Préparation et riposte aux situations d'urgence

Infection à virus Zika – Inde

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques
26 mai 2017

Le 15 mai 2017, le Ministère de la santé et des affaires familiales du gouvernement indien a notifié trois cas de maladie à virus Zika confirmés en laboratoire dans la région de Bapunagar, district d’Ahmedabad, État du Gujarat (Inde).

La surveillance systématique en laboratoire a permis de détecter un cas de maladie à virus Zika confirmé en laboratoire au moyen du test RT-PCR au B.J. Medical College d’Ahmedabad, dans le Gujarat. Une nouvelle confirmation de l’étiologie de ce cas a été obtenue par un test RT-PCR et un séquençage au laboratoire national de référence, le National Institute of Virology (NIV) de Pune, le 4 janvier 2017 (cas 2 ci-dessous). Deux cas supplémentaires (cas 1 et cas 3) ont été identifiés grâce à la surveillance des affections fébriles aiguës et des services prénatals. Les cas sont présentés ci-dessous par ordre chronologique :

  • Cas 1: Une femme de 34 ans a donné naissance à un enfant cliniquement en bonne santé au BJMC d’Ahmedabad le 9 novembre 2016. Pendant son séjour à l’hôpital, elle a présenté une légère poussée de fièvre après l’accouchement. Aucun antécédent de fièvre pendant la grossesse n’a été signalé et cette patiente n’avait pas voyagé au cours de trois mois précédents. Un échantillon prélevé sur la patiente a été envoyé au laboratoire de recherche et de diagnostic viral du BJMC afin de rechercher le virus de la dengue et c’est par la suite le test du virus Zika qui s’est révélé positif. La patiente est sortie de l’hôpital au bout d’une semaine (le 16 novembre 2016). Une nouvelle confirmation de la présence du virus Zika dans l’échantillon a été obtenue par un test RT PCR et un séquençage au NIV de Pune.
  • Cas 2: Au cours de la surveillance fondée sur les services prénatals entre le 6 et le 12 janvier 2017, 111 échantillons sanguins ont été collectés au BJMC. Un échantillon prélevé sur une femme enceinte de 22 ans dans sa 37e semaine de grossesse a donné un résultat positif pour la maladie à virus Zika.
  • Cas 3: Dans le cadre de la surveillance des affections fébriles aiguës entre le 10 et le 16 février 2017, 93 échantillons sanguins au total ont été collectés au BJMC d’Ahmedabad, dans l’État du Gujarat. Un échantillon prélevé sur un homme de 64 ans présentant une affection fébrile depuis 8 jours (donnant un résultat négatif pour la dengue) a révélé la présence du virus Zika au BJMC d’Ahmedabad. Il s’agit du premier cas positif pour le virus Zika notifié grâce à la surveillance des affections fébriles au BJMC d’Ahmedabad, dans l’État du Gujarat.

Action de santé publique

  • Les lignes directrices et le plan d’action à l’échelle nationale sur la maladie à virus Zika ont été partagés avec les États afin de prévenir une flambée de maladie à virus Zika et de contenir la propagation en cas de flambée.
  • Un groupe spécial interministériel a été mis sur pied sous la présidence du Secrétaire à la santé et aux affaires familiales, en collaboration avec le Secrétaire à la biotechnologie et au Secrétaire du département de la recherche sur la santé. Le groupe de surveillance conjoint, un groupe technique chargé de surveiller les maladies émergentes et réémergentes passe régulièrement en revue la situation concernant la maladie à virus Zika à l’échelle mondiale.
  • Tous les ports et aéroports internationaux affichent des informations sur la maladie à virus Zika à l’intention des voyageurs.
  • Les fonctionnaires des services de santé dans les aéroports, en collaboration avec les organisations aéroportuaires, le National Centre for Disease Control (NCDC) et le National Vector Borne Disease Control Programme se penchent sur les mesures adaptées de lutte antivectorielle dans les aéroports.
  • Le programme Integrated Disease Surveillance Programme (IDSP) suit la concentration des cas d’affections fébriles aiguës dans la communauté.
  • Outre le NIV de Pune et le NCDC de Delhi, les capacités de diagnostic de 25 laboratoires ont également été renforcées par l’Indian Council of Medical Research (ICMR). De plus, trois laboratoires d’entomologie mènent des tests à la recherche du virus Zika dans des échantillons de moustiques.
  • L’ICMR a testé 34 233 échantillons humains et 12 647 échantillons de moustiques pour vérifier la présence du virus Zika. Parmi eux, près de 500 échantillons de moustiques ont été collectés dans la région de Bapunagar, dans le district d’Ahmedabad (Gujarat) et ont donné des résultats négatifs pour le virus Zika.
  • Le Rashtriya Bal Swasthya Karyakram (RBSK) surveille les cas de microcéphalie dans 55 sites sentinelles. Pour l’instant, aucune augmentation du nombre de cas de microcéphalie ou de leur concentration n’a été notifiée par ces centres.
  • Les documents de communication sur les risques sont en cours de finalisation par le Central Health Education Bureau, en consultation avec l’UNICEF.

Évaluation du risque par l’OMS

Ce rapport est important car il décrit les premiers cas d’infections à virus Zika et fournit des données factuelles sur la circulation du virus en Inde. Ces résultats indiquent un niveau peu élevé de transmission du virus Zika et de nouveaux cas pourraient se produire à l’avenir. Les efforts visant à renforcer la surveillance devraient être poursuivis pour mieux caractériser l’intensité de la circulation du virus et son étendue géographique, ainsi que pour surveiller les complications en lien avec le virus Zika. La circulation du virus Zika dans la Région de l’Asie du Sud-Est est connue et ces observations ne modifient en rien l’évaluation des risques au niveau mondial. L’OMS encourage les États Membres à notifier les observations de ce type afin de mieux comprendre l’épidémiologie du virus Zika à l’échelle mondiale.

Le risque que le virus Zika se propage vers des régions où les vecteurs compétents (les moustiques du genre Aedes) sont présents est important compte tenu de la large distribution géographique de ces moustiques dans différentes régions du monde. L’OMS continue de surveiller la situation épidémiologique et d’évaluer les risques sur la base des informations les plus récentes.

Conseils de l’OMS

La prévention du virus Zika et la lutte contre ce virus reposent sur la réduction du nombre de moustiques grâce à une intervention à la source (suppression et modification des gîtes larvaires) et grâce à la limitation des contacts entre les moustiques et les personnes. Au cours des flambées, les autorités sanitaires peuvent conseiller la pulvérisation d’insecticides. Les insecticides recommandés par le système OMS d’évaluation des pesticides peuvent également être utilisés comme larvicides afin de traiter des réserves d’eau relativement importantes.

Les personnes se rendant dans les zones à haut risque, et en particulier les femmes enceintes, doivent prendre les précautions de base pour se protéger contre les piqûres de moustique. Cela comprend l’utilisation de répulsifs, le port de vêtements de couleur claire couvrant les bras et les jambes, ainsi que l’installation de moustiquaires aux fenêtres pour empêcher les moustiques d’entrer.

En raison du risque de microcéphalie et d’autres anomalies congénitales associées à l’infection à virus Zika, les hommes et les femmes sexuellement actifs devraient être conseillés et se voir proposer un ensemble de méthodes contraceptives afin d’être en mesure de prendre des décisions éclairées sur l’opportunité d’envisager une grossesse et le moment opportun pour le faire. En ce qui concerne les femmes déjà enceintes, elles devraient recevoir des informations précises sur les options qui s’offrent à elles dans les limites de la loi.

En outre, en raison du risque de transmission sexuelle, il est essentiel que les hommes et les femmes bénéficient de conseils sur les pratiques sexuelles à moindre risque et se voient offrir des préservatifs. À cet égard, l’OMS a publié des lignes directrices sur la prévention des grossesses, la prévention de la transmission sexuelle du virus Zika et la prise en charge de la grossesse.

Sur la base des informations actuellement disponibles, l’OMS ne recommande pas d’appliquer à l’Inde des restrictions aux voyages ou aux échanges commerciaux.


RECTIFICATIF en date du 30 mai 2017

L’année de la période de surveillance a été corrigée le 30 mai 2017. La surveillance des affections fébriles aiguës a eu lieu du 10 au 16 février 2017 et non du 10 au 16 février 2016. Par conséquent, les cas ont été réorganisés par ordre chronologique le 30 mai 2017. Un paragraphe sur la prévention de la transmission sexuelle du virus a été ajouté à la section «Conseils de l’OMS» le 30 mai 2017.