Préparation et riposte aux situations d'urgence

Syndrome de Guillain-Barré – États-Unis d’Amérique

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques
21 mars 2016

Le 10 mars 2016, le point focal national RSI pour les États-Unis d’Amérique a notifié à l’OPS/OMS 2 cas de syndrome de Guillain-Barré (SGB) porteurs d’une infection à virus Zika confirmée. L’enquête est en cours pour ces 2 cas pour savoir s’ils correspondent à la définition du cas de SGB de la Brighton Collaboration.

Informations détaillées sur les cas

  • Le premier est un homme âgé résidant aux États-Unis qui a voyagé récemment en Amérique centrale. Il a présenté une maladie fébrile aiguë peu après son retour aux États-Unis et a été hospitalisé en janvier avec une faiblesse ascendante évolutive dans les extrémités et une diminution des réflexes. Le patient a donné un résultat positif à la recherche de l’infection à virus Zika par PCR. Son état s’est amélioré après traitement et il a pu sortir de l’hôpital. Il a néanmoins souffert d’une brusque hémorragie sous-arachnoïdienne provoquée par une rupture d’anévrisme et il est décédé.
  • Le second est un homme adulte habitant à Haïti qui a présenté une apparition brutale d’une faiblesse faciale, des problèmes de déglutition et un engourdissement des doigts début janvier. On ne signale aucun antécédent de maladie. Quelques jours plus tard, il est allé aux États-Unis pour recevoir d’autres soins médicaux. Il y avait dans le liquide céphalorachidien un taux élevé de protéine et une numération normale des leucocytes. L’examen physique a mis en évidence une faiblesse légère et une diminution des réflexes. La sérologie a été positive pour l’infection à virus Zika. Son état s’est amélioré en administrant des immunoglobulines en intraveineuse et il est sorti de l’hôpital.

Évaluation du risque par l’OMS

Jusqu’à présent, 9 pays ou territoires au total ont signalé une incidence accrue du SGB et/ou de la confirmation en laboratoire de l’infection à virus Zika chez les cas de SGB. C’est la première fois qu’un pays sans transmission vectorielle du virus Zika détecte des patients ayant simultanément un SGB et une infection à virus Zika. Ces cas fournissent une preuve supplémentaire de la possibilité d’un lien de cause à effet entre le virus Zika et le SGB. De nouvelles investigations sont nécessaires pour comprendre les implications d’infections préexistantes par le virus de la dengue, avec les infections récentes à virus Zika, dans la pathogénie du SGB.

Il est probable que les pays notifiant actuellement une transmission autochtone du virus Zika soient confrontés à une recrudescence des cas de SGB dans les prochains mois. Il est cependant crucial de s’assurer que, dans tous ces pays, les hausses signalées de l’incidence du SGB résultent d’une réelle modification plutôt que du renforcement de la surveillance. L’OMS continue de surveiller la situation épidémiologique et de mener des évaluations du risque sur la base des informations les plus récentes.

Conseils de l’OMS

L’OMS recommande aux États Membres affectés ou susceptibles d’observer des flambées de virus Zika:

  • de surveiller l’incidence et les tendances des troubles neurologiques, en particulier le SGB, pour déterminer les variations par rapport aux valeurs de référence attendues;
  • d’élaborer et d’appliquer des protocoles suffisants de prise en charge des patients pour gérer la charge supplémentaire pour les établissements de santé due à une brusque augmentation du nombre des patients atteints du syndrome de Guillain-Barré;
  • de sensibiliser les agents de santé et d’établir ou de renforcer les liens entre les services de santé publique et les cliniciens des secteurs public et privé.

La présence de gîtes larvaires (sites de ponte des moustiques) à proximité des habitations humaines constitue un risque important pour l’infection à virus Zika. La prévention et la lutte s’appuient sur la réduction de la reproduction des moustiques à la source (en éliminant ou en modifiant les gîtes larvaires) et sur la diminution du contact entre les moustiques et les êtres humains.

On peut y parvenir en réduisant le nombre d’habitats naturels ou artificiels remplis d’eau dans lesquels prospèrent les larves de moustiques, en réduisant les populations de moustiques adultes autour des communautés exposées au risque et en prenant des mesures de protection comme l’usage de répulsifs, de panneaux moustiquaires, la fermeture des portes et des fenêtres, et le port de vêtements à manches et à jambes longues.

Comme les moustiques du genre Aedes (le principal vecteur de la transmission) piquent pendant la journée, il est recommandé de protéger ceux qui dorment aussi le jour, notamment les jeunes enfants, les malades ou les personnes âgées, avec des moustiquaires imprégnées ou non d’insecticide.

Lors des flambées, on peut procéder périodiquement, conformément aux orientations techniques données par l’OMS, à des pulvérisations spatiales d’insecticide pour tuer les moustiques en vol. Les insecticides qui conviennent (recommandés par le système OMS d’évaluation des pesticides – WHOPES) peuvent aussi être utilisés comme larvicides pour traiter des contenants relativement grands où l’eau s’accumule, lorsque cela est techniquement indiqué.

Les personnes, et plus particulièrement les femmes enceintes, se rendant dans des zones à haut risque doivent prendre les précautions de base pour se protéger des piqûres de moustiques : produits répulsifs, port de vêtements clairs, à manches et à jambes longues, panneaux moustiquaires fixés aux ouvertures pour empêcher les moustiques d’entrer.

Sur la base des informations actuellement disponibles, l’OMS ne recommande aucune restriction aux voyages ou aux échanges commerciaux avec les États-Unis d’Amérique.