Global Alert and Response (GAR)

Alerte au SRAS, vérification et mesures de santé publique dans l’après-flambée

14 août 2003


1 Raisons de ne pas relâcher la vigilance

D’abord reconnu comme une menace mondiale à la mi-mars 2003, le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) a été endigué en moins de quatre mois. Le 5 juillet 2003, l’OMS a déclaré interrompue la chaîne de transmission interhumaine du SRAS.

Si nous avons beaucoup appris sur ce syndrome depuis le mois de mars 2003, notamment qu’il est dû à un nouveau coronavirus (SARS-CoV), l’épidémiologie et l’écologie de l’infection par le coronavirus du SRAS et de cette maladie restent incomplètement connues. La possibilité d’une résurgence du SRAS est bien réelle et la menace ne doit pas être sous-estimée.

Après la flambée, tous les pays doivent rester vigilants et conserver la capacité de détecter et de maîtriser le SRAS en cas de résurgence. Pour accroître la spécificité des critères cliniques qui correspondent au diagnostic de pneumopathie atypique et de syndrome de détresse respiratoire, la définition des cas par l’OMS pendant la flambée reposait essentiellement sur des critères épidémiologiques. Toutefois, le contexte épidémiologique de la survenue des cas de SRAS et les zones faisant état d’une transmission locale récente ne permettent plus de définir les cas incidents. De plus, les caractéristiques cliniques non spécifiques du SRAS, l’absence de test diagnostique rapide et fiable, capable de détecter le SARS-CoV dans les premiers jours de la maladie, et la survenue saisonnière d’autres affections respiratoires, notamment la grippe, peuvent compliquer la surveillance du SRAS ou exiger un niveau de qualité et une intensité dont peu de systèmes de soins de santé dans le monde ont les moyens. Même avec les systèmes de surveillance les plus perfectionnés, le premier cas de SRAS consécutif à la flambée pourrait échapper au dépistage précoce.

Le présent document décrit un mécanisme d’alerte au SRAS pour l’après-flambée. Il indique comment gérer une « alerte » au SRAS jusqu’à, et y compris, la confirmation en laboratoire ou l’exclusion du diagnostic de SRAS. Les problèmes de surveillance complexes et la catégorisation des cas de SRAS ne sont pas abordés.

Des avis sont également donnés aux cliniciens sur le tableau clinique et les examens radiologiques et biologiques afin de faciliter le diagnostic du SRAS et la prise des décisions visant à réduire la transmission de l’infection.

Pour plus d’informations sur la récente flambée de SRAS, consulter : SRAS : interruption des chaînes de transmission

2 Evaluation des risques

Chaque Etat Membre déterminera l’intensité de la surveillance du SRAS dans l’après-flambée en s’appuyant sur une évaluation des risques. L’OMS a défini trois grandes zones d’après l’expérience de la récente flambée de SRAS et compte tenu du potentiel de résurgence :

Zone de résurgence potentielle du SARS-CoV

  • Zone reconnue comme la (les) source(s) de la récente flambée en novembre 2002 ou zones où la probabilité de transmission de l’infection par le SARS-CoV de l’animal à l’homme est accrue.

Zones nodales

  • Zones où la transmission locale a été soutenue pendant la récente flambée ou zones ayant accueilli un grand nombre de personnes en provenance de la zone de résurgence potentielle du SARS-CoV.

Zones à faible risque

  • Zones n’ayant jamais déclaré de cas, ayant déclaré seulement des cas importés ou n’ayant connu qu’une transmission locale limitée pendant la récente flambée.

L’OMS recommande plusieurs paliers de surveillance :

Zone de résurgence potentielle du SARS-CoV

  • alerte au SRAS ET
  • surveillance accrue du SRAS ET
  • études spéciales concernant l’infection à SARS-CoV dans les populations humaines et animales.

Zones nodales

  • alerte au SRAS ET
  • surveillance accrue du SRAS.

Zones à faible risque

  • Surveillance des grappes de cas « alerte » parmi les soignants, les autres personnels hospitaliers, les malades et les visiteurs d’un même service de soins (voir la section 3 – L’alerte au SRAS).

3 L’alerte au SRAS

L’alerte au SRAS est une définition opérationnelle destinée à assurer le déploiement de mesures appropriées de lutte contre l’infection et de santé publique jusqu’à ce que le SRAS ait été écarté comme cause de pneumopathie atypique ou de syndrome de détresse respiratoire.

3.1 Objectifs de l’alerte au SRAS

  • Signaler dès que possible la résurgence potentielle du SRAS pour :

    • appliquer rapidement des mesures appropriées contre l’infection
    • accélérer le diagnostic
    • accélérer la riposte de la santé publique

  • Déclencher une alerte mondiale s’il y a lieu.

    Définition d’une alerte au SRAS

    Deux soignants ou plus, dans la même unité de soins, qui répondent à la définition du cas clinique de SRAS (voir la section 3.3) et chez qui la maladie s’est déclarée dans la même période de 10 jours.

    OU

    Maladie nosocomiale chez trois personnes ou plus (soignants et/ou autres personnels hospitaliers et/ou malades et/ou visiteurs), dans la même unité de soins, qui répondent à la définition du cas clinique de SRAS (voir la section 3.3) et chez qui la maladie s’est déclarée dans la même période de 10 jours.

    Une autorité peut décider, compte tenu de son expérience, d’augmenter le nombre minimum de cas « alerte » définissant une grappe. La définition de l’unité de soins où est observée la grappe dépendra de la situation locale. L’unité peut correspondre à un établissement de santé entier s’il est petit, ou à un seul département ou service d’un grand hôpital tertiaire.

    3.2 Description des cas de SRAS

    Voir à l’annexe 1 la description clinique des cas de SRAS. La description des cas donne des détails sur l’évolution clinique du SRAS et les examens radiologiques et biologiques devant aider les cliniciens à poser le diagnostic. Elle renseigne sur la variabilité de la maladie, y compris les tableaux atypiques.

    3.3 Définition des cas

    Définition clinique du cas de SRAS

    Le cas clinique a été défini comme suit pour les besoins de la santé publique :

    Personne présentant une poussée fébrile (≥38°C)

    ET

    Un ou plusieurs symptômes d’affection des voies respiratoires basses (toux, gêne respiratoire, essoufflement)

    ET

    Signes radiologiques d’infiltrats pulmonaires compatibles avec une pneumonie ou un syndrome de détresse respiratoire OU observations compatibles avec une pneumonie ou un syndrome de détresse respiratoire sans cause identifiable à l’autopsie.

    ET

    Absence de tout autre diagnostic pouvant expliquer entièrement la maladie.

    Définition biologique du cas de SRAS

    Personne présentant des symptômes et des signes cliniquement évocateurs de SRAS ET dont les paramètres biologiques sont positifs pour le SARS-CoV d’après un au moins des critères de diagnostic suivants :

    a) PCR positive pour le SARS-CoV

    PCR positive avec une méthode validée :

    • sur au moins deux échantillons cliniques différents (aspiration nasopharyngée et selles) OU
    • sur le même échantillon clinique récolté à deux moments différents ou plus pendant la maladie (aspirations nasopharyngées) OU
    • deux PCR différentes ou une PCR répétée utilisant chaque fois un nouvel extrait d’ARN provenant de l’échantillon clinique initial.

    b) Séroconversion en ELISA ou en immunofluorescence

    • Recherche d’anticorps négative sur sérum en phase aiguë suivie d’une recherche d’anticorps positive sur sérum en phase de convalescence testés en parallèle OU
    • Multiplication par quatre ou plus du titre d’anticorps entre le sérum en phase aiguë et le sérum en phase de convalescence testés en parallèle.

    c) Isolement du virus

    • Isolement en culture cellulaire du SARS-CoV avec n’importe quel échantillon ET confirmation par PCR au moyen d’une méthode validée.

    Les examens doivent être effectués exclusivement dans un laboratoire national
    ou régional de référence conformément aux recommandations de l’OMS (Recours aux méthodes de laboratoire pour le diagnostic du SRAS). L’OMS aidera les pays qui manquent de ressources à confirmer leurs premiers cas de SRAS en favorisant une collaboration entre laboratoires.

    3.4 Mesures de santé publique en cas d’alerte au SRAS

    Lorsqu’une alerte au SRAS est déclenchée :

    1. Le(s) malade(s) doit (doivent) être immédiatement isolé(s) et des précautions prises afin de réduire le risque de transmission, sauf si de telles mesures existent déjà (voir les directives pour la prise en charge clinique : Prise en charge des cas de Syndrome respiratoire aigu sévère(SRAS)).

    2. Le diagnostic doit être accéléré (voir à l’annexe 2 les Recommandations à tous les soignants concernant le diagnostic du SRAS dans l’après-flambée). L’OMS aidera à examiner les alertes au SRAS, le cas échéant, notamment en facilitant l’accès aux services de laboratoire (voir à l’annexe 3 les points focaux OMS pour le SRAS).

    3. Les contacts des personnes en observation pour le SRAS doivent être retrouvés et placés en quarantaine jusqu’à l’exclusion du SRAS comme cause de la maladie.

    3.1 Un contact est une personne exposée à un risque plus grand de SRAS parce qu’elle a été exposée à un cas de SRAS. Une personne exposée est à risque dès lors qu’elle a soigné un cas de SRAS, vécu sous le même toit ou été en contact direct avec les sécrétions respiratoires, les liquides organiques et/ou les excrétions (selles) d’un cas de SRAS.

    3.2 Les personnes ainsi exposées à une personne ou à des personnes faisant partie d’une grappe de cas « alerte » doivent être prises en charge en tant que contacts jusqu’à l’exclusion du SRAS comme cause de la maladie.

    3.3 Les contacts à l’intérieur de l’établissement de soins doivent être pris en charge comme suit :

    • Les contacts hospitalisés doivent être isolés ou regroupés et éloignés des malades non exposés et des précautions doivent être prises pour réduire le risque de transmission. Leur température doit être surveillée.
    • La température des membres du personnel exposés doit être surveillée attentivement et ces personnes doivent être regroupées et soignées comme les malades exposés (comme ci-dessus) ou placées en quarantaine à domicile selon la situation locale.

3.4 Contacts au sein de la communauté :

    • Ils doivent être informés du tableau clinique, de la transmission, etc. du SRAS.
    • Ils doivent être placés en observation pendant 10 jours et une quarantaine volontaire à domicile est recommandée.
    • Ils doivent recevoir chaque jour la visite ou un appel téléphonique d’un membre de l’équipe soignante de santé publique.
    • Leur température doit être enregistrée quotidiennement.
    • S’ils présentent des symptômes de maladie, ils doivent être examinés localement dans un service de soins approprié.
    • Le premier symptôme sera probablement la fièvre.

3.5 Les autorités nationales de santé publique doivent déclarer à l’OMS tout cas de SRAS confirmé en laboratoire (voir ci-après).

Déclaration internationale du SRAS

Une nouvelle flambée de SRAS est définie par la survenue dans un pays d’un cas au moins de SRAS cliniquement compatible, confirmé en laboratoire par des examens biologiques précis. La réapparition du SRAS dans une population humaine serait considérée comme une urgence de santé publique mondiale.

Aux fins de la déclaration internationale du SRAS dans l’après-flambée, les Etats Membres sont priés d’informer l’OMS uniquement des cas confirmés en laboratoire. Les cas de SRAS confirmés en laboratoire pourraient être détectés soit par un processus de vérification des cas « alerte » de SRAS, soit par des tests de recherche du SARS-CoV chez des cas sporadiques d’affection respiratoire aiguë (c’est-à-dire qui répondent à la définition des cas donnée à la section 3.3). La déclaration à l’OMS devra inclure ces deux scénarios mais exclure les personnes asymptomatiques dont les examens biologiques sont positifs et les personnes symptomatiques sans confirmation de laboratoire. En l’absence de cas, une déclaration n’est pas requise.

L’OMS demande aux Etats Membres d’informer immédiatement les points focaux dans les bureaux régionaux ou au Siège au sujet de toute personne répondant à la définition des cas de SRAS confirmés en laboratoire (voir à l’annexe 3 les points focaux OMS pour le SRAS). L’OMS pourra ainsi évaluer la nécessité de déclencher une alerte mondiale et de rétablir la surveillance mondiale du SRAS sur la base de cette déclaration, le cas échéant.

Lorsque des cas confirmés en laboratoire auront été déclarés, il pourra être nécessaire d’élaborer une nouvelle définition des cas applicable à la nouvelle situation, des normes de surveillance et une stratégie de sortie de crise.

Si un voyageur international faisait l’objet d’un examen à la recherche du SRAS, tous les Etats Membres associés à la recherche internationale des contacts autour du cas devront communiquer directement entre eux pendant l’enquête. L’OMS ne sera informée qu’une fois l’infection confirmée en laboratoire.

L’OMS continuera de recenser et de vérifier les rumeurs sur des manifestations intéressant la santé publique internationale, et notamment les rumeurs relatives au SRAS, par ses mécanismes habituels.

Indicateurs de la qualité du mécanisme d’alerte au SRAS

L’OMS recommande aux autorités nationales de santé publique de surveiller la qualité du mécanisme d’alerte au SRAS, par exemple en établissant des indicateurs fondés sur :

  • le nombre de cas « alerte » attendus et déclarés en fonction du temps par les établissements de santé
  • le temps mis pour instaurer les mesures de précautions destinées à réduire le risque de transmission et effectuer le diagnostic
  • le temps mis pour alerter les autorités locales et les autorités nationales de santé publique
  • le temps mis pour retrouver tous les contacts et les placer en quarantaine.

La liste ci-dessus ne prétend pas être exhaustive ; elle est seulement proposée comme moyen de surveiller le mécanisme d’alerte.

4 Renforcement de la surveillance et études spéciales concernant les infections à SARS-CoV dans les populations humaine et animale

Les autorités des zones nodales et des zones où une résurgence est possible ont maintenu la surveillance renforcée du SRAS qui avait été mise en place pendant la flambée, et elles continueront cette surveillance encore un certain temps. L’OMS encouragera ces autorités à communiquer au reste du monde le détail de ces activités de surveillance et elle offrira son aide pour récapituler et actualiser les données disponibles sur son site Internet.

En fonction de l’évaluation des risques et des ressources disponibles, les zones nodales et les zones où une résurgence est possible pourront entreprendre une au moins des activités suivantes :

  • Surveillance de la pneumonie atypique dans des lieux tels que maisons de santé, services de réadaptation, centres de soins communautaires et cabinets privés (voir à l’annexe 2 les Recommandations à tous les soignants concernant le diagnostic du SRAS dans l’après-flambée)
  • Surveillance des personnes sorties de l’hôpital après un diagnostic de pneumonie atypique non spécifiée
  • Surveillance de l’absentéisme parmi les soignants
  • Surveillance au laboratoire de l’infection à SARS-CoV
  • Surveillance des demandes de recherche d’agents pathogènes respiratoires ou du SARS-CoV adressées aux laboratoires
  • Surveillance des décès inexpliqués consécutifs à une affection respiratoire aiguë
  • Surveillance sérologique des populations très exposées (soignants, animaliers, vendeurs sur les marchés, chasseurs, etc.)
  • Enquêtes sérologiques en communauté pour surveiller l’évolution de la séroprévalence de l’infection à SARS-CoV
  • Enquêtes sérologiques dans les populations animales.

La précédente liste ne se prétend pas exhaustive ; elle est seulement proposée comme moyen d’améliorer la surveillance.

Annexe 1 Description clinique des cas de SRAS

Etiologie

Le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) est une maladie provoquée par le coronavirus du SRAS (SARS-CoV).

Epidémiologie

La transmission nosocomiale du SARS-CoV est l’une des grandes caractéristiques de la flambée épidémique de SRAS. La majorité des cas sont des adultes. Les enfants sont rarement touchés.

La période d’incubation dure en moyenne 5 jours dans une fourchette de 2 à 10 jours, mais il existe des exemples isolés où elle a duré plus longtemps. La transmission avant l’apparition des symptômes n’a jamais été observée.

Histoire naturelle de la maladie

Première semaine

Les malades présentent un prodrome d’allure grippale : fièvre, mauvais état général, myalgies, céphalées et frissons. Aucun symptôme ou ensemble de symptômes ne s’avère spécifique. La fièvre est le symptôme le plus souvent observé, mais elle peut être absente lors de la prise de température initiale.

Deuxième semaine

Une toux (sèche au début), une dyspnée et une diarrhée s’observent parfois la première semaine, mais plus généralement la deuxième semaine. Les cas graves présentent une détresse respiratoire et une désaturation en oxygène qui évoluent rapidement et nécessitent des soins intensifs dans 20 % des cas. Jusqu’à 70 % des malades ont une diarrhée décrite comme abondante et liquide, sans présence de sang ni de glaires. La transmission se produit principalement pendant la deuxième semaine de la maladie.

Issues cliniques

D’après une analyse des données provenant du Canada, de la Chine, des Etats-Unis d’Amérique, de la région administrative spéciale de Hong Kong, de Singapour et du Viet Nam, le taux de létalité du SRAS se situerait entre 0 % et plus de 50 % selon la tranche d’âge, le taux global étant estimé à 11 % environ (voir http://www.who.int/csr/sars/archive/2003_05_07a/en/). Diverses études montrent que la mortalité est plus élevée chez les hommes et en présence d’une comorbidité.

Le SRAS chez les personnes âgées, les enfants et les femmes enceintes

Des tableaux atypiques tels qu’une maladie apyrétique ou une infection bactérienne/pneumonie concomitante constituent un problème particulier chez les personnes âgées. Les affections chroniques sous-jacentes dont elles souffrent et le fait qu’elles consultent plus souvent les services de santé ont contribué à la survenue de cas de transmission nosocomiale passés inaperçus au début.

Chez les enfants, le SRAS est moins fréquent et prend une forme plus bénigne.

D’après les cas connus de SRAS chez la femme enceinte, il semble que la maladie se traduise par une augmentation de la perte foetale au début de la grossesse et de la mortalité maternelle au stade ultérieur de la grossesse.

Examens radiologiques

La plupart des malades ont une radiographie thoracique ou une tomodensitométrie anormale dès le troisième ou quatrième jour de la maladie malgré l’absence de signes respiratoires. On observe généralement des condensations disséminées commençant par une lésion périphérique unilatérale qui évolue en lésions multiples ou donnent une image en verre dépoli. Certaines lésions sont de type évolutif. Le tableau au stade ultérieur comprend parfois pneumothorax spontané, pneumomédiastin, fibrose sous-pleurale et/ou lésion kystique.

Bilan hématologique et biochimique

Il n’existe aucun paramètre hématologique ou biochimique spécifique du SRAS. Toutefois, les études font régulièrement ressortir les points suivants :

Bilan hématologique

La lymphopénie est courante et s’aggrave à mesure que la maladie évolue. On constate parfois une thrombopénie et un temps allongé de céphaline-kaolin.

Bilan biochimique

La LDH est souvent élevée, observation qui semble parfois associée à un mauvais pronostic. On constate plus rarement une augmentation de l’ALAT, de l’ASAT et de la CPK. Une anomalie des électrolytes sériques a également été relevée au premier examen ou pendant l’hospitalisation, à savoir hyponatrémie, hypokaliémie, hypomagnésémie et hypocalcémie.

Annexe 2 Recommandations à tous les soignants concernant le diagnostic du SRAS dans l’après-flambée

Pour diagnostiquer le SRAS suffisamment tôt pour prendre des mesures efficaces de lutte contre l’infection et de santé publique, les soins prodigués par tous les soignants doivent comporter des mesures de lutte contre l’infection en fonction du risque. Cela n’est possible que si chacun d’entre eux se sent tenu de prévenir et de combattre les infections. Il faut inciter tous les soignants à envisager l’éventualité du SRAS chez les patients dont ils s’occupent. S’ils notent des signes évocateurs du SRAS, ils doivent immédiatement s’en inquiéter et prendre des mesures de lutte en fonction du risque. Leur démarche doit donner lieu à un suivi et à une rétroinformation.

Etant donné que le tableau du SRAS est non spécifique, on peut l’envisager chez un grand nombre de patients qui s’avéreront par la suite avoir un autre diagnostic. Dans la pratique, c’est souvent au stade où l’on soupçonne une pneumonie atypique que l’on peut évoquer le SRAS.

Les cliniciens ne sont pas les seuls à intervenir dans ce processus : l’évocation du SRAS par d’autres soignants doit également être prise en compte.

Evocation du SRAS par les cliniciens

Les cliniciens procèdent généralement par étape pour passer de l’évocation à la confirmation ou à l’exclusion du SRAS (voir la description des cas) en recueillant des informations provenant de plusieurs sources :

  • antécédents cliniques
  • examen clinique
  • surveillance au lit du malade
  • radiologie
  • hématologie
  • biochimie
  • microbiologie et virologie
  • réponse au traitement
  • données épidémiologiques obtenues auprès du malade, de l’établissement de santé ou de la communauté.

Evocation du SRAS par d’autres professionnels de la santé

N’importe quel soignant peut être amené à évoquer le SRAS. Tous les soignants doivent donc bien connaître les manifestations cliniques évocatrices du SRAS et savoir que, dans l’exercice de leurs fonctions, ils peuvent être confrontés à un cas de SRAS méconnu, l’examiner ou le traiter. Ils doivent être encouragés à faire part de leurs soupçons aux cliniciens et à l’équipe de lutte contre l’infection, qui assureront le suivi et les tiendront informés.

Exemples :

  • le personnel chargé de la lutte contre l’infection constate une augmentation des pneumonies d’origine nosocomiale
  • le personnel infirmier constate une détérioration chez un patient présentant des signes évocateurs du SRAS
  • le personnel qui soigne les personnes âgées note une augmentation des maladies graves
  • les services de médecine du travail observent une maladie compatible avec la pneumonie atypique chez des employés
  • des kinésithérapeutes notent un tableau de pneumonie atypique
  • des techniciens en radiographie notent un tableau de pneumonie atypique
  • des radiologues notent un tableau de pneumonie atypique
  • des hématologues constatent un profil évocateur de la pneumonie atypique
  • des biochimistes constatent un profil évocateur de la pneumonie atypique
  • des microbiologistes notent une augmentation des pneumonies non diagostiquées
  • des virologistes notent une augmentation des demandes de sérologie des affections respiratoires
  • des pharmaciens notent une augmentation des prescriptions contre la pneumonie.

Pneumonie atypique

Des bactéries courantes telles que Streptococcus pneumoniae et Haemophilus influenzae provoquent la pneumonie dite « typique ». La pneumonie typique se manifeste par de la fièvre, des symptômes respiratoires (toux, souvent productive et qui apparaît généralement au début de la maladie, essoufflement, etc.), nombre élevé de leucocytes et altérations bien définies à la radiographie thoracique. Les cas réagissent généralement à l’antibiothérapie pour la pneumonie contractée en milieu communautaire.

La « pneumonie atypique » se définit comme une pneumonie ou une infection des voies respiratoires inférieures dont le tableau est atypique et dont les symptômes apparaissent souvent progressivement : toux sèche non productive, nombre variable de leucocytes et cliché thoracique anormal, notamment des lésions diffuses, disséminées, qui sont souvent plus graves que le tableau clinique ne donne à penser. Au nombre des agents étiologiques figurent Mycoplasma pneumoniae, Chlamydia spp., Legionella pneumophila et Coxiella burnetii.

Le diagnostic de la pneumonie atypique est en lui-même difficile, mais sera plus aisé si l’on procède à un examen clinique attentif (en cherchant aussi des symptômes non respiratoires) et, surtout, compte tenu de l’absence probable de signes auscultatoires, si l’on mesure avec précision la fréquence respiratoire et la saturation en oxygène (dans la mesure du possible). La radiographie thoracique est très utile pour poser le diagnostic et doit être effectuée même en l’absence de signes respiratoires.

Caractéristiques du SRAS pouvant faciliter le diagnostic clinique

SRAS

Exemple

Précaution

Antécédents cliniques

Apparition soudaine d’un prodrome d’allure grippale, d’une toux sèche, de symptômes non respiratoires, par exemple une diarrhée commune

Notion de voyage, d’hospitalisation ou de contact avec un établissement de santé. Si aucune de ces conditions n’est réunie, ne pas exclure systématiquement la possibilité d’un SRAS

Examen clinique

Ne correspond pas à la radiographie thoracique

Absence de signes respiratoires, notamment chez les personnes âgées

Surveillance au lit du malade

Hypoxie

La température n’est pas forcément élevée au moment de l’hospitalisation. Surveiller la fréquence respiratoire

Hématologie

Numération lymphocytaire faible

 

Biochimie

LDH élevée

Bilan électrolytique et de la fonction hépatique

Radiologie

Clichés thoraciques avec lésions disséminées, diffuses et évolutives

Peut se présenter comme une pneumonie lobaire. Pneumothorax et pneumomédiastin sont également possibles

Microbiologie

Rechercher les pneumonies d’origine communautaire ou nosocomiale, y compris les pneumonies atypiques

Des infections concomitantes sont possibles

Virologie

Rechercher d’autres causes de pneumonie atypique

Interpréter avec prudence les résultats du test SRAS

Traitement

Etant donné qu’il n’y a actuellement aucun traitement attesté contre le SRAS, un traitement symptomatique est recommandé

L’absence de réaction à l’antibiothérapie prescrite pour la pneumonie contractée en milieu communautaire, y compris la pneumonie atypique, peut être un signe de SRAS

 

Annexe 3 Correspondants de l’OMS pour le SRAS

OMS, Genève
Dr Angela Merianos, CSR, Coordonnateur SRAS
Mél. : sars@who.int
Veuillez écrire à cette adresse pour toute correspondance avec le Siège de l’OMS au sujet du SRAS.

Bureau régional de l’Afrique
Dr Paul Lusamba-Dikassa, Conseiller régional, Maladies transmissibles : surveillance et action
Mél. : lusambap@whoafr.org

Bureau régional des Amériques/OPS
Dr Marlo Libel, Conseiller régional, Maladies transmissibles : prévention et lutte
Mél. : libelmar@paho.org

Bureau régional de la Méditerranée orientale
Dr Nadia Teleb, Médecin épidémiologiste
Mél. : telebn@emro.who.int

Bureau régional de l’Europe
Dr Bernardus Ganter, Conseiller régional, Maladies transmissibles
Mél. : bga@who.dk

Bureau régional de l’Asie du Sud-Est
Dr M. V. H. Gunaratne, Conseiller régional, Maladies transmissibles : surveillance et action
Mél. : gunaratnem@whosea.org

Bureau régional du Pacifique occidental
Dr Hitoshi Oshitani, Conseiller régional, Maladies transmissibles : surveillance et action
Mél. : outbreak@wpro.who.int

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