Préparation et riposte aux situations d'urgence

Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) – Émirats arabes unis

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques
28 août 2017

Le 29 juillet 2017, le point focal national RSI pour les Émirats arabes unis a notifié un cas supplémentaire d’infection par le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS CoV).

Informations détaillées sur le cas

Le patient, qui vit et travaille à Al Ain (Émirats arabes unis), s’est présenté dans un hôpital de la ville le 16 juillet 2017. Ce jour-là, une radio thoracique a mis en évidence une pneumonie et un traitement par antibiotiques et ventilation non invasive lui a été donné. Le 25 juillet, ses symptômes se sont aggravés et un échantillon d’expectorations a été prélevé et analysé pour rechercher le MERS-CoV et la grippe. Le 26 juillet, en l’absence de signes d’amélioration, le patient a été transféré dans un second hôpital d’Al Ain et placé en unité de soins intensifs.

Un deuxième échantillon d’expectorations a été prélevé le 26 juillet et les deux échantillons ont donné un résultat positif pour le MERS-CoV le 27 juillet 2017. Le patient est toujours en unité de soins intensifs sous assistance respiratoire mécanique. L’enquête sur l’origine de son infection est en cours. Pour l’instant, les résultats n’ont pas encore été communiqués à l’OMS.

À l’échelle mondiale, 2067 cas confirmés en laboratoire d’infection par le MERS-CoV, dont au moins 720 cas mortels, ont été signalés à l’OMS.

Action de la santé publique

Le Ministère de la santé à Abu Dhabi a recherché les contacts et a suivi au total 89 agents de santé et 95 personnes sur son lieu de travail. Tous les contacts identifiés ont été surveillés pendant 14 jours à compter de la date de la dernière exposition. Aucun cas supplémentaire n’a été détecté.

Évaluation du risque par l’OMS

Le MERS-CoV provoque chez l’homme une infection sévère à l’origine d’une forte mortalité, et on a constaté qu’une transmission interhumaine était possible. Jusqu’à présent, les cas de transmission interhumaine sont survenus principalement dans des établissements de soins.

La notification de cas supplémentaires ne modifie pas l’évaluation générale du risque. L’OMS s’attend à ce que de nouveaux cas d’infection à MERS-CoV soient notifiés au Moyen-Orient et à ce que des personnes qui ont pu contracter l’infection après avoir été exposées à des animaux, à des produits d’origine animale (par exemple à la suite de contacts avec des dromadaires), ou à une source humaine (par exemple dans un établissement de soins), continuent à propager l’infection vers d’autres pays. L’OMS continue de surveiller la situation épidémiologique et de procéder à des évaluations du risque sur la base des informations disponibles les plus récentes.

Conseils de l’OMS

Compte tenu de la situation actuelle et des informations disponibles, l’OMS encourage tous les États Membres à poursuivre leur surveillance des infections respiratoires aiguës et à examiner avec soin toute présentation inhabituelle. L’application des mesures de prévention et de lutte contre l’infection est essentielle pour éviter la propagation éventuelle du MERS-CoV dans les établissements de soins. Il n’est pas toujours possible d’identifier rapidement les patients porteurs de ce virus car, comme pour d’autres infections respiratoires, les premiers symptômes ne sont pas spécifiques.

Les soignants devront donc toujours appliquer systématiquement les précautions standard à tous les patients, quel que soit leur diagnostic. Ils devront compléter les précautions standard par les précautions gouttelettes lorsqu’ils dispensent des soins à des patients présentant des symptômes d’infection respiratoire aiguë. Il leur faudra aussi adjoindre à ces mesures les précautions contact et le port d’une protection oculaire pour s’occuper de cas probables ou confirmés d’infection par le MERS-CoV; les précautions aériennes devront être mises en œuvre lors de l’exécution d’actes générant des aérosols.

Jusqu’à ce que l’on en sache plus sur le MERS-CoV, les personnes atteintes de diabète, d’insuffisance rénale ou de maladie pulmonaire chronique ou encore les individus immunodéprimés seront considérés comme à haut risque de maladie grave en cas d’infection par le MERS-CoV. Par conséquent, ces personnes devront éviter les contacts rapprochés avec des animaux, en particulier les chameaux, lorsqu’elles se rendent dans des fermes, sur des marchés ou dans des étables ou des écuries où l’on sait que le virus circule potentiellement. On appliquera également des mesures générales d’hygiène comme se laver systématiquement les mains avant et après avoir touché un animal et éviter les contacts avec des animaux malades.

On observera également les règles d’hygiène alimentaire. On évitera ainsi de boire du lait cru de chamelle ou de l’urine de chameau, ou encore de consommer de la viande qui n’est pas assez cuite.

En rapport avec cet événement, l’OMS ne conseille pas de dépistage spécial au point d’entrée et ne recommande pas non plus l’application de restrictions aux déplacements et au commerce.