Alerte et action au niveau mondial (GAR)

Fièvre jaune en République centrafricaine

Le 14 novembre 2009, le Ministère de la Santé de la République centrafricaine a notifié quatre cas suspects de fièvre jaune, dont trois mortels. Ces cas ont été détectés par le biais de la surveillance habituelle de cette maladie dans la sous-préfecture de Yaloké-Bossembelle (préfecture d’Ombella Mpoko) et dans la sous-préfecture de Bagamongone (préfecture de la Lobaye).

Le cas indicateur a été notifié dans la sous-préfecture de Yaloké-Bossembelle. C’était un homme de 18 ans, éleveur de bétail. Le 6 septembre, il s’est présenté avec de la fièvre, des céphalées, un ictère et des signes hémorragiques. Il a été hospitalisé dans le centre de santé de Yaloké où il est décédé le 14 septembre. Les jours suivants, deux nouveaux cas ont été signalés avec le même tableau clinique sévère et les deux sont morts. À Bagamongone, petite ville à 20 km de Yaloké, un autre cas a été notifié au cours de la même période. Trois cas ont donné des résultats positifs à la recherche d’IgM antiamariles au Laboratoire national de l’Institut Pasteur à Bangui. Le laboratoire de référence régional, à l’Institut Pasteur de Dakar (Sénégal), a lui aussi confirmé la présence d’anticorps antiamarils spécifiques par des tests de neutralisation et, par là même, que les patients étaient bien des cas de fièvre jaune.

Les tests spécifiques ont exclu la possibilité d’autres fièvres hémorragiques. Au cours des investigations sur la flambée menées par le Ministère de la Santé, des échantillons de sérum ont été prélevés sur 80 sujets en contact avec les cas. Tous ces échantillons ont été envoyés à l’Institut Pasteur de Bangui pour analyse et ont donné des résultats négatifs à la recherche d’IgM par ELISA. Les études entomologiques ont révélé une présence limitée de moustiques vecteurs de la fièvre jaune sylvatique.

Ces cas font suite à deux flambées de fièvre jaune dans les préfectures de Basse Kotto et d’Ombella Mpoko en 2009. En 2008, quatre événements notifiés ont entraîné l’organisation de campagnes de vaccination de masse. Des cas se sont produits dans les sous-préfectures de Bozoum en avril 2008, Boda en août 2008, Bimbo et Briac en octobre 2008. Un groupe d’experts du Partenariat contre la fièvre jaune a procédé en 2009 à une évaluation de la circulation du virus amaril dans la population humaine, chez les primates et les vecteurs. Les analyses de laboratoire pour cette étude sont en cours.

Une campagne de vaccination antiamarile d’urgence est prévue pour une population de 327 877 habitants dans les régions affectées début décembre 2009. Les vaccins ont été fournis à partir de la réserve mondiale d’urgence gérée par le Groupe international de coordination (GIC) pour l’approvisionnement en vaccin antiamaril et financée par l’Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination (GAVI). La République centrafricaine ne fait pas partie du groupe des 12 pays africains d’endémie dans lesquels des campagnes de vaccination préventive ont lieu depuis 2007. Néanmoins, compte tenu des événements survenus depuis 2008, on considère désormais que la République centrafricaine est exposée à un risque élevé de connaître d’autres flambées.

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