Alerte et action au niveau mondial (GAR)

Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) – mise à jour

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques

Le 2 mai 2014, le point focal national RSI aux États-Unis a notifié le premier cas confirmé en laboratoire d’infection par le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) chez un citoyen américain de 60 ans, qui vit et travaille à Riyad, en Arabie saoudite.

Le sujet s’est rendu de Riyad à Chicago le 24 avril 2014 via Londres Heathrow, puis de Chicago en Indiana en bus.

Il travaillait à Riyad. Les autorités sanitaires américaines ne savent pas pour le moment s’il s’est occupé directement de cas confirmés de MERS-CoV et quelles mesures de lutte contre l’infection ont été appliquées. L’équipe des CDC collabore avec le Département de la Santé de l’État de l’Indiana afin de recueillir davantage de renseignements sur le patient, y compris ceux-ci.

Il a commencé à se sentir mal autour du 14 avril 2014, ne présentant alors qu’une légère fièvre et aucun symptôme respiratoire. Le 27 avril 2014, il présentait les signes suivants : essoufflement, toux, fièvre en augmentation et léger écoulement nasal. Le 28 avril 2014, il était vu dans un service d’urgences. Une radiographie faisant apparaître des infiltrats à la base du poumon droit, il était hospitalisé et placé en chambre privée. Le 29 avril 2014, il était placé en chambre à pression négative et des précautions aériennes étaient instituées ; des précautions (standard, contact et aériennes) étaient mises en place le 30 avril 2014. Une tomodensitométrie thoracique effectuée le 29 avril 2014 faisait apparaître une infiltration pulmonaire bilatérale. Actuellement, l’état du patient est stable, il est essoufflé ; il n’est pas intubé.

La Division of Global Migration and Quarantine (DGMQ) des CDC a travaillé et continue de travailler avec ses partenaires locaux, étatiques et internationaux, ainsi qu’avec les compagnies aériennes pour obtenir les listes des passagers des deux vols et avec la société de transport par bus pour permettre d’identifier, de localiser et d’interroger les contacts.

Il s’agit du premier cas importé de MERS-CoV signalé aux États-Unis et dans la Région des Amériques.

Conseils de l’OMS

Compte tenu de la situation actuelle et des informations disponibles, l’OMS invite tous les États Membres à poursuivre leur surveillance des infections respiratoires aiguës sévères (IRAS) et à examiner avec soin toute présentation inhabituelle.

Les mesures de prévention et de lutte contre les infections sont indispensables pour éviter la propagation du MERS-CoV dans les établissements de soins. Les établissements soignant des patients chez lesquels une infection à MERS-CoV est suspectée ou confirmée devront prendre des mesures appropriées pour réduire le risque de transmission du virus à d’autres patients, au personnel médical ou aux visiteurs. Une éducation et une formation à la prévention et à la lutte contre les infections devront être dispensées à tous les soignants et faire l’objet de rappels réguliers.

L’identification précoce du MERS-CoV n’est pas toujours possible, la maladie prenant parfois une forme bénigne ou atypique. Il est donc important de garantir l’application systématique des précautions standard pour tous les patients, quel que soit le diagnostic, et toutes les pratiques de travail.

Il faudra compléter ces mesures par les précautions gouttelettes lors des soins prodigués à tous les malades présentant des symptômes d’infection respiratoire aiguë, et par les précautions contact et une protection oculaire lorsqu’on s’occupe d’un cas probable ou confirmé d’infection à MERS-CoV. Les précautions aériennes sont indiquées lorsqu’on met en œuvre des procédures générant des aérosols.

Lorsque les indices cliniques et épidémiologiques sont fortement évocateurs d’une infection à MERS-CoV, le patient devra être pris en charge comme s’il était potentiellement infecté, même si un premier test sur un écouvillon nasopharyngé s’avère négatif. Dans le cas où ce test initial est négatif, il convient de le répéter sur des échantillons prélevés au niveau des voies respiratoires inférieures.

Il est conseillé au personnel soignant de rester vigilant. En application des recommandations actuelles de surveillance, on soumettra à un dépistage du MERS-CoV les voyageurs récemment revenus du Moyen-Orient et chez lesquels se développe une IRAS.

Il est aussi rappelé à tous les États Membres qu’ils doivent rapidement évaluer et notifier à l’OMS tout nouveau cas d’infection à MERS-CoV, en communiquant également les informations relatives aux expositions pouvant avoir entraîné l’infection ainsi qu’une description de l’évolution clinique. Ils devront lancer rapidement des investigations sur l’origine de l’exposition afin d’identifier le mode d’exposition et de prévenir une éventuelle poursuite de la transmission du virus.

Les personnes exposées à un risque élevé de maladie grave due au MERS-CoV devront éviter les contacts rapprochés avec des animaux lorsqu’elles se rendent dans des fermes ou des élevages situés dans des zones où l’on sait que le virus peut être en circulation. Ceux qui, dans le grand public, visitent une ferme ou un élevage devront observer les mesures générales d’hygiène, comme se laver régulièrement les mains avant et après avoir touché des animaux, éviter les contacts avec des animaux malades et respecter les bonnes pratiques d’hygiène alimentaire.

En rapport avec cet événement, l’OMS ne conseille pas de dépistage particulier aux points d’entrée et ne recommande pas actuellement de restrictions aux déplacements ou au commerce.

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