Alerte et action au niveau mondial (GAR)

Choléra en Afrique centrale

La vague actuelle de choléra sévissant en Afrique centrale a commencé il y a quelques mois. Au 3 octobre, quatre pays (Cameroun, Niger, Nigéria et Tchad) avaient notifié 40 468 cas et 1879 décès. Certains facteurs saisonniers, comme la saison des pluies avec des inondations, ainsi que de mauvaises conditions d’hygiène et les déplacements de populations dans la région, contribuent à cette incidence inhabituellement élevée. Toutefois, on sait que le choléra est endémique dans cette région où l’on observe régulièrement de petites flambées.

Avec ses partenaires internationaux et nationaux pour la santé, l’OMS apporte une assistance technique aux ministères de la santé dans les pays et au niveau sous-régional. Elle travaille au renforcement des activités de surveillance. Des fournitures pour la prise en charge des cas et la chloration de l’eau ont également été envoyées dans certaines des zones touchées. Les ministères de la santé des quatre pays affectés prévoient de se rencontrer dans le cadre d’une réunion à Abuja pour renforcer la surveillance et revoir les plans de préparation et d’action contre les épidémies de choléra dans les localités autour du lac Tchad.

Ventilation par pays :

Cameroun:

Dans six régions (Centre, Extrême Nord, Littoral, Nord, Ouest, Sud Ouest), 7 869 cas, dont 515 mortels (taux de létalité de 6,5 %) ont été notifiés entre le 6 mai et le 3 octobre. La région de l’Extrême Nord a signalé la majorité des cas (97 %). Des mesures de prévention et de lutte sont en cours d’application. Avec l’appui de l’OMS, chef de file des acteurs de la santé, et en étroite collaboration avec d’autres partenaires de la santé, de l’eau et de l’assainissement, le Ministère de la Santé a mis en place un centre de commande et de lutte contre le choléra à Maroua, dans la région de l’Extrême Nord. Ce centre a pour rôle d’assurer la coordination technique entre les partenaires dans les domaines de l’épidémiologie, de la surveillance par les laboratoires, de la prise en charge des cas, de la mobilisation sociale, de la logistique et, dans les centres de traitement, de la lutte contre les infections, de l’eau et de l’assainissement. Le système devrait également émettre des alertes immédiates en cas de nouvelles flambées.

Tchad :

Du 13 juillet au 3 octobre, 2508 cas, dont 111 mortels (taux de létalité de 4,4 %), ont été notifiés dans 12 districts sanitaires de 6 régions. Avec l’appui de plusieurs partenaires (Médecins Sans Frontières (MSF), la Croix-Rouge nationale, Oxfam, le Comité international de secours (IRC), l’International Medical Corps (IMC), l’UNICEF et l’OMS), les autorités nationales mettent en place des mesures de prévention et de lutte.

Niger :

Les régions de Diffa, Maradi, Tahoua et Zinder ont notifié 976 cas, dont 62 mortels (taux de létalité de 6,4 %), entre le 3 juillet et le 1er octobre. Des mesures de prévention et de lutte sont en cours.

Nigéria :

Du 4 janvier au 3 octobre, 29 115 cas, dont 1191 mortels (taux de létalité de 4,1 %), ont été notifiés dans 144 zones d’administration locale de 15 États, dont le Territoire de la capitale fédérale. L’épidémie se poursuit et se propage à de nouvelles zones géographiques. Le Nigéria a connu des inondations sévères et de nombreux déplacements de populations qui ont aggravé la situation.

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