Global Alert and Response (GAR)

Description clinique préliminaire du Syndrome Respiratoire Aigu Sévère

Le Syndrome Respiratoire Aigu Sévère (SRAS) est une affection d'étiologie inconnue décrite chez des malades d'Asie, d'Amérique du Nord et d'Europe. L'information contenue dans le présent rapport résume les caractères cliniques observés chez des malades atteints du SRAS et traités dans la Zone administrative spéciale de Hong Kong (Chine), à Taiwan (Chine), en Thaïlande, à Singapour, au Royaume-Uni, en Slovénie, au Canada et aux États-Unis depuis la mi-février 2003. Le caractère préliminaire et limité de cette information est dû au fait que les définitions de cas utilisées sont larges et non spécifiques.

La plupart des malades identifiés jusqu'au 21 mars 2003 étaient des adultes jusque là en bonne santé âgés de 25 à 70 ans. On a signalé quelques cas présumés de SRAS parmi des enfants de moins de 15 ans.

La période d'incubation du SRAS est d'habitude de 2 à 7 jours mais peut atteindre 10 jours. La maladie commence d'habitude par un accès de fièvre (>38°C) qui peut être élevée, parfois associée avec des frissons et d'autres symptômes tels que céphalée, raideur musculaire, malaise et myalgies. Au début de la maladie, certains cas présentent des symptômes respiratoires modérés. On n'observe en général ni éruptions ni troubles neurologiques ou gastro-intestinaux, même si quelques malades ont signalé de la diarrhée au cours des prodromes fébriles.

Après 3 à 7 jours s'installe la phase d'atteinte respiratoire inférieure avec installation d'une toux productive ou d'une dyspnée, qui peuvent s'accompagner plus ou moins rapidement d'une hypoxémie. Dans 10% à 20% des cas, l'atteinte respiratoire est suffisamment grave pour justifier le recours à l'intubation et à la ventilation assistée. Le taux de létalité chez les personnes suivies correspond aux définitions proposées par l'OMS à l'heure actuelle pour les cas présumés et les cas probables est d'environ 3%.

Les radiographies pulmonaires peuvent être normales au cours du prodrome fébrile et tout au long de la maladie. Une proportion importante des malades présente néanmoins des infiltrations focales précoces évoluant vers des infiltrations interstitielles discontinues plus généralisées. Les radiographies des stades tardifs du SRAS ont parfois montré des zones de consolidation.

Au début de la maladie, on observe souvent une leucopénie absolue. La leucocytose global peut être normale ou abaissée. A l'acmé de la pathologie respiratoire, une leucopénie et une thrombocytopénie ou bien des niveaux plaquettaires à la limite inférieure de la normale (50 000 – 150 000 / μl) peuvent caractériser jusqu'à la moitié des malades. Au début de la maladie, on a pu observer par ailleurs une augmentation des niveaux de créatine-phosphokinase (jusqu'à 3000 IU / L) et des transaminases hépatiques (de 2 à 6 fois la limite normale supérieure). La fonction rénale est restée normale chez la plupart des malades.

Les approches thérapeutiques incluent le recours à divers types d'antibiotiques destinés à apporter un traitement présomptif contre les agents bactériens connus de la pneumonie atypique. En plusieurs endroits, le traitement a aussi fait appel à des agents antiviraux comme l'oseltamivir ou la ribavirine. Certains malades ont reçu, par voie orale ou intraveineuse, des cortico-stéroïdes combinés à de la ribavirine ou à d'autres agents antimicrobiens. Jusqu'à présent, on ne connaît pas le régime le plus efficace, si tant est qu'il en existe un.

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