Préparation et riposte aux situations d'urgence

Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen Orient (MERS CoV) – Arabie saoudite

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques
29 février 2016

Entre le 1er et le 16 février 2016, le point focal national RSI pour le Royaume d’Arabie saoudite a notifié à l’OMS 6 cas supplémentaires d’infection par le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen Orient (MERS CoV), dont 3 mortels.

Informations détaillées sur les cas

  • Un homme de 80 ans de la ville d’Al-Kharj a présenté des symptômes le 6 février et a été hospitalisé le 13. Le patient, qui avait d’autres pathologies, a donné un résultat positif à la recherche du MERS-CoV le 14 février. Il est décédé le 16 février. Une enquête est en cours pour déterminer s’il a été exposé aux facteurs de risque connus dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes.
  • Une femme de 75 ans de la ville d’Al-Kharj a présenté des symptômes le 8 février et a été hospitalisée le 10. La patiente, qui avait d’autres pathologies, a donné un résultat positif à la recherche du MERS-CoV le 12 février et est décédée le jour même. Elle avait été souvent en contact avec des chameaux et avait consommé du lait de chamelle cru. Elle n’avait pas été exposée à d’autres facteurs de risque connus dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes. Le Ministère de l’Agriculture a été informé et mène actuellement une enquête.
  • Un homme de 34 ans de la ville de Najran a présenté des symptômes le 1er février et a été hospitalisé le 10. Le patient, qui n’avait pas d’autres pathologies, a donné un résultat positif à la recherche du MERS-CoV le 11février et il est décédé le jour même. L’enquête n’a pas clairement montré que le patient avait été exposé aux facteurs de risque connus dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes.
  • Un homme de 41 ans de la ville d’Al-Kharj a présenté des symptômes le 3 février et a été hospitalisée le 10. Le patient, qui n’a pas d’autres pathologies, a donné un résultat positif à la recherche du MERS-CoV le 11 février. Placé en isolement dans une chambre à pression négative, il est actuellement dans un état stable. Il a été en contact avec un cas de MERS-CoV confirmé en laboratoire (voir le cas n° 6 ci-dessous). Le patient n’a pas été exposé à d’autres facteurs de risque dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes.
  • Un homme de 78 ans de la ville de Taif a présenté des symptômes le 31 janvier et a été hospitalisée le 2 février. Le patient, qui a d’autres pathologies, a donné un résultat positif à la recherche du MERS-CoV le 3 février. Placé en isolement dans une chambre à pression négative, il est actuellement dans un état stable. Dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes, il a consommé du lait de chamelle cru et n’a pas été exposé à d’autres facteurs de risque connus. Le Ministère de l’Agriculture a été informé et mène actuellement une enquête.
  • Un ressortissant étranger de 43 ans, vivant à Riyad, a présenté des symptômes le 21 janvier. Il a été hospitalisé le 31 et, le jour même, a donné un résultat positif à la recherche du MERS-CoV. Le patient, qui n’a pas d’autres pathologies, est placé en isolement à son domicile. Il se trouve actuellement dans un état stable. L’enquête n’a pas clairement montré qu’il avait été exposé aux facteurs de risque connus dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes.

La recherche des contacts parmi les membres des familles et parmi les personnels de santé se poursuit.

À l’échelle mondiale, depuis septembre 2012, 1644 cas d’infection par le MERS CoV, confirmés en laboratoire, ont été notifiés à l’OMS, dont au moins 590 mortels.

Évaluation du risque par l’OMS

Le MERS-CoV provoque chez l’homme une infection sévère à l’origine d’une forte mortalité, et on a constaté qu’une transmission interhumaine était possible. Jusqu’à présent, les cas de transmission interhumaine sont survenus principalement dans des établissements de soins.

La notification de cas supplémentaires ne change pas l’évaluation générale du risque. L’OMS s’attend à ce que de nouveaux cas d’infection à MERS-CoV soient notifiés au Moyen-Orient et à ce que des personnes qui pourraient contracter l’infection après avoir été exposées à des animaux (par exemple, à des dromadaires), à des produits du règne animal ou à une source humaine (par exemple, dans un établissement de soins) continuent à propager l’infection vers d’autres pays. L’OMS continue de surveiller la situation épidémiologique et de faire des évaluations du risque sur la base des informations les plus récentes.

Conseils de l’OMS

Compte tenu de la situation actuelle et des informations disponibles, l’OMS encourage tous les États Membres à poursuivre leur surveillance des infections respiratoires aiguës et à examiner avec soin toute présentation inhabituelle.

L’application des mesures de prévention et de lutte contre l’infection est essentielle pour éviter la propagation éventuelle du MERS-CoV dans les établissements de soins. Il n’est pas toujours possible d’identifier rapidement les patients porteurs de ce virus car, comme pour d’autres infections respiratoires, les premiers symptômes ne sont pas spécifiques. Les soignants devront donc toujours appliquer systématiquement les précautions standard à tous les patients, quel que soit leur diagnostic. Ils devront compléter les précautions standard par les précautions gouttelettes lorsqu’ils dispensent des soins à des patients présentant des symptômes d’infection respiratoire aiguë. Il leur faudra aussi adjoindre à ces mesures les précautions contact et le port d’une protection oculaire pour s’occuper de cas probables ou confirmés d’infection par le MERS-CoV; les précautions aériennes devront être mises en œuvre lors de l’exécution d’actes générant des aérosols.

Jusqu’à ce que l’on en sache plus sur le MERS-CoV, les personnes atteintes de diabète, d’insuffisance rénale ou de maladie pulmonaire chronique ou encore les individus immunodéprimés seront considérés comme à haut risque de maladie grave en cas d’infection par le MERS-CoV. Par conséquent, ces personnes devront éviter les contacts rapprochés avec des animaux, en particulier les chameaux, lorsqu’ils se rendent dans des fermes, sur des marchés ou dans des étables ou des écuries, où l’on sait que le virus circule potentiellement. On appliquera également des mesures générales d’hygiène comme se laver systématiquement les mains avant et après avoir touché un animal et éviter les contacts avec des animaux malades.

On observera également les règles d’hygiène alimentaire. On évitera ainsi de boire du lait de chamelle cru ou de l’urine de chameau, ou encore de consommer de la viande qui n’est pas assez cuite.

Compte tenu de l’absence de preuve d’une transmission interhumaine soutenue dans la communauté, l’OMS ne recommande pas l’application de restrictions aux déplacements et au commerce en rapport avec cet événement. La sensibilisation au risque du MERS-CoV pour les voyageurs à destination et en provenance des pays affectés est une bonne pratique de santé publique.

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