mondial (GAR)

Méningococcie : situation dans la ceinture de la méningite en Afrique

Au cours des onze premières semaines de 2009 (du 1er janvier au 15 mars), les pays de la ceinture de la méningite ont notifié à l’OMS un total de 24 868 cas suspects, dont 1 513 mortels (1). Plus de 85 % de ces cas se sont produits dans un seul foyer épidémique englobant le nord du Nigéria et le Niger (voir ci-dessous) et ils se caractérisent par une prédominance du sérogroupe A de Neisseria meningitidis (Nm).

Niger

Le Ministère de la Santé du Niger a notifié 4 513 cas suspects, dont 169 mortels (taux de létalité de 3,7 %) entre le 1er janvier et le 15 mars 2009. Jusqu’à présent, 20 des 42 districts du Niger ont dépassé le seuil d’alerte ou le seuil épidémique. Rien que la semaine dernière, 1 071 cas suspects, dont 30 mortels (taux de létalité de 2,8 %) ont été signalés, avec 10 districts dépassant le seuil épidémique et 10 le seuil d’alerte.

Des échantillons de liquide céphalorachidien analysés par PCR ou culture ont confirmé la grande prédominance du sérogroupe A de Neisseria meningitidis.

Nigeria

Du 1er janvier au 15 mars 2009, le Ministère de la Santé du Nigéria a notifié 17 462 cas suspects, dont 960 mortels (taux de létalité de 5,5 %). Pour la semaine dernière seulement, 4 164 cas suspects, dont 171 mortels, ont été notifiés, 66 zones de gouvernement local (LGA : Local Government Areas) ont dépassé le seuil épidémique et 30 autres ont dépassé le seuil d’alerte. Les cas se sont produit dans 16 états du Nord, les états du Nord-Est (Bauchi, Gombe et Yobe) étant les plus touchés au cours de la dernière semaine de cette période. Comme dans les semaines précédentes, les états de Katsina et Jigawa sont également très affectés.

Des échantillons de liquide céphalorachidien ont donné des résultats positifs pour le sérogroupe A de Neisseria meningitidis au test au latex et/ou à la culture. Le Ministère fédéral de la Santé a mis en place une campagne de vaccination de masse, avec l’appui de Médecins sans Frontières, de l’UNICEF et de l’OMS. Bien que la stratégie vaccinale varie d’un état à l’autre, l’OMS a fait des recommandations pour une standardisation de cette stratégie et un usage rationnel des vaccins.

Appui de l’OMS

L’OMS soutient le Ministère fédéral de la Santé du Nigéria pour renforcer la surveillance de la maladie, le diagnostic dans les laboratoires, la prise en charge des cas et la détermination de stratégies vaccinales adaptées. Des experts techniques de l’OMS prêtent main forte au Ministère depuis la mi-février 2009.

Le Groupe international de coordination pour l’approvisionnement en vaccin antiméningococcique (GIC) a distribué 2,3 millions de doses de vaccin polyosidique pour le Nigéria et 1,9 millions de doses pour le Niger. (Les partenaires du GIC sont l’OMS, la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance et Médecins sans Frontières). Les réserves du GIC en vaccins pour cette saison épidémique avaient été fixées à 12,97 millions de doses. La réserve d’urgence a été constituée avec l’appui de l’Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination (GAVI) et l’Office humanitaire de la Communauté européenne (ECHO)

(1) Données pour la semaine 11 au Burkina Faso, au Niger et au Nigéria seulement. D’autres pays cependant signalent moins de 50 cas par semaine jusqu’à présent.

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