Alerte et action au niveau mondial (GAR)

Mise à jour sur la poliomyélite en Afrique centrale

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques
30 juin 2014

Le 17 mars 2014, l’OMS a porté le degré de risque de propagation internationale de la poliomyélite à partir d’Afrique centrale, en particulier du Cameroun, à «très élevé». Un nouveau cas d’exportation à partir de la Guinée équatoriale démontre que le risque de propagation internationale à partir de l’Afrique centrale reste très élevé .

Le 18 juin 2014, le Brésil a signalé qu’un poliovirus sauvage de type 1 (PVS1) avait été isolé dans un échantillon d’eaux usées prélevé en mars 2014 à l’aéroport international de Viracopos dans l’État de São Paulo. Le séquençage génétique a révélé une correspondance étroite du virus avec celui qui circule en Guinée équatoriale.

Quatre cas de poliovirus sauvage de type 1 (PVS1) ont été signalés en Guinée équatoriale en 2014. Pour le cas indicateur – premier cas signalé en Guinée équatoriale depuis 1999 –, la paralysie s’est déclarée le 28 janvier 2014; le dernier cas signalé dans le pays remonte au 3 avril 2014. Le séquençage génétique indique que ces cas sont liés à la flambée de PVS1 qui se poursuit au Cameroun (le cas le plus récent au Cameroun date du 31 janvier 2014).

La Guinée équatoriale mène actuellement des activités de riposte aux flambées: trois journées nationales de vaccination (JNV) par le vaccin antipoliomyélitique oral bivalent (VPOb) ont été organisées en avril et en mai, et d’autres sont prévues en juillet et en août. Les JNV sont considérées comme essentielles pour mettre un terme à la flambée car le nombre des enfants pleinement immunisés grâce au programme de vaccination systématique est estimé à 40% dans le pays.

Au Brésil, personne n’a été paralysé par le virus et rien ne permet de penser qu’il existe une transmission du poliovirus au sein de la population. Ce cas d’importation au Brésil démontre qu’aucune région au monde n’est à l’abri du risque d’exposition au poliovirus sauvage tant que la maladie n’a pas été totalement éradiquée à l’échelle mondiale.

Il est important que tous les pays, notamment ceux qui ont fréquemment des contacts (par des voyages, par exemple) avec des pays ou zones où sévit la poliomyélite, renforcent la surveillance pour détecter les poliovirus (notamment en repérant les cas de paralysie flasque aiguë – cas de PFA – et en enquêtant sur ceux-ci) afin de déceler rapidement toute nouvelle importation du virus et d’organiser une riposte rapide. Il faut veiller à maintenir une couverture uniformément élevée de la vaccination systématique au niveau des districts afin de limiter le plus possible les conséquences de toute nouvelle introduction du virus.

Une analyse des niveaux d’immunité menée en 2014 dans l’ensemble de l’Afrique centrale a révélé d’importantes lacunes dans la protection dans la plupart des pays, d’où les campagnes de vaccination contre la poliomyélite entreprises à grande échelle dans cette zone et toujours en cours. Au Gabon, une campagne de vaccination nationale a eu lieu en juin (une nouvelle tournée est prévue en juillet), et en République du Congo, des activités ont été menées en mai à l’échelle du pays (une autre tournée est prévue en juin).

Des campagnes de vaccination antipoliomyélitique ont aussi été menées en République centrafricaine dans la mesure du possible (de mai à juin), une nouvelle tournée étant prévue dans les zones accessibles en juillet.

Note de l’OMS

À ce jour, rien ne permet de penser que le Brésil a été à nouveau contaminé par le poliovirus originaire de Guinée équatoriale qui a été isolé dans un échantillon d’eaux usées prélevé en mars 2014 dans l’État de São Paulo; aucune transmission du virus au Brésil n’a été établie à la suite de cette exposition.

Compte tenu du niveau élevé d’immunité de la population, attesté par la couverture élevée de la vaccination systématique (>95 %) et les campagnes de vaccination périodiques, de l’absence à ce jour de transmission du PVS1 et des mesures prises pour faire face à la situation, l’OMS évalue le risque de propagation de ce virus à l’intérieur et à partir du Brésil comme faible.

Recommandations de l’OMS pour les voyages

Dans «Voyage internationaux et santé», l’OMS recommande à tous les voyageurs à destination ou en provenance des zones affectées par la poliomyélite d’être à jour dans leur vaccination contre cette maladie.

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