Préparation et riposte aux situations d'urgence

Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) – Arabie saoudite

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques
23 juin 2015

Du 13 au 17 juin 2015, le point focal national RSI pour le Royaume d’Arabie saoudite a notifié à l’OMS 5 cas supplémentaires d’infection par le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV).

Informations détaillées sur les cas

  • Un homme de 28 ans de la ville d’Hofuf a présenté des symptômes le 2 juin. Il travaille comme assistant administratif dans un hôpital ayant connu une flambée de MERS-CoV. Le patient a été tout d’abord placé en isolement chez lui à partir de l’apparition des symptômes. Ceux-ci s’aggravant, il a été cependant hospitalisé le 14 juin. Le patient, qui a d’autres pathologies, a donné un résultat positif à la recherche du MERS-CoV le 15 juin. L’enquête est en cours pour déterminer les liens épidémiologiques avec les cas de MERS-CoV admis dans l’hôpital où il travaille et les antécédents à d’autres facteurs de risque connus pendant les 14 jours précédant l’apparition des symptômes. Placé en isolement dans une chambre à pression négative, il est actuellement dans un état stable.
  • Une femme de 69 ans de la ville d’Hofuf a présenté des symptômes le 12 juin et a été hospitalisée le 13. La patiente, qui a d’autres pathologies, a donné un résultat positif à la recherche du MERS-CoV le 14 juin. Elle est allée fréquemment dans un hôpital ayant connu une flambée de MERS-CoV. L’enquête est en cours pour déterminer les liens épidémiologiques avec les agents de santé et les cas de MERS-CoV admis dans l’hôpital, ainsi que les antécédents à d’autres facteurs de risque connus pendant les 14 jours précédant l’apparition des symptômes. Placée en isolement dans une chambre à pression négative, elle est actuellement dans un état stable.
  • Une femme de 54 ans de la ville d’Hofuf a présenté des symptômes le 5 juin et, le 12, a été admise dans un hôpital ayant connu une flambée de MERS-CoV. La patiente, qui a d’autres pathologies, a donné un résultat positif à la recherche du MERS-CoV le 13 juin. L’enquête est en cours pour déterminer si elle a été exposée à des facteurs de risque connus pendant les 14 jours précédant l’apparition des symptômes. Placée en isolement dans une chambre à pression négative, elle est actuellement dans un état stable.
  • Un homme de 46 ans de la ville d’Hurimala a présenté des symptômes le 9 juin et a été hospitalisé le 12. Le patient, qui a d’autres pathologies, a donné un résultat positif à la recherche du MERS-CoV le 12 juin. Il a été en contact avec des chameaux et consommé du lait cru de chamelle. Il n’a pas été exposé à d’autres facteurs de risque connus dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes. Placé en isolement dans une chambre à pression négative, il est actuellement dans un état stable.
  • Une femme de 55 ans de la ville d’Hofuf a présenté des symptômes le 23 mai et a été hospitalisée le 25. La patiente, qui a d’autres pathologies, a donné un résultat positif à la recherche du MERS-CoV le 12 juin. Entre le 18 avril et le 17 mai, elle avait été hospitalisée dans un établissement de santé où il y avait eu une flambée de MERS-CoV. De plus, elle est allée dans le service de consultations externes du même établissement le 20 mai. L’enquête est en cours pour déterminer les liens épidémiologiques avec les cas de MERS-CoV et le personnel de l’établissement présents lors de son hospitalisation, ainsi que les antécédents à d’autres facteurs de risque connus pendant les 14 jours précédant l’apparition des symptômes. Placée dans une unité de soins intensifs, elle est actuellement dans un état critique.

La recherche des contacts parmi les membres des familles et parmi les personnels de santé se poursuit.

Le point focal national RSI pour le Royaume d’Arabie saoudite a également notifié à l’OMS le décès de 5 cas de MERS-CoV signalés dans les bulletins du 16 juin (cas N° 3), du 11 juin (cas Nos 2 et 3)* et du 6 juin (cas Nos 3 et 4).

À l’échelle mondiale, 1339 cas d’infection par le MERS-CoV, confirmés en laboratoire, ont été notifiés à l’OMS, dont au moins 476 mortels.

Conseils de l’OMS

Compte tenu de la situation actuelle et des informations disponibles, l’OMS encourage tous les États Membres à poursuivre leur surveillance des infections respiratoires aiguës et à examiner avec soin toute présentation inhabituelle.

L’application des mesures de prévention et de lutte contre l’infection est essentielle pour éviter la propagation éventuelle du MERS-CoV dans les établissements de soins. Il n’est pas toujours possible d’identifier rapidement les patients porteurs de ce virus car, comme pour d’autres infections respiratoires, les premiers symptômes ne sont pas spécifiques. Les soignants devront donc toujours appliquer systématiquement les précautions standard à tous les patients, quel que soit leur diagnostic.

Ils devront compléter les précautions standard par les précautions gouttelettes lorsqu’ils dispensent des soins à des patients présentant des symptômes d’infection respiratoire aiguë. Il leur faudra aussi adjoindre à ces mesures les précautions contact et le port d’une protection oculaire pour s’occuper de cas probables ou confirmés d’infection par le MERS-CoV; les précautions aériennes devront être mises en œuvre lors de l’exécution d’actes générant des aérosols.

Jusqu’à ce que l’on en sache plus sur le MERS-CoV, les personnes atteintes de diabète, d’insuffisance rénale ou de maladie pulmonaire chronique ou encore les individus immunodéprimés seront considérés comme à haut risque de maladie grave en cas d’infection par le MERS-CoV. Par conséquent, ces personnes devront éviter les contacts rapprochés avec des animaux, en particulier les chameaux, lorsqu’ils se rendent dans des fermes, sur des marchés ou dans des étables ou des écuries, où l’on sait que le virus circule potentiellement.

On appliquera également des mesures générales d’hygiène comme de se laver systématiquement les mains avant et après avoir touché un animal et d’éviter les contacts avec des animaux malades.

On observera également les règles d’hygiène alimentaire. On évitera ainsi de boire du lait de chamelle cru ou de l’urine de chameau, ou encore de consommer de la viande qui n’est pas assez cuite.

L’OMS ne conseille pas de dépistage particulier aux points d’entrée et ne recommande pas non plus actuellement l’application de restrictions aux déplacements ou au commerce en rapport avec cet événement.


CORRIGENDUM

* Mise à jour du 23 juin 2015. Les cas signalés le 11 juin étaient les cas Nos 2 et 3, et non les cas Nos 1 et 3, comme indiqués initialement.