Alerte et action au niveau mondial (GAR)

Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) – mise à jour

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques

Le 31 mai 2014, le point focal national du Règlement sanitaire international (RSI) de l’Algérie a notifié à l’OMS deux cas confirmés en laboratoire d’infection par le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS CoV). Il s’agit des premiers cas confirmés en laboratoire notifiés par l’Algérie.

Informations détaillées sur les deux cas:

  • Le premier est un homme de 66 ans qui faisait partie d’un groupe de pélerins s’étant rendu en Arabie saoudite pour la umra le 14 mai 2014. Le patient est tombé malade le 23 mai 2014 en Arabie saoudite. À son retour en Algérie, le 28 mai, il était hospitalisé. Le patient présente d’autres pathologies.
  • Le second est un homme de 59 ans s’étant rendu en pélerinage en Arabie saoudite le 5 mai 2014. Le patient est tombé malade le 23 mai 2014 en Arabie saoudite. Le 29 mai, il était hospitalisé. Le patient ne présentait pas d’autres pathologies. Malgré les soins médicaux prodigués, le patient est décédé le 10 juin 2014 d’une défaillance polyviscérale.

Depuis juin 2013, le Ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière a renforcé des activités de dépistage précoce et de suivi du MERS-CoV. Le Ministère a été informé des deux cas suspects de MERX-CoV par les services des Préfectures de Tipaza et Tlemcen le 29 mai 2014. Le 30 mai, la confirmation en laboratoire des deux cas était apportée par l’Institut Pasteur d’Algérie.

Des mesures de prévention médicales ont été mises en œuvre conformément aux instructions publiées par le Ministère, à savoir:

  • réunions du comité de crise;
  • les postes frontières ont été invités à renforcer la surveillance et à informer les passagers se rendant dans des lieux de pélerinage. Des produits d’information ont été mis au point et distribués aux passagers. Une zone spéciale a été réservée pour faciliter les échanges avec les passagers, la distribution de dépliants contenant des recommandations de santé publique et la distribution de désinfectant et de masques.
  • des équipes d’investigation assurent le suivi des cas confirmés et suspects de MERS-CoV sur la base des directives nationales en matière de surveillance et d’alerte; et
  • des campagnes d’information se poursuivent, en utilisant différents supports d’information, y compris les medias.

À l’échelle mondiale, 699 cas de MERS-CoV confirmés en laboratoire, dont 211 mortels, ont été officiellement notifiés à l’OMS.

Conseils de l’OMS

Compte tenu de la situation actuelle et des informations disponibles, l’OMS encourage tous les États Membres à poursuivre leur surveillance des infections respiratoires aiguës et à examiner avec soin toute présentation inhabituelle.

Les mesures de lutte contre l’infection sont essentielles pour prévenir l’éventuelle propagation du MERS-CoV dans les établissements de santé. Il n’est pas toujours possible d’identifier rapidement les patients atteints de MERS-CoV car, comme pour d’autres infections respiratoires, les premiers symptômes ne sont pas spécifiques de la maladie. Il est donc important que les agents de santé appliquent systématiquement les précautions standard pour tous les patients, quel que soit le diagnostic.

Il faudra compléter ces mesures par les précautions gouttelettes lors des soins prodigués à tous les malades présentant des symptômes d’infection respiratoire aiguë, et par les précautions contact et une protection oculaire lorsqu’on s’occupe d’un cas probable ou confirmé d’infection par le MERS-CoV. Les précautions aériennes sont indiquées lorsqu’on met en œuvre des procédures générant des aérosols.

Tant que l’on n’en sait pas davantage sur le MERS-CoV, les personnes diabétiques et celles souffrant d’insuffisance rénale ou de maladie pulmonaire chronique et les personnes immunodéprimées sont considérées comme exposées à un risque élevé de maladie grave due au MERS-CoV. Elles devront éviter les contacts rapprochés avec des animaux, en particulier les chameaux, lorsqu’elles se rendent dans des fermes ou des élevages situés dans des zones où l’on sait que le virus peut être en circulation.

On veillera à respecter les mesures générales d’hygiène, comme se laver régulièrement les mains avant et après avoir touché des animaux et éviter les contacts avec des animaux malades.

Les bonnes pratiques d’hygiène alimentaire devront être respectées. On évitera de consommer du lait cru de chamelle ou de l’urine de chameau, ou de la viande mal cuite.

L’OMS ne conseille pas de dépistage particulier aux points d’entrée en rapport avec cet événement, et ne recommande pas actuellement de restrictions aux déplacements ou au commerce.

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