Préparation et riposte aux situations d'urgence

Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen Orient (MERS-CoV) – Arabie saoudite

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques
5 décembre 2016

Entre le 12 et le 27 novembre 2016, le point focal national RSI pour l’Arabie saoudite a notifié 9 cas supplémentaires d’infection par le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen Orient (MERS CoV), dont un mortel.

Informations détaillées sur les cas

  • Un homme saoudien de 56 ans vivant dans la ville d’Hafar Al Batin (région de l’est) a présenté des symptômes le 18 novembre et a été hospitalisé le 25. Le patient qui avait d’autres pathologies a donné un résultat positif à la recherche du MERS CoV le 26 novembre. L’enquête est en cours sur une exposition éventuelle aux facteurs de risque connus. Placé en isolement dans une chambre à pression négative, le patient est actuellement dans un état stable.
  • Une femme saoudienne de 59 ans vivant dans la ville de Najran (région de Najran) a développé des symptômes le 11 novembre et a été hospitalisée le 18. La patiente qui avait d’autres pathologies a donné un résultat positif à la recherche du MERS CoV le 20 novembre. L’enquête est en cours sur une exposition éventuelle aux facteurs de risque connus dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes. Placée en unité de soins intensifs, sous assistance respiratoire, la patiente était dans un état critique. Son état de santé s’est détérioré et elle est décédée le 22 novembre 2016.
  • Un homme saoudien de 34 ans vivant dans la ville d’Arar (région de la frontière nord) a présenté des symptômes le 10 novembre et a été hospitalisé le 15. Le patient qui n’a pas d’autres pathologies, a donné un résultat positif à la recherche du MERS-CoV le 17 novembre. Il a été en contact avec des chameaux et a consommé du lait cru dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes. Placé en isolement dans une chambre à pression négative, il est actuellement dans un état stable. Le Ministère de l’agriculture a été informé et une investigation portant sur les chameaux est en cours.
  • Un homme saoudien de 29 ans dans la ville d’Az Zulfi (région de Riyad). Il a développé des symptômes le 9 novembre et a été hospitalisé le 15. Le patient, qui n’a pas d’autres pathologies, a donné un résultat positif à la recherche du MERS CoV le 17 novembre. Il a été en contact avec des chameaux et a consommé du lait cru dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes. Placé en isolement dans une chambre à pression négative, il est actuellement dans un état stable. Le Ministère de l’agriculture a été informé et une investigation portant sur les chameaux est en cours.
  • Un ressortissant étranger de 53 ans vivant dans la ville de Buqayq (région de l’est) a développé des symptômes le 12 novembre et a été hospitalisé le 16. Le patient qui n’a pas d’autres pathologies, a donné un résultat positif à la recherche du MERS-CoV le 17 novembre. L’enquête est en cours sur une exposition éventuelle aux facteurs de risque connus dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes. Placé en isolement dans une chambre à pression négative, le patient est actuellement dans un état stable.
  • Une femme saoudienne de 29 ans vivant dans la ville d’Hafar Al Batin (région de l’est) a présenté des symptômes le 15 novembre et a été hospitalisée le 16. La patiente qui n’a pas d’autres pathologies, a donné un résultat positif à la recherche du MERS CoV le 17 novembre. L’enquête est en cours sur une exposition éventuelle aux facteurs de risque connus dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes. Placée en isolement dans une chambre à pression négative, la patiente est actuellement dans un état stable.
  • Un homme saoudien de 45 ans vivant dans la ville d’Aflaj (région de Riyad) a présenté des symptômes le 10 novembre et a été hospitalisé le 14. Le patient qui avait d’autres pathologies a donné un résultat positif à la recherche du MERS CoV le 16 novembre. Il a été en contact avec des chameaux et a consommé du lait cru dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes. Placé en isolement dans une chambre à pression négative, le patient est actuellement dans un état stable. Le Ministère de l’agriculture a été informé et une enquête portant sur les chameaux est en cours.
  • Une femme saoudienne de 58 ans vivant dans la ville d’Afif (région de Riyad) a présenté des symptômes le 3 novembre et a été hospitalisée le 11 novembre. La patiente qui avait d’autres pathologies a donné un résultat positif à la recherche du MERS CoV le 13 novembre. L’enquête est en cours sur une exposition éventuelle aux facteurs de risque connus dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes. Placée en isolement dans une chambre à pression négative, la patiente est actuellement dans un état stable.
  • Un homme saoudien de 51 ans vivant dans la ville de Tabuk (région de Tabuk) a présenté des symptômes le 2 novembre et a été hospitalisé le 9. Le patient qui avait d’autres pathologies a donné un résultat positif à la recherche du MERS CoV le 11 novembre. Il a été en contact avec des chameaux et a consommé du lait cru dans les 14 jours précédant l’apparition des symptômes. Placé en unité de soins intensifs mais pas sous assistance respiratoire, le patient est actuellement dans un état critique. Le Ministère de l’agriculture a été informé et une enquête portant sur les chameaux est en cours.

Pour ces cas, la recherche des contacts familiaux et des contacts parmi le personnel de santé se poursuit.

À l’échelle mondiale, depuis septembre 2012, 1841 cas d’infection par le MERS CoV, confirmés en laboratoire, ont été notifiés à l’OMS, dont au moins 652 mortels.

Évaluation du risque par l’OMS

Le MERS-CoV provoque chez l’homme une infection sévère à l’origine d’une forte mortalité, et on a constaté qu’une transmission interhumaine était possible. Jusqu’à présent, les cas de transmission interhumaine sont survenus principalement dans des établissements de soins.

La notification de cas supplémentaires ne modifie pas l’évaluation générale du risque. L’OMS s’attend à ce que de nouveaux cas d’infection à MERS-CoV soient notifiés au Moyen-Orient et à ce que des personnes qui pourraient contracter l’infection après avoir été exposées à des animaux (par exemple à des dromadaires), à des produits d’origine animale ou à une source humaine (par exemple dans un établissement de soins) continuent à propager l’infection vers d’autres pays. L’OMS continue de surveiller la situation épidémiologique et de faire des évaluations du risque sur la base des informations les plus récentes.

Conseils de l’OMS

Compte tenu de la situation actuelle et des informations disponibles, l’OMS encourage tous les États Membres à poursuivre leur surveillance des infections respiratoires aiguës et à examiner avec soin toute présentation inhabituelle.

L’application des mesures de prévention et de lutte contre l’infection est essentielle pour éviter la propagation éventuelle du MERS-CoV dans les établissements de soins. Il n’est pas toujours possible d’identifier rapidement les patients porteurs de ce virus car, comme pour d’autres infections respiratoires, les premiers symptômes ne sont pas spécifiques.

Les soignants devront donc toujours appliquer systématiquement les précautions standard à tous les patients, quel que soit leur diagnostic. Ils devront compléter les précautions standard par les précautions gouttelettes lorsqu’ils dispensent des soins à des patients présentant des symptômes d’infection respiratoire aiguë. Il leur faudra aussi adjoindre à ces mesures les précautions contact et le port d’une protection oculaire pour s’occuper de cas probables ou confirmés d’infection par le MERS-CoV; les précautions aériennes devront être mises en œuvre lors de l’exécution d’actes générant des aérosols.

Jusqu’à ce que l’on en sache plus sur le MERS-CoV, les personnes atteintes de diabète, d’insuffisance rénale ou de maladie pulmonaire chronique ou encore les individus immunodéprimés seront considérés comme à haut risque de maladie grave en cas d’infection par le MERS-CoV.

Par conséquent, ces personnes devront éviter les contacts rapprochés avec des animaux, en particulier les chameaux, lorsqu’elles se rendent dans des fermes, sur des marchés ou dans des étables ou des écuries où l’on sait que le virus circule potentiellement. On appliquera également des mesures générales d’hygiène comme se laver systématiquement les mains avant et après avoir touché un animal et éviter les contacts avec des animaux malades.

On observera également les règles d’hygiène alimentaire. On évitera ainsi de boire du lait cru de chamelle ou de l’urine de chameau, ou encore de consommer de la viande qui n’est pas assez cuite.

En rapport avec cet événement, l’OMS ne conseille pas de dépistage spécial au point d’entrée et ne recommande pas non plus l’application de restrictions aux déplacements et au commerce.