Alerte et action au niveau mondial (GAR)

Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) – mise à jour

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques

Les 17 avril 2014, les Ministères de la Santé de Malaisie et des Émirats arabes unis (EAU) ont notifié cinq nouveaux cas confirmés en laboratoire d’infection par le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV).

Informations détaillées communiquées à l’OMS par le Ministère de la Santé de Malaisie le 17 avril 2014:

  • Le patient est un homme de 54 ans présentant des pathologies préexistantes. Il s’est rendu à Jeddah, en Arabie saoudite, avec un groupe de 18 pélerins du 15 au 28 mars 2014 et est tombé malade le 4 avril. Il a consulté dans un établissement privé à Johor, en Malaisie, le 7 avril et a été hospitalisé le 9 avril. Le patient est décédé le 13 avril. Il s’était rendu dans un élevage de chameaux le 26 mars et y avait consommé du lait de chamelle.

Il s’agit du premier cas d’infection par le MERS-CoV dans le pays. Le Ministère de la Santé a indiqué que l’on n’avait pas observé jusqu’ici de transmission interhumaine parmi les contacts rapprochés ni dans les établissements de santé malais.

Informations détaillées communiquées à l’OMS par le Ministère de la Santé des EAU le 17 avril 2014:

Un groupe de quatre agents de santé a été identifié lors de la recherche des contacts d’un cas précédemment confirmé en laboratoire à Abu Dhabi, décédé le 10 avril 2014.

  • Un homme de 44 ans d’Abu Dhabi a été dépisté le 13 avril. Il n’était pas malade et ne présentait pas de pathologies préexistantes connues.
  • Un homme de 30 ans d’Abu Dhabi a été dépisté le 13 avril. Il n’était pas malade et ne présentait pas de pathologies préexistantes connues.
  • Un Philippin de 30 ans résidant à Abu Dhabi a été dépisté le 13 avril. Il n’était pas malade et ne présentait pas de pathologies préexistantes connues.
  • Un homme de 28 ans d’Abu Dhabi tombé malade le 14 avril 2014. Il ne présentait pas de pathologies préexistantes connues.

Tous les cas décrits ci-dessus ont été exposés à un cas précédemment confirmé en laboratoire. Ils n’ont pas d’antécédents de voyage récent ni de contact avec des animaux. Trois sujets sont en isolement à l’hôpital et leur état est stable. Une personne est rentrée dans son pays d’origine alors qu’on lui avait recommandé de ne pas le faire avant l’arrivée des résultats du laboratoire. La détection des autres contacts parmi le personnel de santé et les membres de la famille se poursuit.

À l’échelle mondiale, de septembre 2012 à ce jour, l’OMS a été informée au total de 243 cas confirmés en laboratoire d’infection par le MERS CoV, dont 93 mortels.

Conseils de l’OMS

Compte tenu de la situation actuelle et des informations disponibles, l’OMS invite tous les États Membres à poursuivre leur surveillance des infections respiratoires aiguës sévères (IRAS) et à examiner avec soin toute présentation inhabituelle.

Les mesures de prévention et de lutte contre les infections sont indispensables pour éviter la propagation du MERS-CoV dans les établissements de soins. Les établissements soignant des patients chez lesquels une infection à MERS-CoV est suspectée ou confirmée devront prendre des mesures appropriées pour réduire le risque de transmission du virus à d’autres patients, au personnel médical ou aux visiteurs. Une éducation et une formation à la prévention et à la lutte contre les infections devront être dispensées à tous les soignants et faire l’objet de rappels réguliers.

L’identification précoce du MERS-CoV n’est pas toujours possible, la maladie prenant parfois une forme bénigne ou atypique. Il est donc important de garantir l’application systématique des précautions standard pour tous les patients, quel que soit le diagnostic, et toutes les pratiques de travail.

Il faudra compléter ces mesures par les précautions gouttelettes lors des soins prodigués à tous les malades présentant des symptômes d’infection respiratoire aiguë, et par les précautions contact et une protection oculaire lorsqu’on s’occupe d’un cas probable ou confirmé d’infection à MERS-CoV. Les précautions aériennes sont indiquées lorsqu’on met en œuvre des procédures générant des aérosols.

Lorsque les indices cliniques et épidémiologiques sont fortement évocateurs d’une infection à MERS-CoV, le patient devra être pris en charge comme s’il était potentiellement infecté, même si un premier test sur un écouvillon nasopharyngé s’avère négatif. Dans le cas où ce test initial est négatif, il convient de le répéter sur des échantillons prélevés au niveau des voies respiratoires inférieures.

Il est conseillé au personnel soignant de rester vigilant. En application des recommandations actuelles de surveillance, on soumettra à un dépistage du MERS-CoV les voyageurs récemment revenus du Moyen-Orient et chez lesquels se développe une IRAS.

Il est aussi rappelé à tous les États Membres qu’ils doivent rapidement évaluer et notifier à l’OMS tout nouveau cas d’infection à MERS-CoV, en communiquant également les informations relatives aux expositions pouvant avoir entraîné l’infection ainsi qu’une description de l’évolution clinique. Ils devront lancer rapidement des investigations sur l’origine de l’exposition afin d’identifier le mode d’exposition et de prévenir une éventuelle poursuite de la transmission du virus.

Les personnes exposées à un risque élevé de maladie grave due au MERS-CoV devront éviter les contacts rapprochés avec des animaux lorsqu’elles se rendent dans des fermes ou des élevages situés dans des zones où l’on sait que le virus peut être en circulation. Ceux qui, dans le grand public, visitent une ferme ou un élevage devront observer les mesures générales d’hygiène, comme se laver régulièrement les mains avant et après avoir touché des animaux, éviter les contacts avec des animaux malades et respecter les bonnes pratiques d’hygiène alimentaire.

En rapport avec cet événement, l’OMS ne conseille pas de dépistage particulier aux points d’entrée et ne recommande pas actuellement de restrictions aux déplacements ou au commerce.

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