Préparation et riposte aux situations d'urgence

Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV) – Arabie saoudite

Bulletin d’information sur les flambées épidémiques
7 novembre 2017

Du 27 septembre au 31 octobre 2017, le point focal national RSI pour le Royaume d’Arabie saoudite a notifié 12 cas supplémentaires d’infection par le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV), dont 2 mortels. Un décès survenu parmi les cas précédemment notifiés a également été signalé à l’OMS.

Informations détaillées sur les cas

Les informations détaillées sur les cas notifiés sont présentées dans un document distinct (voir lien ci dessous).

Les 12 cas d’infection par le MERS-CoV notifiés pendant cette période proviennent de 6 régions du pays. Parmi ces 12 cas, 9 ont indiqué avoir été en contact avec des dromadaires et aucun n’a fait état d’un lien épidémiologique avec d’autres cas connu. Des enquêtes sont en cours pour identifier l’origine de l’infection pour chaque cas, notamment la présence éventuelle de contacts directs et/ou indirects avec des dromadaires.

À l’échelle mondiale, 2102 cas d’infection par le MERS-CoV confirmés en laboratoire, dont au moins 733 cas mortels, ont été signalés à l’OMS.

Action de santé publique

L’enquête du Ministère de la santé et du Ministère de l’agriculture (quand les dromadaires sont impliqués) d’Arabie saoudite sur l’origine de l’infection de ces cas est en cours. Le Ministère de la santé a identifié et suit les contacts des cas de MERS connus parmi les agents de santé et les membres du foyer. Conformément à la politique saoudienne, les contacts recensés ne sont pas autorisés à participer au pèlerinage (hadj).

Évaluation des risques par l’OMS

Le MERS-CoV, qui provoque chez l’homme une infection sévère associée à une forte mortalité, a démontré sa capacité à se transmettre d’une personne à l’autre. Jusqu’à présent, les cas de transmission interhumaine sont survenus principalement dans des établissements de soins. Au sein des communautés, les infections humaines résultent d’un contact rapproché direct ou indirect avec des dromadaires infectés.

La notification de cas supplémentaires ne modifie pas l’évaluation générale des risques. L’OMS s’attend à ce que de nouveaux cas d’infection à MERS-CoV soient notifiés au Moyen-Orient et à ce que des personnes qui ont pu contracter l’infection après avoir été exposées à des animaux, à des produits d’origine animale (par exemple à la suite de contacts avec des dromadaires) ou à une source humaine (par exemple dans un établissement de soins) continuent à propager l’infection vers d’autres pays. L’OMS continue de surveiller la situation épidémiologique et de procéder à des évaluations des risques sur la base des informations disponibles les plus récentes.

Conseils de l’OMS

Compte tenu de la situation actuelle et des informations disponibles, l’OMS encourage tous les États Membres à poursuivre leur surveillance des infections respiratoires aiguës et à examiner avec soin toute présentation inhabituelle.

L’application des mesures de prévention et de lutte contre l’infection est essentielle pour éviter la propagation éventuelle du MERS-CoV dans les établissements de santé. Il n’est pas toujours possible d’identifier rapidement les patients porteurs de ce virus car, comme pour d’autres infections respiratoires, les premiers symptômes ne sont pas spécifiques. Les agents de santé devront donc toujours appliquer systématiquement les précautions standard avec tous les patients, quel que soit leur diagnostic.

Ils devront compléter ces précautions standard par les précautions contre les gouttelettes lorsqu’ils dispensent des soins à des patients présentant des symptômes d’infection respiratoire aiguë. Il leur faudra aussi adjoindre à ces mesures les précautions pour éviter le contact et le port d’une protection oculaire quand ils s’occupent de cas probables ou confirmés d’infection par le MERS-CoV; les précautions aériennes devront être mises en œuvre lors de l’exécution d’actes générant des aérosols.

La connaissance parmi la communauté et les membres du foyer du MERS-CoV et des mesures de prévention à prendre chez soi peut réduire la transmission au sein du foyer et éviter les groupes de cas au niveau local.

Jusqu’à ce que l’on en sache plus sur le MERS-CoV, les personnes atteintes de diabète, d’insuffisance rénale ou de maladie pulmonaire chronique ou encore les individus immunodéprimés seront considérés comme particulièrement vulnérables à la forme grave de la maladie en cas d’infection par le MERS-CoV.

Par conséquent, en plus d’éviter les contacts rapprochés avec des cas humains suspects ou confirmés, ces personnes devront éviter les contacts rapprochés avec des animaux, en particulier les dromadaires, lorsqu’elles se rendent dans des fermes, sur des marchés ou dans des étables ou des écuries où l’on sait que le virus circule potentiellement. On appliquera également des mesures générales d’hygiène comme se laver systématiquement les mains avant et après avoir touché un animal, et éviter les contacts avec des animaux malades.

On observera également les règles d’hygiène alimentaire. On évitera ainsi de boire du lait cru de chamelle ou de l’urine de chameau, ou encore de consommer de la viande insuffisamment cuite.

En rapport avec cet événement, l’OMS ne conseille pas de dépistage spécial aux points d’entrée et ne recommande pas non plus l’application de restrictions aux voyages et au commerce.