Alerte et action au niveau mondial (GAR)

Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) – mise à jour

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques
26 juin 2014

Le 3 juin 2014, le point focal national pour le RSI en Arabie saoudite a notifié 113 cas confirmés en laboratoire d’infection par un coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV), parmi lesquels 34 décès. Ces cas et ces décès ont été identifiés grâce à un examen rétrospectif des dossiers hospitaliers datant du 5 mai 2013 au 6 mai 2014.

La majorité des cas (84) s’étaient produits après le 1er mars 2014; les autres (29) étaient intervenus entre le 5 mai 2013 et le 28 février 2014.

Les 113 cas résidaient dans les régions suivantes: 49 dans la région de la Mecque (dont 44 dans la ville de Djeddah, 2 dans la ville de la Mecque, 2 à Taif et 1 à Shamyah), 47 dans la région de Riyad, (dont 21 dans la ville de Riyad, 12 à Kharj, 9 à Delam, 2 à Wadi Addawaseer, 2 à Aflaj et 1 à Hanakia), 9 dans la région de Médine (dont 8 dans la ville de Médine et 1 à Yanbu), 4 dans la région d’Ash Sharqiyah (dont 2 dans la ville d’Hassa, 1 à Dammam et 1 à Hafr Al Batin), 2 dans la région d’Asir (dont 1 dans la ville de Khamis Mshet et 1 à Bisha), 1 cas dans la région de Tabuk (ville de Tabuk) et 1 dans celle de Jawf (ville de Jawf).

Sur ces 113 cas, 69 étaient des citoyens saoudiens et 44 n’avaient pas la nationalité saoudienne.

L’âge médian des cas était de 41 ans (l’âge des malades allant de 3 mois à 89 ans) et 57% d’entre eux (64) étaient des hommes.

Des informations sur les symptômes ont été rapportées pour 111 des 113 cas. Parmi ces 111 cas, 32 ne présentaient pas de symptôme de maladie (cas asymptomatiques), tandis que des symptômes étaient signalés pour les 79 autres. Parmi les cas symptomatiques, 70 ont été signalés comme hospitalisés. Aucune information n’a été fournie sur les pathologies sous-jacentes éventuellement présentes.

Des informations sur l’issue finale de la maladie ont été obtenues pour les 113 cas notifiés, à savoir: 76 guérisons, 3 hospitalisations encore en cours et 34 décès.

Des informations sur la source possible de l’infection ont été rapportées pour 72 cas sur 113. Parmi ces 72 cas, 18 avaient contracté l’infection à partir d’une source non humaine au niveau communautaire et 54 auprès d’une autre personne. Parmi les infections transmises par un autre individu, 41 ont été rapportées comme nosocomiales et 13 comme contractées au sein des foyers.

37% des cas (42 cas sur 113) étaient des soignants. Parmi ces soignants touchés, 19 ont été signalés comme asymptomatiques et 23 comme présentant des symptômes. Il n’a pas été rapporté d’information sur la gravité de ces symptômes. Pour le personnel soignant, les issues finales ont été les suivantes: 39 guérisons, 1 hospitalisation encore en cours et 2 décès.

Les caractéristiques de ces 113 cas étaient similaires à celles des cas précédemment notifiés. Le schéma et la dynamique de l’épidémie et l’évaluation des risques restaient inchangés.

À l’échelle mondiale, 820 cas confirmés en laboratoire d’infection par un MERS-CoV, y compris au moins 286 décès associés, ont été notifiés officiellement à l’OMS. Ce total mondial inclut tous les cas mentionnés dans la présente mise à jour.

Conseils de l’OMS

Compte tenu de la situation actuelle et des informations disponibles, l’OMS encourage tous les États Membres à poursuivre leur surveillance des infections respiratoires aiguës et à examiner avec soin toute présentation inhabituelle.

L’application des mesures de prévention et de lutte contre les infections est essentielle pour éviter la propagation potentielle du MERS-CoV dans les établissements de soins. Il n’est pas toujours possible d’identifier précocement les patients porteurs de ce virus car, comme pour d’autres infections respiratoires, les premiers symptômes ne sont pas spécifiques.

Les soignants devront donc toujours appliquer systématiquement les précautions standard à tous les patients, quel que soit leur diagnostic. Ils devront compléter les précautions standard par les précautions gouttelettes lorsqu’ils dispensent des soins à des patients présentant des symptômes d’infection respiratoire aiguë; il faudra aussi leur adjoindre les précautions contact et le port d’une protection oculaire pour s’occuper de cas probables ou confirmés d’infection par un MERS-CoV; les précautions aériennes devront être mises en œuvre lors de l’exécution de procédures générant des aérosols.

Jusqu’à ce que l’on en sache plus sur le MERS-CoV, les personnes atteintes de diabète, d’insuffisance rénale ou de maladie pulmonaire chronique ou encore les individus immunodéprimés seront considérés comme à haut risque de maladie grave en cas d’infection par un MERS-CoV. Par conséquent, ces personnes devront éviter les contacts rapprochés avec des animaux, en particulier les dromadaires, lorsqu’ils se rendent dans des fermes, sur des marchés ou dans des étables ou des écuries, où l’on sait que le virus est potentiellement circulant.

On appliquera également des mesures générales d’hygiène comme le lavage systématique des mains avant et après avoir touché un animal et l’évitement des contacts avec des animaux malades.

On observera également des pratiques d’hygiène alimentaire. On évitera ainsi de boire du lait de chamelle cru ou de l’urine de dromadaire, ou encore de consommer de la viande insuffisamment cuite.

En rapport avec cet événement, l’OMS ne conseille pas de dépistage particulier aux points d’entrée et ne recommande pas non plus actuellement l’application de restrictions aux déplacements ou au commerce.

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