Alerte et action au niveau mondial (GAR)

Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) – mise à jour

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques

Le 21 mai 2014, le point focal national RSI des Émirats arabes unis (EAU) a notifié 3 cas supplémentaires d’infection par le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) à Abu Dhabi (EAU).

Informations détaillées sur les cas notifiés

  • Un homme de 71 ans d’Abu Dhabi. Il a été hospitalisé le 11 février 2014 et a plusieurs comorbidités connues. Le 4 mai, une fièvre est apparue et le 7 mai il a donné un test positif par PCR pour le MERS-CoV. Il est actuellement dans un état stable. Il a été en contact avec un cas précédemment confirmé dans l’hôpital : un agent de santé (une femme de 39 ans), dont le cas a été notifié à l’OMS le 11 mai 2014. Il n’a aucun antécédent de contact avec des animaux ni de consommation de produits crus dérivés des chameaux.
  • Un homme de 26 ans d’Abu Dhabi. Il a été détecté lors d’un dépistage général sur son lieu de travail le 7 mai et n’a aucun antécédent de contact avec un cas confirmé en laboratoire d’infection par le MERS-CoV. Il a donné un test positif à la PCR le 8 mai 2014. Alors qu’il était asymptomatique au moment du dépistage, l’investigation a révélé qu’il avait eu une toux bénigne le 1er mai 2014. Il n’a pas de comorbidités et pas d’antécédents de voyage. Il a été en contact avec des animaux (des vaches, des moutons, mais pas de chameaux) et n’a pas consommé de produits crus dérivés des chameaux. Il a été admis dans un service de soins en isolement le 8 mai et il est sorti le 14 mai.
  • Un homme de 36 ans d’Abu Dhabi. Des symptômes, fièvre et légères difficultés respiratoires, sont apparus le 2 mai et il est allé consulter en ambulatoire le 4 mai. Son état s’est ensuite dégradé et il a été hospitalisé le 7 mai avec une forte fièvre ; des difficultés respiratoires sont apparues. Le 9 mai, il a donné un test positif à la recherche du MERS-CoV par PCR. Il a guéri et est sorti de l’hôpital le 12 mai. Il a des comorbidités connues mais n’a pas signalé de contact avec un cas confirmé en laboratoire d’infection par le MERS-CoV et il n’a pas d’antécédents de voyage, ni de contact avec des animaux, ni de consommation de produits crus dérivés des chameaux.

Les investigations sur les contacts se poursuivent et de nouvelles informations seront communiquées lorsqu’elles seront disponibles.

À l’échelle mondiale, l’OMS a été officiellement informée de 635 cas confirmés en laboratoire d’infection par le MERS-CoV, avec 193 décès. Ce total mondial inclut tous les cas notifiés jusqu’à présent, ainsi que 17 cas confirmés en laboratoire et officiellement notifiés à l’OMS par l’Arabie saoudite entre le 16 et le 18 mai. L’OMS collabore avec l’Arabie saoudite pour obtenir des informations complémentaires sur ces cas et publiera de nouvelles mises à jour dès que possible.

Conseils de l’OMS

Compte tenu de la situation actuelle et des informations disponibles, l’OMS invite tous les États Membres à poursuivre leur surveillance des infections respiratoires aiguës sévères (IRAS) et à examiner avec soin toute présentation inhabituelle.

Les mesures de prévention et de lutte contre les infections sont indispensables pour éviter la propagation du MERS-CoV dans les établissements de soins. Les établissements soignant des patients chez lesquels une infection à MERS-CoV est suspectée ou confirmée devront prendre des mesures appropriées pour réduire le risque de transmission du virus à d’autres patients, au personnel médical ou aux visiteurs. Une éducation et une formation à la prévention et à la lutte contre les infections devront être dispensées à tous les soignants et faire l’objet de rappels réguliers.

L’identification précoce du MERS-CoV n’est pas toujours possible, la maladie prenant parfois une forme bénigne ou atypique. Il est donc important de garantir l’application systématique des précautions standard pour tous les patients, quel que soit le diagnostic, et toutes les pratiques de travail.

Il faudra compléter ces mesures par les précautions gouttelettes lors des soins prodigués à tous les malades présentant des symptômes d’infection respiratoire aiguë, et par les précautions contact et une protection oculaire lorsqu’on s’occupe d’un cas probable ou confirmé d’infection à MERS-CoV. Les précautions aériennes sont indiquées lorsqu’on met en œuvre des procédures générant des aérosols.

Lorsque les indices cliniques et épidémiologiques sont fortement évocateurs d’une infection à MERS-CoV, le patient devra être pris en charge comme s’il était potentiellement infecté, même si un premier test sur un écouvillon nasopharyngé s’avère négatif. Dans le cas où ce test initial est négatif, il convient de le répéter sur des échantillons prélevés au niveau des voies respiratoires inférieures.

Il est conseillé au personnel soignant de rester vigilant. En application des recommandations actuelles de surveillance, on soumettra à un dépistage du MERS-CoV les voyageurs récemment revenus du Moyen-Orient et chez lesquels se développe une IRAS.

Il est aussi rappelé à tous les États Membres qu’ils doivent rapidement évaluer et notifier à l’OMS tout nouveau cas d’infection à MERS-CoV, en communiquant également les informations relatives aux expositions pouvant avoir entraîné l’infection ainsi qu’une description de l’évolution clinique. Ils devront lancer rapidement des investigations sur l’origine de l’exposition afin d’identifier le mode d’exposition et de prévenir une éventuelle poursuite de la transmission du virus.

Les personnes exposées à un risque élevé de maladie grave due au MERS-CoV devront éviter les contacts rapprochés avec des animaux lorsqu’elles se rendent dans des fermes ou des élevages situés dans des zones où l’on sait que le virus peut être en circulation. Ceux qui, dans le grand public, visitent une ferme ou un élevage devront observer les mesures générales d’hygiène, comme se laver régulièrement les mains avant et après avoir touché des animaux, éviter les contacts avec des animaux malades et respecter les bonnes pratiques d’hygiène alimentaire.

En rapport avec cet événement, l’OMS ne conseille pas de dépistage particulier aux points d’entrée et ne recommande pas actuellement de restrictions aux déplacements ou au commerce.

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