Préparation et riposte aux situations d'urgence

Fièvre jaune (France – Guyane française)

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques
30 août 2017

Le 22 août 2017, le point focal national RSI pour la France a notifié un cas mortel confirmé de fièvre jaune concernant une Brésilienne de 43 ans en Guyane française; son statut vaccinal est inconnu.

La patiente a été hospitalisée le 7 août 2017 et elle est morte le 9 d’hépatite fulminante à l’hôpital de Cayenne. Elle pourrait être allée dans une zone d’exploitation aurifère près de St Elie (au Centre-Nord du pays). L’enquête est en cours pour déterminer l’itinéraire de la patiente.

Le 21 août 2017, le cas a été confirmé par RT-PCR en laboratoire au centre national de référence pour les arbovirus à l’Institut Pasteur de Cayenne. C’est le premier cas confirmé diagnostiqué sur ce territoire depuis 1998.

On considère que la fièvre jaune est endémique en Guyane française. La couverture vaccinale est bonne en général, la vaccination antiamarile étant obligatoire, mais elle pourrait être faible dans certaines populations comme les travailleurs clandestins ou illégaux. Une campagne de rattrapage sera donc mise en œuvre dans les zones légales et illégales de prospection aurifère.

Action de la santé publique

Les autorités sanitaires de la Guyane française ont pris plusieurs mesures de santé publique:

  • une enquête initiale a été faite et de nouvelles investigations sont en cours;
  • des interventions de lutte antivectorielle sont mises en œuvre, en particulier dans les zones spécifiques où le cas s’est rendu: les établissements de santé à Cayenne et Kourou, les localités de l’intérieur autour de Saint Elie et la région du Bas-Oyapock;
  • on étudie la faisabilité d’une vaccination de rattrapage ciblant les travailleurs dans les zones légales et illégales d’exploitation aurifère;
  • des communications et des messages sur les mesures de prévention de la fièvre jaune sont diffusés en Guyane française, y compris pour les populations vivant dans ces zones.

Évaluation du risque par l’OMS

La fièvre jaune est une maladie hémorragique virale aiguë susceptible de se propager rapidement et d’entraîner de graves répercussions sur la santé publique chez les populations non vaccinées. La vaccination est le moyen de prévention le plus important pour éviter la fièvre jaune.

On considère qu’il y en Guyane française un risque de transmission de la fièvre jaune. Un certificat de vaccination antiamarile est requis pour les voyageurs âgés de plus d’un an. La couverture vaccinale est optimale dans ce département mais, dans certaines populations comme les travailleurs clandestins dans les zones minières, elle pourrait être moins bonne, entraînant un risque d’infections amariles.

Si le lieu exact de l’infection n’a pas encore été établi, il semble que la zone géographique la plus probable se trouve vers la frontière franco-brésilienne, le long de l’Oyapock.

À ce stade, et selon les données préliminaires, ce cas n’a pas de lien épidémiologique avec les flambées de fièvre jaune selvatique signalées au Brésil depuis janvier 2017. Le séquençage et la comparaison avec les souches de virus amaril d’autres pays est nécessaire pour comprendre le lien potentiel entre les différentes flambées et l’évolution du virus de la fièvre jaune. Sur la base des informations actuellement disponibles concernant la situation épidémiologique et les premières mesures de santé publique, le potentiel d’une épidémie de grande ampleur et d’une propagation international existe, mais il est limité et pourrait être réduit par la vaccination.

Conseils de l’OMS

Les conseils aux voyageurs prévoyant de se rendre dans les zones où existe le risque de transmission de la fièvre jaune en Amérique du Sud comportent:

  • la vaccination antiamarile au moins 10 jours avant le voyage. Une dose unique d’un vaccin antiamaril suffit pour conférer une immunité durable et une protection à vie contre la fièvre jaune sans qu’il y ait besoin d’un rappel;
  • l’application de mesures pour éviter les piqûres de moustiques;
  • La connaissance des signes et symptômes de la fièvre jaune dans la population
  • l’encouragement à aller consulter pendant le voyage et au retour d’une zone à risque, en particulier dans un pays où un cycle local de transmission peut s’établir (c’est-à-dire là où le vecteur compétent est présent);

Cette notification de cas illustre l’importance de maintenir la sensibilisation à la nécessité de la vaccination antiamarile, en particulier dans les régions ayant un écosystème favorable à la transmission de la fièvre jaune.

La vaccination, à condition qu’elle soit administrée au moins 10 jours avant le voyage, permet d’éviter facilement la fièvre jaune. Une dose unique de vaccin antiamaril suffit pour conférer une immunité durable et une protection à vie contre la fièvre jaune sans qu’il y ait besoin d’un rappel.

Par conséquent, l’OMS invite instamment les États Membres à renforcer le contrôle des vaccinations des voyageurs se rendant dans toutes les zones potentielles d’endémie. Les voyageurs de retour porteurs d’une virémie pourraient créer un risque d’établissement de cycles locaux de transmission de la fièvre jaune, avant tout dans les régions où le vecteur compétent est présent. S’il existe des motifs médicaux pour qu’ils ne soient pas vaccinés, cela doit également être certifié par les autorités compétentes.

Sur la base des informations actuellement disponibles sur cet événement, l’OMS ne recommande aucune restriction aux voyages ou aux échanges commerciaux avec la Guyane française.