Alerte et action au niveau mondial (GAR)

Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) – mise à jour

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques

Le 15 avril 2014, le point focal national RSI du Yémen a notifié à l’OMS un cas confirmé en laboratoire d’infection par le MERS-CoV chez un homme de 44 ans résidant à Shibam. Le patient a été diagnostiqué comme atteint d’hépatite B; les symptômes seraient apparus le 17 mars (fièvre, toux grasse, frissons, céphalées, myalgies et essoufflement). Hospitalisé le 22 mars 2014 dans le gouvernorat d’Hadramoot, il est transféré le 29 mars dans le service des soins intensifs d’un hôpital privé de Sanaa. Il est intubé, présente une insuffisance rénale et décède le 31 mars 2014.

Avant la détérioration de l’état de santé et le décès du patient, le 31 mars, des échantillons oropharyngés avaient été prélevés et se sont révélés positifs le 2 avril 2014. Le 24 avril 2014, les échantillons étaient envoyés à l’Unité-3 de recherche médicale de la marine des États-Unis (NAMRU-3) pour confirmation externe et se révélaient positifs le 5 mai 2014. Des échantillons oropharyngés prélevés sur 12 contacts du patient, envoyés au NAMRU-3 se sont révélés négatifs.

Le patient était un ingénieur de maintenance aéronautique en contact avec des passagers pendant son travail à l’aéroport. Il n’avait pas voyagé au cours du mois précédant sa maladie et n’avait pas eu, que l’on sache, de contact avec un cas confirmé. Il se serait rendu dans un élevage de chameaux chaque semaine et buvait du lait frais de chamelle non bouilli.

Conseils de l’OMS

Compte tenu de la situation actuelle et des informations disponibles, l’OMS invite tous les États Membres à poursuivre leur surveillance des infections respiratoires aiguës sévères (IRAS) et à examiner avec soin toute présentation inhabituelle.

Les mesures de prévention et de lutte contre les infections sont indispensables pour éviter la propagation du MERS-CoV dans les établissements de soins. Les établissements soignant des patients chez lesquels une infection à MERS-CoV est suspectée ou confirmée devront prendre des mesures appropriées pour réduire le risque de transmission du virus à d’autres patients, au personnel médical ou aux visiteurs. Une éducation et une formation à la prévention et à la lutte contre les infections devront être dispensées à tous les soignants et faire l’objet de rappels réguliers.

L’identification précoce du MERS-CoV n’est pas toujours possible, la maladie prenant parfois une forme bénigne ou atypique. Il est donc important de garantir l’application systématique des précautions standard pour tous les patients, quel que soit le diagnostic, et toutes les pratiques de travail.

Il faudra compléter ces mesures par les précautions gouttelettes lors des soins prodigués à tous les malades présentant des symptômes d’infection respiratoire aiguë, et par les précautions contact et une protection oculaire lorsqu’on s’occupe d’un cas probable ou confirmé d’infection à MERS-CoV. Les précautions aériennes sont indiquées lorsqu’on met en œuvre des procédures générant des aérosols.

Lorsque les indices cliniques et épidémiologiques sont fortement évocateurs d’une infection à MERS-CoV, le patient devra être pris en charge comme s’il était potentiellement infecté, même si un premier test sur un écouvillon nasopharyngé s’avère négatif. Dans le cas où ce test initial est négatif, il convient de le répéter sur des échantillons prélevés au niveau des voies respiratoires inférieures.

Il est conseillé au personnel soignant de rester vigilant. En application des recommandations actuelles de surveillance, on soumettra à un dépistage du MERS-CoV les voyageurs récemment revenus du Moyen-Orient et chez lesquels se développe une IRAS.

Il est aussi rappelé à tous les États Membres qu’ils doivent rapidement évaluer et notifier à l’OMS tout nouveau cas d’infection à MERS-CoV, en communiquant également les informations relatives aux expositions pouvant avoir entraîné l’infection ainsi qu’une description de l’évolution clinique. Ils devront lancer rapidement des investigations sur l’origine de l’exposition afin d’identifier le mode d’exposition et de prévenir une éventuelle poursuite de la transmission du virus.

Les personnes exposées à un risque élevé de maladie grave due au MERS-CoV devront éviter les contacts rapprochés avec des animaux lorsqu’elles se rendent dans des fermes ou des élevages situés dans des zones où l’on sait que le virus peut être en circulation. Ceux qui, dans le grand public, visitent une ferme ou un élevage devront observer les mesures générales d’hygiène, comme se laver régulièrement les mains avant et après avoir touché des animaux, éviter les contacts avec des animaux malades et respecter les bonnes pratiques d’hygiène alimentaire.

En rapport avec cet événement, l’OMS ne conseille pas de dépistage particulier aux points d’entrée et ne recommande pas actuellement de restrictions aux déplacements ou au commerce.

Partager