Alerte et action au niveau mondial (GAR)

Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) – Arabie saoudite

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques
26 février 2015

Entre le 20 et le 22 février 2015, le point focal national RSI pour le Royaume d’Arabie saoudite a notifié à l’OMS quatre cas supplémentaires d’infection par le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen Orient (MERS CoV), dont un mortel. Les cas sont décrits dans l’ordre chronologique de notification en commençant par le plus récent.

Informations détaillées sur les cas:

  • Un homme de 58 ans, non saoudien, de la ville de Dammam, a présenté des symptômes le 18 février et a été hospitalisé le 20 février. Ce patient ne présentait pas d’autres pathologies et n’a pas été exposé à des facteurs de risque connus pendant les 14 jours précédant l’apparition des symptômes. Placé en isolement dans une chambre d’hôpital à pression négative, il est dans un état stable.
  • Un homme de 46 ans, de la ville de Khober, a été hospitalisé le 9 février pour des pathologies sans rapport avec le MERS-CoV. Il est sorti de l’hôpital le 14 février. Il a présenté des symptômes le 17 février et a été hospitalisé à nouveau le jour même, dans le même établissement. Ce patient a été traité dans le même service et par le même personnel que les trois cas d’infection par le MERS-CoV confirmés en laboratoire qui ont été décrits dans le bulletin d’information du 23 février (cas n° 24, 25 et 41). Il n’a pas été exposé à des facteurs de risque connus pendant les 14 jours précédant l’apparition des symptômes. Placé en soins intensifs, il est actuellement dans un état critique.
  • Un homme de 51 ans, de la ville d’ Al-Quway'iyah, a présenté des symptômes le 2 février et a été hospitalisé le 18 février. Ce patient présentait d’autres pathologies. Il n’a jamais été en contact avec des chameaux mais il a consommé du lait de chamelle cru dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes. Il n’a été exposé à aucun facteur de risque connu pendant cette période. Placé en soins intensifs, il est actuellement dans un état critique.
  • Une femme de 58 ans, de la ville de Buridah, a présenté des symptômes le 16 février alors qu’elle était hospitalisée depuis le 29 décembre pour une pathologie sans rapport avec le MERS-CoV. Cette patiente a été traitée dans le même service et par le même personnel qu’un cas d’infection par le MERS-CoV décrit dans le bulletin du 23 février (cas n° 21). Elle n’avait été exposée à aucun facteur de risque connu dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes. Elle est décédée le 21 février.

Le point focal national RSI pour le Royaume d’Arabie saoudite a également déclaré à l’OMS le décès de quatre cas de MERS-CoV notifiés précédemment. Ces cas ont été décrits dans les bulletins du 23 février (cas n° 1, 3 et 17) et du 16 février (cas n° 4).

La recherche des contacts parmi les membres de la famille et parmi les personnels de santé se poursuit.

À l’échelle mondiale, 1030 cas d’infection par le MERS CoV confirmés en laboratoire ont été notifiés à l’OMS, dont au moins 381 mortels.

Conseils de l’OMS

Compte tenu de la situation actuelle et des informations disponibles, l’OMS encourage tous les États Membres à poursuivre leur surveillance des infections respiratoires aiguës et à examiner avec soin toute présentation inhabituelle.

L’application des mesures de prévention et de lutte contre l’infection est essentielle pour éviter la propagation éventuelle du MERS-CoV dans les établissements de soins. Il n’est pas toujours possible d’identifier rapidement les patients porteurs de ce virus car, comme pour d’autres infections respiratoires, les premiers symptômes ne sont pas spécifiques. Les soignants devront donc toujours appliquer systématiquement les précautions standard à tous les patients, quel que soit leur diagnostic. Ils devront compléter les précautions standard par les précautions gouttelettes lorsqu’ils dispensent des soins à des patients présentant des symptômes d’infection respiratoire aiguë. Il leur faudra aussi adjoindre à ces mesures les précautions contact et le port d’une protection oculaire pour s’occuper de cas probables ou confirmés d’infection par le MERS-CoV; les précautions aériennes devront être mises en œuvre lors de l’exécution d’actes générant des aérosols.

Jusqu’à ce que l’on en sache plus sur le MERS-CoV, les personnes atteintes de diabète, d’insuffisance rénale ou de maladie pulmonaire chronique ou encore les individus immunodéprimés seront considérés comme à haut risque de maladie grave en cas d’infection par le MERS CoV. Par conséquent, ces personnes devront éviter les contacts rapprochés avec des animaux, en particulier les chameaux, lorsqu’ils se rendent dans des fermes, sur des marchés ou dans des étables ou des écuries, où l’on sait que le virus circule potentiellement. On appliquera également des mesures générales d’hygiène comme de se laver systématiquement les mains avant et après avoir touché un animal et d’éviter les contacts avec des animaux malades.

On observera également les règles d’hygiène alimentaire. On évitera ainsi de boire du lait de chamelle cru ou de l’urine de chameau, ou encore de consommer de la viande qui n’est pas assez cuite.

L’OMS ne conseille pas de dépistage particulier aux points d’entrée et ne recommande pas non plus actuellement l’application de restrictions aux déplacements ou au commerce en rapport avec cet événement.