Alerte et action au niveau mondial (GAR)

Maladie à virus Ebola en Afrique de l’Ouest – mise à jour

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques
3 juillet 2014

Épidémiologie et surveillance

L’évolution de la flambée de maladie à virus Ebola en Guinée, en Sierra Leone et au Libéria reste très inquiétante dans la mesure où on constate toujours des transmissions primaires et secondaires du virus en milieu urbain et en milieu rural. La tendance actuelle et les facteurs de risque potentiels concernant une propagation continue de cette épidémie ont été analysés. Les principaux facteurs qui expliquent la persistance de la propagation de la flambée de maladie à virus Ebola dans la sous-région sont les suivants :

1. Certaines pratiques culturelles et croyances traditionnelles défavorables, sources de méfiance, d’appréhension et de réticence à adopter les mesures préventives de santé publique recommandées. Cette situation a des conséquences négatives sur la demande de soins – par exemple, les patients atteints de maladie à virus Ebola sont cachés ou pris en charge à domicile – et sur les coutumes funéraires encore pratiquées.

Ce sont des pratiques à très haut risque qui exposent considérablement les communautés au virus Ebola et qui expliquent pourquoi on déplore encore des décès due à la maladie au sein des communautés. En outre, les contacts éventuels des patients pris en charge à domicile et les personnes exposées au cours des inhumations traditionnelles ne sont pas systématiquement recensés et placés en observation (alors que c’est une mesure essentielle pour endiguer la transmission du virus Ebola au sein d’une communauté), et cela constitue donc un facteur important d’amplification de la flambée.

2. Les nombreux mouvements de population à l’intérieur et au-delà des frontières ont favorisé la propagation rapide de l’infection dans les trois pays. Les communautés homogènes qui habitent dans les zones frontalières entretiennent des liens sociaux et culturels qui facilitent la transmission du virus. Par exemple, certaines personnes franchissent la frontière pour rendre visite à un parent malade ou pour assister à des obsèques.

En outre, ces mouvements transfrontières sont compliqués à suivre et plusieurs contacts sont perdus de vue.

3. Il n’existe pas actuellement de couverture complète par des mesures permettant d’endiguer efficacement la flambée. L’étendue géographique sans précédent de la flambée dans les trois pays exige des capacités et des structures de riposte énormes et fiables, du point de vue humain, financier, opérationnel et logistique.

C’est la première flambée importante de maladie à virus Ebola en Afrique de l’Ouest et les pays touchés disposaient de peu de moyens et de structures pour la préparation et la riposte aux flambées, en particulier à une flambée de fièvre hémorragique virale. Enfin, l’appréhension de certaines communautés empêche les populations touchées de bénéficier de mesures efficaces de lutte contre la flambée.

Action du secteur de la santé

Dans le but d’enrayer rapidement la propagation du virus, l’Organisation mondiale de la Santé a convoqué une réunion ministérielle extraordinaire sur la flambée de maladie à virus Ebola en Afrique de l’Ouest. Cette rencontre, qui a eu lieu les 2 et 3 juillet 2014 à Accra (Ghana), a réuni les ministres de la santé et les hauts responsables de la santé de 11 pays africains (Côte d’Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Libéria, Mali, Ouganda, République démocratique du Congo, Sénégal et Sierra Leone), ainsi que des partenaires, des personnes ayant survécu à la maladie, des représentants des compagnies aériennes et minières et les communautés de donateurs.

L’objectif de la réunion était de parvenir à un consensus parmi les États Membres et les partenaires sur la meilleure façon d’interrompre la transmission du virus Ebola en Afrique de l’Ouest afin d’atténuer les conséquences humaines sociales et économiques de la flambée actuelle et des flambées futures. Les participants se sont attachés à faire le point de la situation actuelle et de la réponse qui y est apportée, y compris en ce qui concerne les lacunes et les difficultés à surmonter, à mettre au point un plan opérationnel de riposte pour combattre la flambée, à définir des activités prioritaires de préparation que les pays à risque devront mettre en œuvre et à amener les autorités nationales à riposter de manière optimale à la flambée.

L’OMS, ses partenaires techniques du Réseau mondial d’alerte et d’action en cas d’épidémie (GOARN), les institutions des Nations Unies et des donateurs continuent à fournir l’appui technique nécessaire aux ministères de la santé pour interrompre la transmission de la maladie à virus Ebola dans les communautés et les établissements de santé.

Cet appui est assuré par le déploiement d’experts supplémentaires, l’apport d’une aide logistique sur le terrain et la fourniture de matériel, par exemple l’installation de laboratoires de terrain et la livraison d’équipements et de fournitures médicales.

L’OMS ne recommande pas que des restrictions aux voyages ou aux échanges commerciaux soient imposées à la Guinée, au Libéria ou à la Sierra Leone sur la base des informations actuellement disponibles concernant cet événement.

Statistiques récapitulatives

Les Ministères de la Santé de la Guinée, du Libéria et de la Sierra Leone continuent à notifier de nouveaux cas de maladie à virus Ebola. Entre le 1er et le 2 juillet 2014, 21 nouveaux cas et 14 décès, ont été notifiés par ces trois pays, comme suit: Guinée, 0 nouveau cas et 2 décès; Libéria, 8 nouveaux cas et 10 décès; Sierra Leone, 13 nouveaux cas et 2 décès. Ces chiffres recouvrent des cas et décès confirmés en laboratoire, probables et suspects.

Au 2 juillet 2014, le nombre cumulé de cas attribués à la maladie à virus Ebola dans les trois pays atteignait 779, avec 481 décès. La répartition et la classification des cas sont les suivantes: Guinée, 412 cas (292 confirmés, 100 probables et 20 suspects) et 305 décès (194 confirmés, 94 probables et 17 suspects); Libéria, 115 cas (54 confirmés, 24 probables et 37 suspects) et 75 décès (38 confirmés, 22 probables et 15 suspects); Sierra Leone, 252 cas (211 confirmés, 35 probables et 6 suspects) et 101 décès (67 confirmés, 29 probables et 5 suspects). Voir le tableau récapitulatif du nombre de cas et de décès ci-dessous.

Cas et décès confirmés, probables et suspects dus à la maladie à virus Ebola en Guinée, au Libéria et en Sierra Leone au 2 juillet 2014


Nouveaux Confirmés Probables Suspects Totaux par pays
Guinée
Cas 0 292 100 20 412
Décès 2 194 94 17 305
Libéria
Cas 8 54 24 37 115
Décès 10 38 22 15 75
Sierra Leone
Cas 13 211 35 6 252
Décès 2 67 29 5 101
Totaux
Cas 21 557 159 63 779
Décès 14 299 145 37 481
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