Alerte et action au niveau mondial (GAR)

Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) – mise à jour

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques

Les points focaux nationaux du Règlement sanitaire international RSI) de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis et de la République islamique d’Iran ont notifié récemment à l’OMS de nouveaux cas confirmés en laboratoire d’infection par le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS CoV).

Informations détaillées sur les cas notifiés par l’Arabie saoudite:

Entre le 11 avril et le 9 juin 2014, 515 cas d’infection par le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS CoV) ont été notifiés à l’OMS par l’Arabie saoudite. Ce chiffre comprend 402 cas confirmés en laboratoire notifiés à diverses dates, et 113 cas identifiés après examen rétrospectif des dossiers hospitaliers, et notifiés à l’OMS par l’Arabie saoudite le 3 juin. Des précisions sur ces cas seront fournies à mesure que les informations seront disponibles dans le cadre de la collaboration entre les autorités saoudiennes et l’OMS sur la riposte au MERS-CoV.

Cette mise à jour couvre 402 cas confirmés en laboratoire, dont 114 mortels.

Trente-cinq cas ont été notifiés par Madina, 132 par Riyadh, 208 par la province de La Mecque (dont 154 pour Jeddah, 39 pour La Mecque, 8 pour Qunfudhah et 7 pour Al Taif), 10 par Tabuk, 6 par Al Jawf, 3 par Najran, et 3 par Ash Sharqiyah. Pour 5 cas, le lieu n’était pas précisé.

L’âge moyen des 402 cas est de 46 ans (fourchette de 9 mois à 94 ans) et 58,3% des personnes dont le sexe est précisé sont des hommes (n=388). Près de la moitié (44,5%) des cas pour lesquels des informations ont été communiquées (n=398) ont été gravement malades, dont 114 sujets qui sont décédés; et 114 cas (28,6%) ont été signalés comme asymptomatiques ou légèrement atteints. D’autres pathologies n’ont été rapportées que pour 149 des 402 cas, dont 140 présentaient au moins une autre pathologie.

Plus de 25% (109) des 402 cas notifiés sont des agents de santé. Parmi les 109 agents de santé, 63 ont été signalés comme asymptomatiques ou ne présentant que des symptômes bénins, 35 ont été signalés comme présentant des symptômes modérés (nécessitant une hospitalisation mais pas en soins intensifs), 7 étaient gravement malades et 4 sont décédés.

Informations détaillées sur le cas notifié par les Émirats arabes unis le 4 juin 2014:

Le patient est un boucher de 36 ans habitant à Abu Dhabi. Il travaille dans un abattoir pour chameaux et moutons. Il était asymptomatique. Ses crachats se sont révélés positifs pour le MERS-CoV le 20 mai 2014 lors d’un dépistage général dans les abattoirs. Le patient n’a pas eu de contact avec un cas de MERS CoV précédemment confirmé en laboratoire. Il n’a pas d’antécédents de voyage. Il est actuellement en isolement et son état est stable.

Une recherche et un suivi des contacts du patient ont été effectués et aucun autre cas n’a été décelé.

Informations détaillées sur les cas notifiés par la République islamique d’Iran le 4 juin 2014:

La patiente est une infirmière de 35 ans. Elle a présenté de légers symptômes le 26 mai 2014, puis une toux productive le 28 mai. Un échantillon pharyngé a été prélevé le 26 mai et s’est révélé positif pour le MERS-CoV.

Elle a pu rentrer chez elle et il lui a été recommandé de prendre des précautions contre l’infection. La patiente est un contact proche du premier cas de MERS-CoV confirmé en laboratoire dans le pays, notifié à l’OMS le 26 mai 2014. La patiente n’a pas d’autres pathologies. Elle n’a pas d’antécédents de contact avec des animaux ni de consommation de produits crus issus du chameau dans les 14 jours ayant précédé l’apparition des symptômes. Elle est devenue asymptomatique le 3 juin 2014 et son état est actuellement stable.

La recherche des contacts parmi les agents de santé et membres de la famille se poursuit.

À l’échelle mondiale, 697 cas d’infection par le MERS-CoV confirmés en laboratoire, dont au moins 210 décès ont été notifiés officiellement à l’OMS. Ce chiffre comprend tous les cas recensés dans la présente mise à jour; sur les 402 cas susmentionnés notifiés par l’Arabie saoudite, 390 étaient compris dans les précédentes mises à jour du bulletin d’information sur les flambées épidémiques publiées depuis le 14 avril 2014.

Conseils de l’OMS

Compte tenu de la situation actuelle et des informations disponibles, l’OMS encourage tous les États Membres à poursuivre leur surveillance des infections respiratoires aiguës et à examiner avec soin toute présentation inhabituelle.

Les mesures de lutte contre l’infection sont essentielles pour prévenir l’éventuelle propagation du MERS-CoV dans les établissements de santé. Il n’est pas toujours possible d’identifier rapidement les patients atteints de MERS-CoV car, comme pour d’autres infections respiratoires, les premiers symptômes ne sont pas spécifiques de la maladie. Il est donc important que les agents de santé appliquent systématiquement les précautions standard pour tous les patients, quel que soit le diagnostic.

Il faudra compléter ces mesures par les précautions gouttelettes lors des soins prodigués à tous les malades présentant des symptômes d’infection respiratoire aiguë, et par les précautions contact et une protection oculaire lorsqu’on s’occupe d’un cas probable ou confirmé d’infection par le MERS-CoV. Les précautions aériennes sont indiquées lorsqu’on met en œuvre des procédures générant des aérosols.

Tant que l’on n’en sait pas davantage sur le MERS-CoV, les personnes diabétiques et celles souffrant d’insuffisance rénale ou de maladie pulmonaire chronique et les personnes immunodéprimées sont considérées comme exposées à un risque élevé de maladie grave due au MERS-CoV. Elles devront éviter les contacts rapprochés avec des animaux, en particulier les chameaux, lorsqu’elles se rendent dans des fermes ou des élevages situés dans des zones où l’on sait que le virus peut être en circulation.

On veillera à respecter les mesures générales d’hygiène, comme se laver régulièrement les mains avant et après avoir touché des animaux et éviter les contacts avec des animaux malades.

Les bonnes pratiques d’hygiène alimentaire devront être respectées. On évitera de consommer du lait cru de chamelle ou de l’urine de chameau, ou de la viande mal cuite.

L’OMS ne conseille pas de dépistage particulier aux points d’entrée en rapport avec cet événement, et ne recommande pas actuellement de restrictions aux déplacements ou au commerce.

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